Passer au contenu principal

Le juteux business des mâts d’antennes perce en Suisse

Sunrise se déleste de 2239 sites d’antennes pour 500 millions de francs. Une première pour un opérateur helvétique.

Sunrise cèdes ses mâts d'antennes mais reste propriétaire de l'équipement de réseau mobile.
Sunrise cèdes ses mâts d'antennes mais reste propriétaire de l'équipement de réseau mobile.
Keystone

Un opérateur qui se débarrasse de ses mâts d’antenne? La nouvelle semble à première vue de mauvais augure. Sunrise est pourtant ravi. Mercredi, l’entreprise zurichoise a annoncé avoir cédé sa filiale Swiss Towers, qui regroupe un portefeuille de 2239 mâts, à un consortium dirigé par le groupe Cellnex. La vente lui permet d’empocher 500 millions de francs, soit près de 220 000 francs par site d’antennes. Précision importante: Sunrise reste propriétaire des infrastructures «actives» du réseau mobile. En clair, de la technologie. Seuls du béton et de l’acier passent aux mains de Cellnex (54%), de Swiss Life Asset Managers (28%) et de Deutsche Telekom Capital Partners (18%), les membres du consortium.

La rentrée d’argent permettra à Sunrise de réduire sa dette. C’était là le but premier de l’opération. Qui présente d’autres avantages. «Nous n’aurons plus à nous occuper des négociations avec les propriétaires fonciers où les mâts sont implantés. Cela nous demandait beaucoup d’efforts. Ce n’est pas notre métier», explique Thérèse Wenger, porte-parole. La vente s’accompagne d’un contrat de services: Sunrise versera 35 millions de francs par an à Swiss Towers, qui s’engage notamment à chercher des emplacements où construire de nouveaux sites afin de permettre à la compagnie d’étendre son réseau.

Secteur en vogue

C’est la première fois qu’un opérateur cède ses mâts en Suisse. Ailleurs, ce genre de partenariat est de plus en plus répandu. «La séparation des infrastructures actives et passives est très en vogue, commente Pascal Martin, responsable du site spécialisé Scal.ch. Les opérateurs font face à des défis très importants avec une croissance vertigineuse des besoins en bande passante et doivent densifier leurs réseaux mais aussi éviter les doublons. La gestion des infrastructures passives par une entreprise externe facilite la coutilisation des mâts.»

Pour un opérateur, la cession de pylônes permet un apport de liquidités et une rationalisation des coûts. Les acquéreurs, eux, apprécient un investissement au rendement fixe à long terme. Le modèle est bien établi aux Etats-Unis, avec des entreprises comme American Tower. Et il est de plus en plus populaire en Afrique et en Asie.

En Europe, Cellnex est aux avant-postes. Le groupe de Barcelone détient plus de 23 000 sites en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France. Son expansion est galopante. Dans l’Hexagone, la firme a signé au début de février un accord lui permettant de mettre la main sur 1800 sites supplémentaires de Bouygues Telecom. Placé en Bourse il y a deux ans par son propriétaire, le gestionnaire d’autoroutes Abertis, l’exploitant d’infrastructures télécoms mobiles a vu son bénéfice net exploser de plus d’un tiers en 2016. Les seuls sites d’antennes représentent une activité annuelle de 385 millions d’euros. Leurs recettes se sont envolées de 27% l’an dernier.

Swisscom tient à ses mâts

En Suisse, les autres opérateurs sont-ils tentés de se délester de leurs mâts? «Nous souhaitons rester maîtres de notre infrastructure», commente Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom, qui exploite environ 8400 sites d’antennes. Salt, qui en opère plus de 4000, n’est pas intéressé non plus. Pour Benjamin Petrzilka, responsable de la communication, «Salt considère son parc de sites d’antennes comme un actif clé».

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.