Genève se réveille sur le front des fintech

Technologie et financeUn incubateur pour start-up alliant technologie et finance a ouvert ses portes dans le canton. Les enjeux sont importants.

Le canton et sa vaste place financière ont les atouts pour former une capitale fintech. LAURENT GUIRAUD

Le canton et sa vaste place financière ont les atouts pour former une capitale fintech. LAURENT GUIRAUD Image: LAURENT GUIRAUD

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Depuis un an, un mot est à la mode en Suisse, «fintech». La contraction de finance et technologie désigne tous les nouveaux outils proposant un service au secteur financier, que ce soit une application facilitant le transfert d’argent, un gestionnaire de crypto-monnaies, un logiciel pour assureurs ou du big data. L’appellation a fait parler d’elle à Genève en février, quand l’entreprise Polytech Ventures, basée à l’EPFL Innovation Park, a annoncé la création prochaine d’un accélérateur pour start-up fintech au bout du lac.

Trois incubateurs
Fusion - c’est son nom - est entré dans sa phase opérationnelle ce mois-ci. Avec ses partenaires, dont le leader mondial des logiciels bancaires Temenos, le gestionnaire d’actifs Notz Stucki et le leader suisse des cartes bancaires Swisscard, il héberge, forme et soutient dix jeunes pousses - dont quatre suisses - à Vernier, en attendant d’intégrer son logement définitif à l’avenue de la Praille.

Cet été, l’exploitant de la Bourse suisse SIX a ouvert un espace de travail similaire baptisé F10, une poignée de start-up en bénéficieront. Un troisième accélérateur germe actuellement, alors que deux associations (Swiss FinteCH et Swiss finance startups) ont vu le jour récemment.

«La Suisse se réveille sur le front des fintech», écrivait en mars le blogueur Sébastien Flury, alors qu’ont émergé plusieurs sociétés dans le secteur, dans la région zurichoise et sur l’arc lémanique surtout. A Genève, Credit Agricole Suisse accueille depuis peu des événements «FintechConnect» et des conférences, à Zurich et dans le canton, ont été consacrées au phénomène. Un séminaire de la «Swiss Tech Association» posera d’ailleurs une grande question à Lausanne mardi: comment la Suisse se positionne-t-elle sur le front du fintech?

Serait-elle en retard? La Californie recenserait déjà quatre accélérateurs fintech et un millier d’entreprises dans ce domaine. Leurs consœurs londoniennes ont levé 5,4 milliards de dollars depuis 2010, plus que celles de toute l’Europe continentale réunie. L’écosystème helvétique, à côté, n’est guère favorable: les banquiers ne sont pas réputés pour innover et les règlements sont sévères, même si l’autorité fédérale de contrôle des marchés financiers (la FINMA) vient de s’exprimer en faveur d’une licence bancaire «light» pour les fintech. L’argent manque: le capital investi dans les start-up informatiques en Suisse baisse depuis 2012, selon le Swiss venture capital report.

«Pas trop tard»
«Ce n’est pas trop tard pour la Suisse», lance Sébastien Flury, qui est entre-temps devenu directeur de Fusion. «Le potentiel est immense ici, avec une grande place financière, des hautes écoles, du savoir-faire, des lois sévères en matière de protection des données. Les conditions sont réunies pour l’émergence du nouveau Swissquote (ndlr: une banque en ligne vaudoise) ou Temenos, ce qui permettrait au fintech suisse de décoller», ajoute-t-il. «On a pris le train en retard, mais maintenant on est dedans», estime de son côté Yohann Perron, responsable fintech au sein du cluster AlpICT.

«Le terreau est fertile ici et il est difficile de comparer entre les pays. Mais une chose est sûre, après les réglementations, c’est au tour de la technologie de venir bousculer les banques. De la désintermédiation aux crypto-monnaies, les changements seront importants», renchérit Marc Barbezat, auteur du blog Le Décodeur.

Et rapides. Deux start-up de Fusion ont été sélectionnées pour le UBS Future of finance challenge, certaines proposent déjà leur produit à la vente et une mission anglaise - un pays pourtant réputé en avance sur ce créneau - se rendra en Suisse en novembre. Demain peut-être les noms de Xapo, Ethereum, True Wealth, Knip et Monetas - toutes des récentes initiatives fintech en Suisse - seront peut-être aussi connus que ceux de Mirabaud et Pictet. (TDG)

Créé: 25.10.2015, 16h38

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