Les vents contraires freinent les cantons romands

CroissanceLes prévisions du CREA montrent un fort ralentissement de l’économie romande, très sensible à la conjoncture mondiale.

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Zone de grisaille à l’horizon. Après avoir atteint un sommet l’année dernière, la croissance de l’économie romande fléchit, selon les prévisions du CREA publiées dans le cadre du Forum des 100. «Comme le reste de l’économie suisse, elle n’échappe pas aux effets du ralentissement de la conjoncture mondiale», constatent les économistes de l’institut.

Les sources d’inquiétude sont nombreuses. Que ce soit le ralentissement de la croissance européenne, la crainte du Brexit ou la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les vents contraires font sentir leurs effets de l’arc lémanique au Jura.

Dans le détail, l’augmentation du PIB romand est attendue à 1,2% cette année et à 1,7% en 2020, contre des chiffres de 1,3% et 1,4% pour l’ensemble du pays. À titre de comparaison, l’institut BAK Economics s’attend à une croissance suisse de respectivement 1,1% et 1,8%. Rien de très folichon.

Le coup de frein a été violent. L’économie s’était refait une santé l’année dernière après plusieurs exercices délicats. «En 2018, le PIB romand a atteint un taux de croissance de 2,9%, ce qui a constitué le meilleur résultat de la décennie», note Jean-Pascal Baechler, conseiller économique de la BCV à Lausanne. Ce taux a dépassé celui atteint par l’ensemble de la Suisse, soit 2,3%. «La Suisse romande est plus tournée que le reste du pays vers l’exportation», explique-t-il.

Croissance synchronisée

Cela n’est pas à négliger. En 2018, la croissance synchronisée des économies émergentes, américaines et européennes, couplée à un franc en recul, s’est révélée particulièrement porteuse pour la région. Pour mémoire, le PIB romand – 166 milliards de francs – représente un quart de l’économie suisse.

Avec un taux de croissance de 3,6%, le Valais est arrivé en tête des cantons romands. «En Valais, le poids du secteur secondaire dans l’économie (29,3%) est similaire à celui de Fribourg», rappelle le CREA.

Les secteurs clés en 2018? «Les activités manufacturières, en particulier la chimie-pharma, l’industrie des machines et l’horlogerie», détaille l’institut. Pris dans son ensemble, le secteur secondaire romand a progressé de 5,7%. L’hôtellerie a également tiré son épingle du jeu, avec une hausse de 3,7% des nuitées. Tout comme les services financiers qui ont connu un rythme de croissance 3,9%.

Mais le temps est aujourd’hui passé au gris. Prenons le secondaire. La seule impulsion positive attendue devrait venir de la chimie et de la pharmaceutique. Des signaux contradictoires sont par ailleurs émis dans la construction. «Les autorités monétaires et financières craignent que trop d’argent n’ait été investi dans l’immobilier locatif», relève le conseiller de la BCV. Dans le secteur secondaire, le rythme de croissance devrait ainsi chuter à 0,4% cette année.

Les taux négatifs pèsent

Les défis restent également nombreux pour la finance. «Notamment la pression sur les marges des banques et des assurances, due au maintien par la Banque nationale suisse de taux d’intérêt négatifs, la poursuite de la densification du cadre réglementaires ou la mise en œuvre de l’échange automatique de renseignements fiscaux», détaille le CREA.

En vérité, l’économie romande se trouve aujourd’hui au creux de la vague. De Genève à Fribourg, le rythme de croissance devrait, selon les cantons, s’échelonner de 0,8% à 1,7% cette année.

Les activités domestiques joueront un rôle clé

En 2019, les économies romandes vont être essentiellement soutenues par les activités domestiques, soit les services aux entreprises, l’hôtellerie et la restauration ou encore le secteur public. «Grâce à sa bonne tenue, bon an mal an, l’économie intérieure joue un rôle de facteur de soutien les années au cours desquelles l’environnement international est mitigé», rappelle l’institut.

Pour l’an prochain, on s’attend à un léger mieux. Un regain d’optimisme sur l’économie mondiale est perceptible. En Suisse romande, les attentes de croissance grignotent un peu de terrain, s’échelonnant de 1,4% à 1,9% selon les cantons.

Mais les facteurs de risque demeurent multiples: nouvelle envolée du franc, sortie «brutale» du Royaume-Uni de l’Union européenne, secousses géopolitiques ou envolée du protectionnisme.

Créé: 08.05.2019, 19h32

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