Les Kurdes traquent les commerçants d’or noir

Financement du terrorismeA Londres, le ministre des Ressources naturelles du Kurdistan irakien assure que son pétrole n’est pas lié à Daech.

Ashti Hawrami: «Nous réglerons le problème de ce commerce criminel.»

Ashti Hawrami: «Nous réglerons le problème de ce commerce criminel.» Image: Reuters

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Alors que le parlement britannique discutait hier au sujet d’éventuels bombardements sur Daech en Syrie, les Kurdes ont débarqué en masse à Londres à l’occasion de la cinquième conférence sur le pétrole et le gaz du Kurdistan irakien. Principale personnalité du GRK (Gouvernement régional du Kurdistan), le ministre des Ressources naturelles de la région autonome du Kurdistan Ashti Hawrami n’a pas mâché ses mots quant à la possibilité de voir des Kurdes acquérir le pétrole de l’organisation terroriste. «Nous vérifions tout ce que nous pouvons, des procédures sont en place mais vous n’êtes pas obligés de nous croire», a-t-il confié à notre journal. «En revanche, je vous rappelle que Daech tue nos soldats, nos familles, donc si vous connaissez des commerçants pourris, citez-les-nous. Nous réglerons le problème de ce commerce criminel, a lâché l’homme politique kurde. Sans parler que nous demandons aux membres de la coalition internationale de détruire ces camions de sang.»

«Le combat sera long»

Directrice du bureau des ressources énergétiques au Moyen-Orient et en Asie du gouvernement américain, Sandra Oudkirk confirme que «nous tentons de détruire leurs infrastructures qui leur permettent d’améliorer leur brut, en plus de ces camions. Mais nous avons été surpris par la rapidité avec laquelle ils se sont adaptés à nos frappes. Le combat sera donc long et complexe.»

En revanche, «Daech ne possède pas de réseau ou de stratégie de distribution», nous assure un participant largement impliqué dans les opérations mais désireux de rester anonyme. «Des trafiquants débarquent chez eux avec leur camion, de l’argent liquide, et ils repartent avec le plein.» Dans quelle direction? Cette réponse permettrait d’en savoir plus sur l’origine des fuites de ce pétrole, qui finance les terroristes. «Dans toutes les guerres, il y a toujours un soldat, un commerçant prêt à trahir son pays et à vendre les siens pour son profit personnel», nous rappelle un autre habitué de la région. «Le ministre ne peut pas l’admettre officiellement mais il n’est pas naïf…»

«Nous savons tout»

Reste que les peshmergas, les forces armées du Kurdistan irakien, contiennent l’avancée de Daech. Cette résistance fait le bonheur des habitants et des groupes pétroliers installés dans la région. «Nos puits sont situés à 30 kilomètres de la ligne de feu mais je m’y sens plus en sécurité qu’à Bruxelles, où nous avons la semaine prochaine notre conseil d’administration», sourit Jon Ferrier, le patron du pétrolier enregistré aux Bermudes Gulf Keystone. «Nous possédons un réseau de renseignements extrêmement pointu. Nous employons tous les villageois alentour donc nous sommes au courant de tout, en plus des informations transmises par les forces de sécurité. Je m’y rends tous les mois et je n’y emploierai personne si je ne pensais pas le lieu en sécurité.»

Créé: 02.12.2015, 21h59

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