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Les investisseurs vont tester la volonté de la BNS

La menace d’une inflation qui pourrait se révéler tenace devrait pousser la Banque nationale à agir plus vite que prévu

1 francs pour 1 euro, c'est fini.
1 francs pour 1 euro, c'est fini.
Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) devra-t-elle changer de partition? Cela ne paraît plus impossible. Les investisseurs vont tester la détermination de la banque centrale après que Thomas Jordan, le président du directoire de la BNS, a lâché à l’agence Bloomberg «qu’il n’y a pas lieu d’entreprendre quoi que ce soit en ce qui concerne la politique monétaire en ce moment». Les marchés financiers vont donc continuer de vendre le franc. Pour voir, un peu comme au poker. «On pourrait se diriger vers le niveau de 1,22 contre l’euro», estime François Savary, stratégiste de Prime Partners à Genève. Une mauvaise nouvelle en termes d’inflation.

Recul de 10% contre l’euro

L’intervention de Thomas Jordan survient à un moment délicat. Le franc suisse a reculé ces dernières semaines pour atteindre 1,2 contre l’euro. Ce niveau est testé pour la première fois depuis le début de 2015 et l’abandon par la BNS du taux plancher (fixé en automne 2011). La Banque nationale ne semble pas craindre un dérapage inflationniste. N’empêche, le franc a plongé de plus de 10% au cours des douze derniers mois, ce qui contribuera à importer de l’inflation en renchérissant les importations.

À y regarder de plus près, un cocktail de facteurs pourrait mettre la BNS sous pression. Une mécanique potentiellement vicieuse se fait menaçante et pourrait permettre à l’inflation de s’installer durablement. Cette mécanique se décline de la manière suivante: solide croissance, accélération de la baisse du franc, envolée du prix des matières premières et in fine hausse des salaires.

La situation actuelle? Une croissance robuste de 2,4% est attendue cette année en Suisse, avec en prime une synchronisation des cycles économiques mondiaux. Les moteurs américains, européens et asiatiques sont allumés en simultané. De son côté, le prix des matières premières monte. Le pétrole est ainsi passé de 45 à plus de 70 dollars en quelques mois. Et le franc recule… en attendant que les salaires grimpent?

Dans ce contexte, la BNS pourrait être amenée à normaliser sa politique monétaire plus rapidement que prévu afin de prévenir un dérapage des prix. «Les taux seront relevés au début de 2019», prédit François Savary. Cela constituerait une surprise tant la crainte déflationniste a prévalu ces dernières années. À titre de comparaison, les États-Unis ont commencé à relever le loyer de l’argent en 2017 et l’Europe en prend aussi le chemin.

Dans le détail, le message envoyé par Thomas Jordan aux marchés indique que les taux ne seront pas relevés dans l’immédiat. L’institut monétaire applique aujourd’hui un taux négatif de 0,75% sur le franc. Cela suggère également qu’il n’a pas l’intention de se séparer de la masse d’actifs accumulée ces dernières années en monnaies étrangères pour combattre l’envolée du franc. On peut en douter.

À court terme, les marchés vont tester la volonté de la BNS. Loué par l’industrie d’exportation, l’effritement du franc pourrait alors s’accélérer ces prochaines semaines.

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