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L’industrie suisse se fâche contre Genève et Vaud

Les usines s'accommodent plus ou moins bien des nouvelles règles de sécurité sanitaire.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.
Keystone

Aux yeux de Swissmem, la faîtière de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, les cantons lémaniques semblent s’inspirer davantage de Paris que de Berne: «Après le discours d’Emmanuel Macron, la communication des Cantons de Genève et Vaud a conduit à des attentes sans fondement», déplore le porte-parole de Swissmem, Ivo Zimmermann. Le président français avait répété à 6 reprises «Nous sommes en guerre» en vingt-et-une minutes. Cette insistance n’aurait pas favorisé les propositions les plus pertinentes en Suisse romande, selon le lobby de l’industrie des machines: «C’est allé nettement au-delà des décisions de la Confédération, et cela est dangereux.» Swissmem craint surtout les incitations «au verrouillage systématique des frontières».

Le ton de ces messages donne une idée des inquiétudes pesant sur une bonne partie de l’industrie helvétique. «Des usines ont déjà cessé leurs activités et beaucoup d’autres devront encore les imiter dans un proche avenir. Soit parce qu’elles ne reçoivent pas de commandes, soit parce que leurs collaborateurs ne peuvent plus se rendre sur les sites de production. Ou encore parce que les réseaux de sous-traitance ne fonctionnent plus. Selon la durée de cette crise, le nombre de sociétés recourant au chômage partiel augmentera massivement», prévient Ivo Zimmermann.

Bobst Group, multinationale vaudoise spécialisée dans les machines d’emballage, subit elle-même durement la crise du coronavirus. Et dans le monde entier. «Nos activités ont d’abord dû cesser en Chine pendant trois semaines, en février. Elles ont ensuite pu reprendre sur nos quatre sites de production de ce pays, entre 50% et 60%, puis revenir à la normale à la mi-mars. Depuis le début de ce mois, nos deux usines italiennes fonctionnent avec une moitié des effectifs sur site et l’autre à la maison. La France, l’Allemagne et l’Angleterre vont très probablement adopter le même modèle. Ce n’est qu’une question de jours. À la suite des mesures annoncées par l’État de Vaud mercredi, notre production en Suisse cessera en outre pendant au moins deux semaines, dès lundi», précise Stefano Bianchi, porte-parole de Bobst Group.

L’ampleur géographique de l’épreuve n’en est qu’à ses débuts. «La Chine sort de la crise lentement. L’Inde va y entrer. Puis ce sera l’Europe et les Amériques. Autrement dit, un long combat en perspective, exigeant de la persévérance», avertit Stefano Bianchi.

La chimie Autre branche, autre réalité. De grandes firmes de l’industrie chimique poursuivent leurs activités dans de relativement bonnes conditions. «Toutes nos manufactures suisses (Valais, Appenzell et Bâle-Campagne) sont complètement opérationnelles actuellement. De ce fait, nous ne prévoyons pas de recourir au chômage partiel. Nous recrutons en plus activement du personnel en Suisse», précise Lonza Group. Syngenta nuance à peine: «Notre activité industrielle n’a pas été réduite en Suisse. Seuls des ajustements ont été apportés aux installations de production. À ce jour, nous n’avons procédé à aucune demande de chômage partiel. Jusqu’à maintenant, la crise du coronavirus n’a eu qu’un impact minimal sur nos chaînes d’approvisionnement dans le monde.»

La pharma suisse a elle-même pu continuer jusqu’à présent sa production, sans encombre significatif, selon l’organisation Scienceindustries.

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