Les menaces de récession s’accentuent sur l’Europe

ConjoncturePénalisée par différents facteurs, l’économie suisse doit se préparer à un exercice marqué d’une croissance fort molle.

L’industrie allemande décline. La première économie d’Europe paraît proche de la récession.

L’industrie allemande décline. La première économie d’Europe paraît proche de la récession. Image: REUTERS/FABIAN BIMMER

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«Nous avons déjà plongé en récession. Il est évident que les industries déterminantes de notre économie, en incluant le bâtiment, déclinent. L’indice de production, provenant de l’Office fédéral de la statistique, indiquait lui-même un recul de 5% en tout au cours des deux derniers trimestres. Aucun autre secteur de notre économie ne pourrait compenser cela», affirmait mardi dernier l’ex-secrétaire d’État au Ministère fédéral des finances allemand, Heiner Flassbeck, sur la chaîne de télévision n-tv.

Les déclarations de l’ex-fonctionnaire des gouvernements Schröder et Merkel justifiaient quelques questions cruciales des citoyens. Nous aurait-on menti, au moins par omission? «Le gouvernement fédéral a un intérêt à éviter d’aborder la notion de récession et les discussions sur la politique économique», a rappelé Heiner Flassbeck.

Le natif de Rhénanie-Palatinat est ensuite revenu à la charge en précisant que la croissance, proche de la stagnation, évoquée pour le quatrième trimestre de 2018, a permis au gouvernement d’échapper à l’annonce d’une récession, après un recul du PIB (produit intérieur brut) au troisième trimestre et probablement aussi au terme du premier de 2019.

Au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB commencent en effet à attester un état de récession, selon les standards usuels des sciences économiques. Cet incident, outre-Rhin, témoigne d’un certain degré d’angoisse.

Les menaces de récession s’accentuent, il est vrai, sur l’Europe. Et l’Allemagne, première économie du Vieux-Continent, en paraît décidément toute proche. L’Italie, troisième économie européenne et sixième mondiale, a elle-même basculé dans cette situation peu valorisante au second semestre de l’an dernier.

Incertitudes fondamentales

L’Union européenne apparaît en plus assaillie d’incertitudes fondamentales. Dans quelles conditions le Brexit, le divorce entre l’Union européenne et la quatrième économie mondiale, se consommera-t-il finalement? Rome et Bruxelles parviendront-elles à s’entendre sur les moyens et la cadence pour réduire le déficit public transalpin? Quand Donald Trump commencera-t-il à percevoir les vertus réelles du multilatéralisme?

Cette dernière question rappelle le contexte actuel de guerre commerciale. Notamment entre Washington et les constructeurs automobiles européens, entre la Maison-Blanche et Pékin. La Chine populaire, deuxième économie mondiale, commence justement à montrer des signes de faiblesse inquiétants.

L’Empire du Milieu a bouclé l’exercice écoulé avec une croissance du PIB de 6,6%. Sa plus faible performance depuis vingt-huit ans. Ces éléments concernent tout particulièrement une Suisse si dépendante de ses exportations.

Une récente étude de Switzerland Global Enterprise et du KOF (Centre de recherches conjoncturelles du Poly de Zurich) présente justement la Chine comme un des dix marchés d’exportation les plus prometteurs pour les entreprises helvétiques. Ce constat se voudrait enthousiasmant. L’optimisme n’apparaît cependant plus guère comme une tendance dominante dans la patrie de Guillaume Tell.

Souffrances en Suisse

«Cette année, du fait de sa forte dépendance au contexte conjoncturel global, l’économie suisse souffrira, prévient Alessandro Bee, économiste chez UBS. Après une croissance du PIB suisse de 2,5% l’an dernier, nous prévoyons un 0,9% cette année.»

Une telle évolution est évidemment induite par divers facteurs pénalisant avant tout les exportateurs. À commencer par un affaiblissement de la zone euro où se concentrent leurs principaux partenaires économiques, dont l’Allemagne et la France. Alessandro Bee s’attend en plus à une valorisation du franc par rapport à l’euro.

Dans ce contexte, l’inflation tendra évidemment à se rapprocher de zéro. Après 0,9% en 2018, ce devrait être 0,6% cette année.

Créé: 02.03.2019, 08h09

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