Les frites et les chips suisses se révèlent dangereuses

AlimentationL’Union européenne a donné l’alerte sur le Chlorpropham, un pesticide à risques, toujours très présent dans les champs de patates helvétiques.

Le Chlorpropham répandu dans les champs de patates suisses se retrouve dans l'assiette.

Le Chlorpropham répandu dans les champs de patates suisses se retrouve dans l'assiette. Image: UNSPLASH / GILLY

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Alerte! Les frites et les chips suisses se révèlent dangereuses. Ou plus exactement rendues dangereuses par la présence du Chlorpropham dans les champs de patates et l’industrie alimentaire helvétiques. Ce pesticide s’avère porteur de risques sanitaires élevés, selon l’Université de Kiel, en Allemagne. Il est classé dans la catégorie réglementaire européenne H351, regroupant des produits «susceptibles de provoquer le cancer».

«Le Chlorpropham a produit des cancers dans l’expérimentation animale. Il y a en outre suffisamment d’indications chez l’être humain déterminant que ce produit s’avère cancérogène», prévient Hermann Knuse, toxicologue à l’Université de Kiel, dans le Schleswig-Holstein. Le message des scientifiques a été entendu à Bruxelles. L’administration européenne a commencé à retirer ce pesticide de la circulation l’été dernier. Mais en prenant soin d’éviter toute panique!

La vente des derniers flacons de Chlorpropham est ainsi encore autorisée chez nos voisins, jusqu’à Nouvel-An. «Et les derniers restes devront être épuisés l’automne prochain», précisait mercredi soir la rédaction de «Rundschau», le magazine de la TV alémanique (SRF 1). Cette temporisation ne nuit pas à la clarté du message de Bruxelles: «Nous avons constaté des risques imminents et chroniques pour les utilisateurs de ce produit, notamment en lien avec des denrées alimentaires.»

«La santé des consommateurs est très importante pour nous»

L’administration fédérale ne reste elle-même pas sourde à ces informations. Tout en rappelant une réalité essentielle: «La Confédération n’a pas d’accord dans le domaine en cause avec l’Union européenne. Les décisions de cette dernière ne sont donc pas directement applicables en Suisse.» L’Office fédéral de l’agriculture placera néanmoins, en janvier, le Chlorpropham sur sa «liste de produits à réévaluer». Un processus commence ensuite et dure six mois. A son terme, une décision est prise sur l’éventuel retrait de l’autorisation du produit controversé. Ces explications n’atténuent en rien l’ire de Marcel Liner, responsable de l’association Pro Natura: «Nous savons depuis tant d’années que ce pesticide constitue un risque élevé.»

Les producteurs de patates se défendent. «La branche cherche une alternative au Chlorpropham depuis des années. La santé des consommateurs est très importante pour nous. Nous n’avons en plus guère besoin aujourd’hui du pesticide controversé», relève Christine Heller, de l’association des producteurs suisses de pommes de terre, Swisspatat. Le Chlorpropham serait pourtant toujours régulièrement répandu dans des champs de patates helvétiques. L’absence de réelle alternative se confirme en plus tout particulièrement dans les stockages précédant la fabrication de frites.

L’utilisation du Chloropropham diminue quand même en Suisse, mais sans disparaître pour autant: trois tonnes de ce produit ont été vendues dans le pays en 2010 et encore deux l’an dernier.

Créé: 28.11.2019, 13h23

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