Des loyers bon marché garantis à très long terme

ImmobilierLa Fondation Equitim met sur le marché des immeubles financés à 100% en fonds propres par des caisses de pension.

Le premier immeuble de logements d’utilité publique de la Fondation Equitim sera prêt dès avril à Cossonay. (Image de synthèse.)

Le premier immeuble de logements d’utilité publique de la Fondation Equitim sera prêt dès avril à Cossonay. (Image de synthèse.) Image: DR

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Un 3,5 pièces pour 1370 francs par mois? Ou un petit 2,5 pièces à 1100 francs? Ce sera bientôt une réalité dans un nouvel immeuble qui accueillera ses premiers locataires à Cossonay, à partir du mois d’avril. Ce ratio de 230 francs le mètre carré par année, bien en dessous du prix du marché, est l’œuvre d’un modèle inédit de logements d’utilité publique (LUP) développé par la Fondation Equitim. Le prix est non seulement attractif, mais il est à l’abri des fluctuations de la Bourse. «En effet, notre modèle est basé sur des investissements en fonds propres à 100%, explique Daniel Moser, administrateur délégué de la fondation. Il n’y a donc pas d’incertitudes liées à des crédits hypothécaires.»

Le concept diffère aussi de celui des coopératives d’habitations financées – jusqu’à 95% – par des emprunts et garantis par des cautionnements fédéraux et cantonaux. «Cela fonctionne tant que les taux hypothécaires sont bas, mais le jour où ils remontent, ce sera aux collectivités publiques d’en assumer le coût.»

10% à 20% moins chers

Avec des loyers en moyenne de 10% à 20% en dessous du prix du marché, les projets menés par la Fondation Equitim n’assurent pas de très gros rendements aux investisseurs, mais ce n’est pas le but recherché. «Notre caisse de pension raisonne sur le long terme, au minimum quarante, cinquante ans, voire plus, explique Fabio Corelli, responsable Rémunération et fonds de pensions à Romande Énergie. Certes, le rendement est moindre, mais cela permet d’assurer des loyers modérés.» Outre Romande Énergie, quatre autres caisses de pensions sont impliquées dans le programme (Centre patronal vaudois, Fédération vaudoise des entrepreneurs, la Caisse inter-entreprises de prévoyance professionnelle et Previva, le fonds de prévoyance des professionnels du travail social).

Créée en 2015, la Fondation Equitim, basée à Lausanne, voulait une solution intermédiaire, moins onéreuse que l’accès à la propriété individuelle ou la PPE, mais un cran au-dessus des logements sociaux partiellement subventionnés. «Les appartements proposés sont destinés à la classe moyenne qui n’arrive plus à se loger à des prix corrects, et cela concerne les zones urbaines au sens large, comme l’arc lémanique notamment, frappé par la crise du logement», détaille Marc-Etienne Piot, délégué de la fondation auprès des communes. Son mandat: proposer aux localités intéressées de mettre à disposition un terrain avec un droit de superficie minimal garanti sur toute la durée du bail. «Il peut être de nonante-neuf ans, quatre-vingts ans, tout dépend de ce que désire la Commune», ajoute-t-il.

Communes partenaires

Les Communes impliquées ne font pas que céder le terrain, mais deviennent des partenaires à part entière du projet, comme l’explique Georges Rime, syndic de Cossonay: «Nous restons propriétaires du terrain, touchons un loyer et pouvons décider à quel type de population le locatif est destiné.» Retenir les jeunes, ou jeunes couples, dans la commune, comme l’a voulu Cossonay, ou en attirer, ou encore offrir une solution abordable pour les personnes âgées. C’est en partie le cas à Blonay, par exemple, où une petite vingtaine de logements dans un immeuble qui en comptera plus de quarante est destinée au 3e âge, avec services d’aide inclus. Des espaces dédiés à la collectivité publique sont aussi incorporés à ces nouveaux bâtiments, qu’il s’agisse d’un lieu communautaire, d’une crèche ou d’un dentiste, comme c’est le cas à Cossonay.

«Le maître d’œuvre reste la Commune, poursuit Georges Rime, ce qui permet, comme le veut la Fondation Equitim, de sélectionner des entreprises régionales pour la construction.» Ce partenariat à trois entre la Fondation, les Communes et les Caisses de pension est mû par des principes sociétaux (loyers modérés), environnementaux (standards Minergie, énergies propres) et promeut l’économie locale. «Comme le proclamait le slogan de la Raiffeisen, l’argent du village reste au village», sourit Marc-Etienne Piot.

Pour être accepté en tant que locataire, quelques critères sont requis. «Il ne faut pas émarger aux services sociaux, mais pas non plus gagner trop, pointe Daniel Moser. Nous établissons le profil de revenu, évaluons le «taux d’effort», et si vous avez un salaire qui vous permet d’accéder à un logement au prix du marché, vous ne serez pas en tête de liste.» De même, une personne seule ne pourra prétendre à un appartement destiné à une famille.

À ce jour, plusieurs projets sont en cours, à Cully, Blonay, Cheseaux, Échallens et Givrins, toutes dans le canton de Vaud. Mais une extension à d’autres cantons n’est pas exclue, souligne Daniel Moser: «Les 100 millions de francs que nous avons levés ont actuellement tous été engagés, et nous réfléchissons à une expansion de notre modèle, d’abord sur Vaud, puis ailleurs en Suisse romande.»

Créé: 31.01.2020, 21h54

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