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Le ménage est loin d’être terminé à Credit Suisse

Alors que les emplois disparaissent par milliers, la banque n’est toujours pas sortie de l’ornière.

Tidjane Thiam, CEO de Crédit Suisse.
Tidjane Thiam, CEO de Crédit Suisse.
Keystone

Et de deux! Credit Suisse boucle son second annus horribilis et rien ne laisse envisager la fin de ses difficultés. Avant que le plan de restructuration entamé par son CEO, Tidjane Thiam, en automne 2015 ne porte ses fruits, la route s’annonce en effet encore longue. Après avoir supprimé 7250 postes dans le monde en 2016, la grande banque va comme prévu continuer de couper dans ses coûts en se séparant de 5500 employés pour l’exercice en cours.

En ce qui concerne la Suisse plus particulièrement, la banque signale que rien n’a changé et que la suppression de 1600 postes annoncée en 2015 (sur un total de 17 000 salariés) reste d’actualité. «Mais il n’y a pas de nouveaux plans pour le marché suisse», rassure son porte-parole, Sebastian Kistner. Si l’établissement ne veut pas fournir plus de détails – expliquant seulement qu’une grande partie se fera sous la forme de départs naturels – il est toutefois possible d’estimer qu’environ 500 à 600 emplois seront effacés en 2017.

Réduction des coûts

Cette saignée globale sur l’emploi a toutefois permis à la banque d’accélérer son programme de réduction de coûts. S’attendant originellement à économiser 1,4 milliard de francs en 2016, elle a finalement réduit ses dépenses de 1,9 milliard en un an. Si cette accélération des plans d’économies est plutôt perçue favorablement, Andreas Venditti, analyste financier chez Vontobel, est méfiant: «Il faut rester vigilant et se demander à quel type de revenus la banque devra renoncer en réduisant de la sorte ses dépenses.» D’ici à la fin de 2018, le groupe bancaire compte limiter ses coûts opérationnels à 17 milliards (contre 19,4 milliards à la fin de 2016).

Ces économies n’ont pas empêché Credit Suisse de sombrer dans le rouge pour la seconde année consécutive. Après avoir perdu 2,94 milliards en 2015, la banque termine 2016 avec 2,44 milliards de pertes nettes, fortement impactée par l’amende infligée par les autorités américaines au mois de décembre. Pour solder le «dossier subprime», Credit Suisse aura finalement dû débourser 5,24 milliards de dollars. «Nous avons éliminé une source majeure d’incertitude pour notre avenir», s’est félicité mardi Tidjane Thiam, en ajoutant que sans ce type de problèmes hérités du passé, le groupe bancaire serait rentable.

Promesses de Thiam tenues

Après avoir douté des capacités du patron franco-ivoirien et s’être demandé si ce dernier était bel et bien l’homme providentiel pour remettre Credit Suisse sur les rails, les investisseurs semblent renouer avec la confiance. Andreas Venditti estimait mardi que les résultats étaient en ligne avec ce que le CEO avait promis, voire même meilleurs que prévu, avec une masse sous gestion qui s’est accrue de 8%, à 734 milliards de francs. La division gestion de fortune a également connu un afflux d’argent neuf de plus de 58%, à 28,5 milliards.

Depuis le début de l’année, tous les yeux sont braqués sur la toute nouvelle entité juridique suisse de la grande banque. Active depuis le 21 novembre 2016, elle devrait entrer en Bourse (IPO) et permettre à la banque de lever des capitaux. Sans pour autant remettre en cause ce qu’il juge être un bon plan, Tidjane Thiam a confirmé étudier d’autres possibilités. «Il faudra effectivement qu’il analyse si cette solution n’est pas trop complexe et coûteuse, et s’il n’existe pas d’autres options moins chères et plus efficaces pour lever des capitaux», résume l’analyste de Vontobel.

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