Gestion de fortune: la Suisse prend du retard

Monde bancaireTrop occupés à se conformer aux nouvelles exigences réglementaires, les professionnels du secteur n'ont pas su rester à jour dans leur stratégie informatique.

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Trop occupés à se conformer aux nouvelles exigences réglementaires, «les gestionnaires de fortune suisses n'ont pas su identifier l'importance stratégique de la technologie comme avantage concurrentiel et élément clé de leurs activités dans un secteur en pleine évolution», avertit le cabinet d'audit et de conseil EY dans un rapport publié vendredi.

Ainsi, près d'un gestionnaire de fortune sur six en Suisse (17%) doit encore définir une stratégie informatique en vue de la transformation numérique. Si la moitié des gestionnaires commence à développer une stratégie numérique, ils ne sont qu'un tiers à en avoir déjà mise une en oeuvre.

Contraste avec les stratégies étrangères

Face à l'intérêt des clients, de nombreux fournisseurs de services de robot-conseil se bousculent au portillon partout dans le monde. Ils doublent leurs actifs sous gestion tous les quelques mois. Or, seuls 17% des gestionnaires de fortune suisses sont en train de recourir à la robotique et à l'intelligence artificielle ou envisagent de mettre en place de telles technologies.

Alors que 63% des gestionnaires de fortune ayant participé au sondage dans le monde s'attendent à ce que l'innovation informatique transforme les stratégies commerciales en vue d'accroître le chiffre d'affaires, ils ne sont qu'un tiers en Suisse.

«Les acteurs suisses risquent de prendre du retard dans le domaine de l'innovation et des capacités numériques, tandis que les marchés émergents comme l'Asie Pacifique promeuvent très activement l'innovation et le numérique», met en garde Bruno Patusi, expert pour la gestion de fortune et d'actifs chez EY Suisse.

Informaticiens pas assez rémunérés

Corollaire, les informaticiens sont sous-rémunérés dans les banques en Suisse, selon EY: les niveaux des effectifs informatiques par rapport aux effectifs totaux de l'entreprise ont augmenté de quelque 7% depuis 2013, alors que les salaires ont diminué d'environ autant. L'écart de rémunération entre le personnel informatique et les autres effectifs s'est creusé de 56% en 2013 à 64% en 2016.

Alors qu'un nombre croissant d'entreprises a recours à des fournisseurs informatiques externes, rares sont celles qui ont trouvé le bon équilibre dans l'externalisation. EY observe un écart considérable entre les chefs de file en la matière et la vaste majorité des gestionnaires de fortune.

La modernisation des systèmes informatiques centraux n'est pas une priorité pour la plupart des gestionnaires de fortune suisses. Malgré la fréquence et la gravité croissantes des cyberattaques, quatre gestionnaires de fortune sur cinq continuent d'axer leur stratégie informatique commerciale sur la conformité aux exigences réglementaires. Ils sont à peine plus de la moitié (53% environ) à vouloir réduire les risques, notamment en matière de cybersécurité. (ats/nxp)

Créé: 08.12.2017, 14h18

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