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Glencore lève un coin du voile sur ses achats de brut

Le géant des matières premières a versé 13 milliards à des États pétroliers en 2017. Seul un dixième est détaillé.

Le siège de Glencore, à Baar (ZG).
Le siège de Glencore, à Baar (ZG).
Reuters

Tache d’huile. Après Trafigura et en attendant Gunvor, c’est au tour de Glencore d’éclairer l’ampleur de ses transactions avec les pays producteurs d’hydrocarbures.

À l’occasion de son troisième bilan annuel sur ses «versements aux gouvernements», le plus important négociant en matières premières installé en Suisse lève un coin du voile sur ses transactions commerciales avec les compagnies pétrolières étatiques. «C’est un petit pas positif», reconnaît Marc Guéniat, enquêteur au sein de l’ONG suisse Public Eye.

La Norvège dans la lumière…

Cet effort de transparence de la multinationale basée à Zoug intervient quinze jours après que le Conseil national s’est opposé à ce que les géants du secteur soient contraints par la loi à divulguer de telles informations.

Le groupe a listé vendredi son activité avec les compagnies nationales – celles de pays se pliant à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Au total, Glencore leur a versé 1,45 milliard de dollars. Dans le détail, les achats d’hydrocarbures à la Statoil norvégienne ont atteint 511 millions de dollars, 94 millions à la Nigerian National Petroleum ou 194 millions à la Société nationale des pétroles du Congo.

En revanche, les paiements auprès de pays qui ne font pas la lumière sur leurs ventes d’hydrocarbures sont résumés par un montant agrégé de 11,2 milliards.

… le Venezuela dans l’ombre

Marc Guéniat regrette que «cette lumière sur les versements à chaque compagnie nationale ne concerne que les pays ayant signé l’accord ITIE – soit moins du dixième des montants». On ne saura pas ce que verse Glencore pour son pétrole vénézuélien, russe, ou angolais.

Autre limite: pour les pays jouant le jeu de l’ITIE, la moitié des versements sont représentés par ceux vers la Norvège.

S’il permet d’avoir une idée des achats de pétrole de Glencore auprès d’entités étatiques, le rapport ne fournit pas les détails sur les cargaisons – notamment le prix – revendiqués depuis des années par des organisations comme Public Eye ou le National Resource Governance Institute américain. Glencore dit avoir préservé un équilibre entre le niveau de précision demandé et la préservation de «données commercialement sensibles».

Les ONG ont longtemps été accusées de dogmatisme par les géants du négoce, soupçonnées de faire de cette transparence une fin en soi. «Pourquoi s’intéresser au prix de ces barils? Pour que les parlementaires et la société civile de ces pays sachent ce que vaut réellement leur pétrole, combien leur compagnie pétrolière nationale – censée remplir les caisses publiques – encaisse… et quels montants s’évaporent», martèle le représentant de Public Eye.

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