Les micro-appartements dans l’œil des investisseurs

ImmobilierLa part de la population qui vit seule croît mais l’offre en logement ne suit pas. Il y a donc un créneau, selon une étude.

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Odette*, depuis le décès de son mari, vit seule dans sa maison. Pas question de déménager: faire le deuil de son logement provoquerait trop d’émotions. Et les appartements du quartier sont chers. Léo*, la trentaine, hésite à emménager avec sa copine et occupe seul un 3 pièces. Felix*, de son côté, est étudiant et célibataire. Toujours installé chez ses parents, il cherche à louer un studio, sans succès jusqu’à présent.

Trois exemples d’une situation devenue fréquente en Suisse. «La part des gens qui vivent seuls augmente, alors que l’offre en micro-appartement stagne», signale Credit Suisse dans une étude publiée mardi.

Comprenez: les investisseurs feraient bien de miser sur ce type de biens et cela d’autant plus que «les revenus locatifs au mètre carré sont supérieurs à ceux de logements plus grands et les groupes cibles sont plus diversifiés (étudiants, jeunes actifs, divorcés, pendulaires)».

Pierre et taux négatifs

Dans le contexte de taux négatifs prévalant depuis deux ans, les investisseurs se ruent vers la pierre, où les rendements sont attractifs. Le marché a connu de profondes mutations ces dernières décennies. Si bien que les ménages d’une personne représentent aujourd’hui la forme d’habitat la plus fréquente du pays, surtout dans les centres urbains. Un résident genevois sur six vit seul, selon l’Office cantonal de la statistique. Selon l’Office fédéral de la statistique, 35% des ménages portent sur des personnes vivant seules. Credit Suisse estime que cette part atteindra 38% d’ici à 2030.

La plupart des gens qui vivent seuls sont des personnes âgées. Viennent ensuite des jeunes adultes, qui choisissent souvent de leur plein gré ce mode de vie. Un dixième des personnes en couple âgées de plus de 35 ans ne vivent pas avec leur partenaire, des statistiques similaires aux autres pays occidentaux. Elles portent sur un bassin démographique tel qu’il y a un acronyme pour le décrire: LAT («Living Apart Together» ou «Vivre ensemble mais séparément»).

Les technologies qui permettent d’économiser de l’espace et l’offre croissante de services à domicile contribuent à accroître la demande pour des micrologements. Les modes de vie également: selon une étude de l’EPFZ, 28% des Suisses disposent d’au moins deux logements. Ils vivent en ville pendant la semaine pour des raisons professionnelles et passent leurs week-ends où ils ont grandi et où demeurent leurs familles, amis et partenaires. Le coût du logement, exorbitant dans les centres, pousse enfin la demande vers les appartements plus petits.

Les ménages d’une personne foisonnent particulièrement dans les centres urbains mais aussi dans les stations de montagne, où certains emplois sont saisonniers.

Décalage notoire

Cette situation engendre logiquement une résurgence de la demande en micro-appartements et autres petits logements. Ces objets restent pourtant rares. Plus des deux tiers des appartements arrivés sur le marché suisse depuis le début du siècle ont quatre pièces ou plus, une part qui baisse à 11% du parc pour les logements d’une ou de deux pièces.

Le numéro deux bancaire helvétique note cependant que la tendance s’inverse. En Suisse, notamment à Zurich et Genève, où les logements sont onéreux et rares, «le potentiel de commercialisation de ces micro-appartements est élevé», estime Credit Suisse.

Dans son étude, la banque anticipe également une baisse généralisée des loyers dans le pays, alors que le nombre de logements vacants tend à augmenter. (TDG)

Créé: 07.03.2017, 21h31

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