Genève s’enfièvre pour son congrès du siècle

EvénementUn sommet mondial de la finance réunira à Palexpo plus de 8000 délégués dans une semaine, le résultat d’un intense lobbying. Les retombées pour la région sont spectaculaires

La tenue de prestigieux congrès est une fantastique vitrine pour Genève et représente d’importantes retombées économiques.

La tenue de prestigieux congrès est une fantastique vitrine pour Genève et représente d’importantes retombées économiques. Image: Laurent Guiraud

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Complets! Du 26 au 29 septembre, tous les hôtels de Genève seront remplis, impossible de réserver une chambre. En fait, tout est occupé jusqu’à Lausanne. Nyon, La Côte, Morges? Fully booked! Même scénario en France voisine, de Ferney-Voltaire jusqu’à Annecy. Engouement similaire sur Airbnb, même s’il reste encore quelques places au bout du Léman. «C’est exceptionnel, sans précédent depuis des décennies», se réjouit Thierry Lavalley, président de la Société des hôteliers de Genève.

Un gigantesque congrès, qui se tient dans une semaine à Palexpo, explique tant d’effervescence. Sibos – l’acronyme de Swift International Banking Operations Seminar – réunit le gratin de la finance mondiale chaque année au début de l’automne, tour à tour en Asie-Océanie, outre-Atlantique et en Europe. L’an dernier, ce symposium bancaire et financier s’était tenu à Singapour, où il avait attiré 8200 personnes.

L’édition 2016 s’annonce encore plus fastueuse. «Plus de 7000 délégués sont déjà inscrits, dont 533 Suisses», indique la porte-parole du colloque. «C’est plus qu’à Singapour à ce stade.»

Jet d’eau à la fête

Une fantastique vitrine pour Genève et d’importantes retombées économiques: le Bureau des congrès de la Fondation Genève Tourisme les évalue à 32 millions pour le bassin genevois. C’est qu’outre les hôtels et Palexpo, tous les grands restaurants seront pris d’assaut, comme les traiteurs, le Bâtiment des Forces Motrices, les limousines et les taxis. Le chiffre grimpe à 65 millions si on compte l’impact pour les entreprises suisses, selon le Canton.

Le pont du Mont-Blanc sera orné de drapeaux aux couleurs de Sibos et, dimanche 25, le Jet d’eau jaillira en orange, la couleur du sommet. «Il faut remonter au congrès Telecom de 1999 pour trouver un événement d’une telle taille», selon Claude Membrez, patron de Palexpo.

«La présence de Sibos représente une superbe carte de visite pour notre place financière, mondialement reconnue dans la gestion de fortune privée, le financement du négoce et pour l’industrie des fintech très dynamique à Genève», estime Pierre Maudet, ministre de l’Economie du Canton. Son département a participé à la mise sur pied d’un pôle dédié à l’innovation et d’un Swiss Fintech Corner au sein du séminaire. Vingt-quatre start-up helvétiques y ont été invitées.

Voir une infographie sur les retombées pour Genève de la présence de tels congrès

La tenue d’un tel événement au bout du lac est le résultat d’un grand travail de lobbying. Et d’une belle collaboration entre le Bureau des congrès de la Fondation Genève Tourisme, Palexpo, les hôteliers, l’Etat et l’aéroport. C’est en juin 2013 que la directrice du Bureau des congrès, Anja Loetscher, et le patron de Sibos ont paraphé au restaurant du Kempinski le contrat pour accueillir la 38e édition du colloque cette année. En réalité, le contact n’a jamais été perdu depuis les années 90, après la première tenue du forum en 1993. Quelque 2600 personnes s’étaient alors déplacées à Palexpo. En 2002, rebelote, avec 5000 délégués.

Après la prise de contact, il faut garantir une offre et la forme. L’offre? Palexpo et ses 106 000 m2 possèdent largement l’espace nécessaire (ce que Zurich ne peut par exemple pas proposer), même si Sibos attire toujours plus de monde. Claude Membrez et ses équipes sont allés jusqu’à sillonner leurs immenses halles en voiturette de golf avec les représentants du congrès en 2011 pour à nouveau les convaincre du potentiel du lieu. A Genève, la CCIG et l’UNIGE sont aussi capables d’attirer de grands colloques.

Avec 9500 chambres, le parc hôtelier de Genève est fourni, même si certains estiment qu’il manque des hôtels de seconde catégorie, les deux et trois-étoiles (Palexpo en fait d’ailleurs construire deux dans son voisinage, des chantiers qui seront fermés durant Sibos). Si les hôteliers seront débordés à la fin du mois, c’est parce que Sibos se déroule durant une période qui reste largement prisée des touristes et des affaires. Les salons de l’automobile et horloger, au printemps, attirent moins de délégués et se déroulent pendant une saison plus creuse.

Long travail en coulisse

La forme? «Il faut savoir parler d’une seule voix pour faire une offre conjointe, la petite taille de Genève fait qu’on se connaît tous, on peut facilement se parler et accorder nos violons», estime Anja Loetscher. De nombreuses autres villes concurrentes ne peuvent en dire autant. Des cartes de vœux, bien sûr, sont également envoyées chaque année à Noël.

C’est en 2007 que le Canton s’est doté d’une structure pour attirer de tels événements – là où auparavant une personne était mandatée pour ce lobbying. Le Bureau des congrès occupe aujourd’hui une dizaine d’employés et peut se prévaloir de résultats en hausse (voir infographie), même si le fait que les sommets tendent à changer de continent chaque année engendre des vagues. Avec 80 millions de retombées économiques, 2016 sera un cru record; 2017 s’annonce faste aussi.

L’an dernier, une importante délégation genevoise, emmenée par Pierre Maudet, s’est rendue au congrès Sibos à Singapour pour la passation de témoin. Des représentants du Canton étaient également présents aux précédents congrès à Boston en 2014 et Dubaï en 2013, même à Amsterdam en 2010. Les Genevois sont d’autant plus aux petits soins pour cette organisation qu’ils espèrent la recevoir à nouveau, en 2022. (TDG)

Créé: 17.09.2016, 14h34

Un colloque phare

Sibos est la principale foire financière de la planète. Elle est organisée par la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication – plus connue sous l’acronyme SWIFT. Le fournisseur mondial de messagerie interbancaire siège à Bruxelles et a des bureaux à Zurich. Depuis sa création en 1978, ce séminaire annuel s’est imposé comme la conférence de référence dans son domaine. Toutes les grandes banques du monde y convergent pour débattre de l’avenir de l’industrie financière.

Entre e-commerce, méthodes de paiement, cybercriminalité, finance durable, Internet des objets et protocole blockchain, cet écosystème est en transition. Si d’aucuns voient en les nouveaux outils – notamment ceux
qui décentralisent les transactions en ligne – des menaces pour les institutions traditionnelles, d’autres entendent se les approprier pour rebondir. Ces questions seront traitées dans la Cité de Calvin à la fin de septembre.

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