Les Suisses dégustent toujours autant de viande

AlimentationLa consommation de viande par habitant s’est stabilisée entre 50 et 55 kilos par an depuis des années

«Une plus grande consommation de viande de bœuf et de volaille a compensé le recul de la viande de porc et de la charcuterie», détaille Bell.

«Une plus grande consommation de viande de bœuf et de volaille a compensé le recul de la viande de porc et de la charcuterie», détaille Bell. Image: ODILE MEYLAN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Jeudi, le groupe Bell dévoilait que pour la première fois de son histoire son chiffre d’affaires a dépassé le seuil symbolique des trois milliards de francs. Ses revenus ont même littéralement explosé en 2016 avec une croissance de 20,3% pour terminer précisément à 3,39 milliards. En termes de volume, les ventes ont suivi une même ascension, terminant à 414 260 tonnes, en hausse de 50,5%. Certes, il faut préciser qu’une grande partie de cette croissance est à attribuer aux nombreuses acquisitions orchestrées par la filiale de Coop, dont plusieurs à l’étranger et qu’en Suisse la consommation de viande est restée stable. «Une plus grande consommation de viande de bœuf et de volaille a compensé le recul de la viande de porc et de la charcuterie», détaille Bell.

Le constat est d’ailleurs très similaire chez Micarna. «Nous observons une stabilité, voir une légère augmentation de la consommation de viande», assure leur porte-parole, Deborah Rutz. La filiale de Migros spécialisée dans les produits de boucherie annonce aussi en 2016 des revenus en progression à 1,534 milliard de francs, contre 1,507 milliard un an plus tôt. Tout cela dans une période où le tourisme d’achat est resté très fort. «Ce phénomène poussant les consommateurs à acheter leurs produits à base de viande à l’étranger continue d’augmenter fortement affirme», confirme la porte-parole

D’après les statistiques les plus récentes, établies par Proviande (l’interprofession suisse consacrée à la filière de la viande), la consommation par habitant tourne depuis de nombreuses années autour des 50 à 55 kilos par an, avec des petites variations de 1 ou 2 kilos suivant la période. Certes, ces chiffres sont loin du pic à 70 kilos atteint à la fin des années 1980, mais ils restent bien au-dessus des 30 kilos de viande consommés par habitant au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Volonté d’être plus diversifié

Même si le goût des Suisses pour les produits carnés ne semble donc pas s’affaiblir avec le temps, certains acteurs de la branche jouent la prudence et préfèrent se préparer à une société moins carnivore. Le groupe Bell notamment s’est diversifié en force ces deux dernières années vers des produits sans viande. En rachetant Eisberg et en devenant actionnaire majoritaire d’Hilcona, ce dernier est aujourd’hui l’un des plus grands fournisseurs de salades, de fruits précoupés et de produits destinés à une clientèle végétarienne en Suisse. «Face la disparition des petits commerces de quartier, de nombreuses boucheries se sont également diversifiées vers des produits sans viande», explique Elias Welti, directeur suppléant en charge de la communication pour l’Union Professionnelle Suisse de la Viande.

La restauration, toute gamme confondue, s’adapte également. Même les enseignes spécialisées dans les hamburgers. Alors que l’offre a explosé ces dernières années, toutes proposent des sandwichs destinés à une clientèle végétarienne. McDonald’s a été particulièrement précurseur, puisqu’il en propose un depuis 1996 déjà. Ces produits sans viande n’en restent pas moins marginaux. «Environ 10% de nos volumes d’affaires concernent nos produits végétariens, une quote-part qui reste plus ou moins constante d’année en année», répond Deborah Murith, porte-parole de McDonald’s Suisse.

Vaste sondage en cours

La montée en puissance des mouvements végétariens, véganes ou encore flexivores (ceux qui se contentent juste de manger un peu moins de viande) ne se reflète donc toujours pas dans les chiffres, ni, à première vue, dans l’assiette. «L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires est en train de terminer un vaste sondage auprès de la population pour connaître leurs habitudes alimentaires. Avec vingt ans de retard sur certains pays voisins, nous devrions savoir enfin ce que les gens mettent réellement dans leur assiette», espère Barbara Pfenniger, responsable alimentation de la Fédération romande des consommateurs.

Ces produits sans viande n’en restent pas moins marginaux. «Environ 10% de nos volumes d’affaires concernent nos produits végétariens, une quote-part qui reste plus ou moins constante d’année en année», répond Deborah Murith, porte-parole de McDonald’s Suisse.

La montée en puissance des mouvements végétariens, véganes ou encore flexivores (ceux qui se contentent juste de manger un peu moins de viande) ne se reflète donc toujours pas dans les chiffres, ni, à première vue, dans l’assiette. «L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires est en train de terminer un vaste sondage auprès de la population pour connaître leurs habitudes alimentaires. Avec vingt ans de retard sur certains pays voisins, nous devrions savoir enfin ce que les gens mettent réellement dans leur assiette», espère Barbara Pfenniger, responsable alimentation de la Fédération romande des consommateurs.

Recul de la viande de porc

Même parmi ceux qui ne veulent pas renoncer à la viande, les habitudes évoluent. «Une plus grande consommation de viande de bœuf et de volaille a compensé le recul de la viande de porc et de la charcuterie», détaille Bell.

Cette compensation a permis aux ventes globales de rester stables, constate également Micarna: «Nous observons une stabilité, voire une légère augmentation de la consommation de viande», assure leur porte-parole, Deborah Rutz. La filiale de Migros spécialisée dans les produits de boucherie annonce aussi en 2016 des revenus en progression à 1,534 milliard de francs, contre 1,507 milliard un an plus tôt.

Tourisme d’achat

Tout cela dans une période où le tourisme d’achat est resté très fort. «Ce phénomène poussant les consommateurs à acheter leurs produits à base de viande à l’étranger continue d’augmenter fortement», confirme la porte-parole de Micarna.


Qualité suisse

Il y a deux ans, un sondage réalisé auprès de 2000 citoyens des deux côtés de la Sarine mettait en perspective l’importance de la provenance géographique de la viande. En effet, les trois quarts des personnes interrogées assuraient veiller «fortement» ou «très fortement» à ce que la production soit indigène. Malgré la montée en puissance d’un tourisme d’achat qui touche également la viande, actuellement 80% des produits carnés consommés en Suisse viennent d’exploitations suisses. «Nous relevons cette tendance auprès de nos membres à se préoccuper de la provenance de leurs morceaux de viande et à préférer la qualité plutôt que la quantité», explique Barbara Pfenniger. La responsable alimentation de la Fédération romande des consommateurs confirme d’ailleurs que ce mouvement a pris encore plus d’ampleur depuis le scandale de la viande de cheval (découverte dans des lasagnes à la place du bœuf) remontant à 2013. Les acteurs de la branche interrogés confirment être prêts à répondre aux attentes plus exigeantes des consommateurs. «Les clients devront savoir d’où viennent les produits et la valeur ajoutée qui se trouve derrière un label suisse. Notre objectif est plus de les sensibiliser à une consommation durable de viande que de les pousser à en consommer toujours plus», explique Deborah Rutz, porte-parole de Micarna. Selon Erich Schlumpf, porte-parole de Proviande (association interprofessionnelle suisse de la filière de la viande), le secteur s’attend davantage à une consommation de viande plus réfléchie qu’à une renonciation complète. O.W. (TDG)

Créé: 24.02.2017, 21h45

Qualité suisse

Il y a deux ans, un sondage réalisé auprès de 2000 citoyens des deux côtés de la Sarine mettait en perspective l’importance de la provenance géographique de la viande. En effet, les trois quarts des personnes interrogées assuraient veiller «fortement» ou «très fortement» à ce que la production soit indigène.

Malgré la montée en puissance d’un tourisme d’achat qui touche également la viande, actuellement 80% des produits carnés consommés en Suisse viennent d’exploitations suisses. «Nous relevons cette tendance auprès de nos membres à se préoccuper de la provenance de leurs morceaux de viande et à préférer la qualité plutôt que la quantité», explique Barbara Pfenniger. La responsable alimentation de la Fédération romande des consommateurs confirme d’ailleurs que ce mouvement a pris encore plus d’ampleur depuis le scandale de la viande de cheval (découverte dans des lasagnes à la place du bœuf) remontant à 2013.

Les acteurs de la branche interrogés confirment être prêts à répondre aux attentes plus exigeantes des consommateurs. «Les clients devront savoir d’où viennent les produits et la valeur ajoutée qui se trouve derrière un label suisse. Notre objectif est plus de les sensibiliser à une consommation durable de viande que de les pousser à en consommer toujours plus», explique Deborah Rutz, porte-parole de Micarna. Selon Erich Schlumpf, porte-parole de Proviande (association interprofessionnelle suisse de la filière de la viande), le secteur s’attend davantage à une consommation de viande plus réfléchie qu’à une renonciation complète. O.W.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Genève: la sécheresse sévit
Plus...