Une liaison directe avec le Congo ouvre à Genève

Commerce avec l’AfriqueLa Chambre de promotion du commerce et de l’industrie entre la Suisse et la RDC vise à galvaniser les flux entre les deux pays

Emile Osumba Luhahi, qui peut compter sur dix ans d’expérience dans la finance, est le président de la Chambre de promotion du commerce et de l’industrie entre la Suisse et la République démocratique du Congo.

Emile Osumba Luhahi, qui peut compter sur dix ans d’expérience dans la finance, est le président de la Chambre de promotion du commerce et de l’industrie entre la Suisse et la République démocratique du Congo. Image: Laurent Guirand

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Une Chambre de promotion du commerce et de l’industrie entre la Suisse et la République démocratique du Congo (CCSC) est sur le point d’être lancée à Genève. «Le moment est venu de promouvoir les échanges entre les deux pays», lance son président Emile Osumba Luhahi. «Ils ont tous les deux beaucoup à y gagner», estime-t-il, alors que l’économie de la grande nation africaine croît comme jamais et que, politiquement, elle gagne en stabilité.

Neuf profils variés (banquiers, financiers, ingénieurs et communicants; six en Suisse, trois au Congo) se sont réunis pour créer cette organisation. Et rendre deux services, souligne son président: «Mettre en contact les PME suisses et congolaises et leur garantir, par nos audits, qu’elles ont affaire à des partenaires sérieux.»

La CCSC, qui sera officiellement lancée ce mois dans un grand hôtel de Genève, organisera une foire aux investissements regroupant de nombreuses entreprises. Les possibilités sont infinies: une société de recyclage à Kinshasa a beaucoup à apprendre des recycleurs genevois; lesquels peuvent vendre leur savoir-faire en Afrique. «Le potentiel des plantations de café congolaises, d’excellente qualité, est quasi inexploité. Idem pour tant d’autres denrées agricoles», selon le président. Le fait qu’une classe moyenne émerge à Kinshasa, mais aussi à Lubumbashi et Matadi, doit galvaniser le commerce, selon lui.

Les multinationales suisses ne s’y trompent pas. Près d’un tiers de la production de cuivre du groupe Glencore, qui investit en RDC depuis 2008 où il emploie 17 000 personnes, émane de ce pays et de Zambie. Nestlé y possède une usine et plusieurs centres de distribution. D’autres firmes helvétiques, de Novartis à ABB en passant par des banques, se sont établies dans ce marché prometteur.

Les échanges entre les deux pays restent néanmoins minimes, le Congo ayant longtemps été en guerre. En 2014, le bois a été la denrée la plus importée du Congo, devant des préparations à base de céréales, du cacao, des métaux précieux et des objets d’art. Aucun minerai, pétrole, caoutchouc n’est directement arrivé en Suisse. Chaque Helvète bénéficie pourtant indirectement au quotidien des richesses de la RDC, que ce soit en téléphonant ou en allumant une lampe. La principale réserve au monde de coltan, ce métal indispensable à l’utilisation des smartphones, se trouve à l’est du pays. Quant au cuivre, cet élément clé du fil électrique est largement congolais. Ces matières premières partent le plus souvent en Chine avant d’être déployées à travers la planète.

Pour stimuler les échanges avec la Suisse, la CCSC peut compter sur un réseau important. L’organisation est membre de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève mais aussi du Swiss-African Business Circle, une association basée à Genève promouvant les intérêts des entreprises helvétiques sur le continent.

Créé: 01.03.2015, 22h23

Une gigantesque nation en chiffres


Avec 77,4 millions d’habitants, la RDC est la 3e nation la plus peuplée d’Afrique, derrière le Nigeria (175) et l’Ethiopie (90).

S’étalant sur 2,34 millions de km2, la RDC est le 2e plus grand pays du continent après l’Algérie.

8,5% : la croissance du PIB congolais en 2013, selon la Banque mondiale. Un chiffre qui devrait grimper à 9% en 2014.

0,0009%: la part, en valeur, des importations africaines en Suisse venant de la RDC en 2014, selon les douanes helvétiques. C’est d’autant plus minime que les importations du continent noir n’ont représenté que 3,5% des importations totales vers la Confédération l’an dernier.

R.ET.

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