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Genève lutte contre l’exclusion financière

L’association SFG révèle les services bancaires ouverts à ceux qui ont même perdu leur identité.

A Genève plusieurs fonds d’investissements, parmi lesquels Symbiotics, responsAbility et Blueorchard luttent contre l'exclusion financière.
A Genève plusieurs fonds d’investissements, parmi lesquels Symbiotics, responsAbility et Blueorchard luttent contre l'exclusion financière.
Arnd Wiegmann

Sustainable Finance Geneva (SFG) s’est entourée d’une quarantaine d’experts locaux, pour identifier et discuter de soixante innovations financières permettant de promouvoir une économie plus durable. Dans un livre («Le Monde change, la finance innove», SFG), diffusé ce lundi et destiné à mettre en lumière le rôle de Genève dans ces projets, l’association révèle l’existence de certaines initiatives peu connues du grand public. C’est le cas des solutions destinées à combattre le problème de l’exclusion des plus fragiles du système financier.

Ces avancées trouvent depuis trois ans un nouvel écho dans la crise sociale et humanitaire liée aux millions de migrants traversant la Méditerranée. A Genève plusieurs fonds d’investissements, parmi lesquels Symbiotics, responsAbility et Blueorchard soutiennent des projets en lien avec l’exclusion financière.

D’autres, comme Bamboo Capital Partners s’intéressent directement aux PME appelées «Fintech» – car situées à la frontière de l’informatique et de la finance – qui combattent cette exclusion.

«Tous les acteurs qui luttent contre l’exclusion financière des migrants butent sur un problème de base: l’identification de ces hommes et femmes qui n’ont souvent plus de passeport, qui craignent de demander des papiers officiels et qui sont rejetés par des banques obligées d’identifier clairement leurs clients – lutte anti-blanchiment et anti-terroriste oblige», décrit Sybille Gianadda, directrice adjointe de Sustainable Finance Geneva.

L'identité digitale

Plusieurs initiatives visant à fournir une identité digitale alternative sont nées de ce constat. Une preuve d’identité souvent établie à partir d’un patchwork d’informations formant, au fil du temps, un «réseau de réputation»: facture de téléphone, papiers fournis dans un camp de réfugiés, envois d’argent au pays…

De telles techniques sont également mises en place afin de décider de la capacité d’une personne à rembourser un crédit. «Les entreprises spécialisées dans ce domaine, comme EFL, First Access ou Lenddo, fournissent leur technologie à des banques ou à des opérateurs télécoms qui voient leur taux de défaut baisser massivement tout en devenant plus inclusif», décrit la responsable adjointe d’une association qui fêtera l’an prochain ses dix ans.

Lancée à Berlin par Balázs Némethi – un des experts mandatés sur l’enquête genevoise – la banque en ligne Taqanu, offre, elle, une nouvelle identification digitale en lien avec les autorités allemandes. Un problème d’identification également pris en compte par des sociétés comme BanQu ou Bitnation Refugee Emergency Response.

Le premier effort de ces organisations a souvent été de s’attaquer à l’opacité et au coût de l’envoi d’argent vers le pays d’origine, service jusque-là dominé par une poignée de multinationales. «Une multitude de sociétés utilisent aujourd’hui la technologie dite de la blockchain pour mettre en place des systèmes de transaction en réseau qui font l’économie de ces intermédiaires», décrit Sibylle Gianadda.

La réalité d'un marché

L’arc lémanique a vu naître plusieurs PME de ce type. Et même un site comparateur, Monito, qui permet de choisir le transfert le moins coûteux. A Zurich, Pintail met en place depuis 2014 une banque en ligne, accessible depuis un smartphone et destinée aux exclus de la finance.

Au Canada, l’Immigrant Access Fund a déjà accordé des prêts à 27 000 migrants afin que ces derniers puissent engager les démarches pour faire reconnaître leur formation et leur diplôme. Le projet zurichois en démarrage Bizgees propose, lui, des micro-financements directement dans les camps de réfugiés.

Des initiatives qui sont loin d’être uniquement philanthropique: le service – via Internet – des 250 millions de migrants dans le monde, dont une grande majorité renvoie de l’argent au pays, constitue un marché bien réel.

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