Un fonds suédois rachète le groupe dentaire Adent

InvestissementLa société sise à Ecublens et qui compte vingt-deux cliniques en Suisse change à nouveau de main. Nouvel objectif: l’Europe.

Image: VANESSA CARDOSO

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Et de trois! En huit ans, Adent Cliniques dentaires Groupe SA aura changé trois fois de main. Selon nos informations, confirmées par le groupe romand, un fonds d’investissement d’origine suédoise, Nordic Capital, s’est porté acquéreur d’Adent pour un montant non communiqué. «Nordic Capital s’est, en janvier dernier, effectivement engagé à racheter les entités opérationnelles d’Hesira (ndlr: le précédent propriétaire britannique d’Adent), confirme Julian van Wiggen, directeur du business development au sein de l’entreprise. Mais, bien que signée, la transaction ne sera effective qu’une fois que les autorités de régulation auront donné leur aval, ce qui devrait être le cas au début du mois d’avril.» Aucune suppression d’emplois n’est prévue en Suisse. Bien au contraire.

«Nous venons de créer un groupe de cliniques dentaires qui veut devenir leader en Europe»

Avec cette acquisition, ainsi que deux autres, en Allemagne et aux Pays-Bas – «des entreprises qui cumulent à elles trois 300 millions d’euros de chiffre d’affaires», nous confie Katarina Janerud, porte-parole de l’acquéreur –, Nordic Capital et ses 11 milliards d’euros de fortune gérée affichent clairement leurs ambitions. «Nous venons de créer un groupe de cliniques dentaires qui veut devenir leader en Europe.» Relativement calme depuis 2015, la guerre de la couronne et de la carie sur le Vieux-Continent vient donc de repartir de plus belle. Et, en cela, l’histoire récente d’Adent en est un résumé parfait. En 1997, le fondateur d’Adent, Philippe Gerber, ouvre son premier cabinet dentaire à Ecublens, puis un deuxième à Yverdon (2000), sort du canton de Vaud pour s’installer aux Eaux-Vives (GE) en 2002, s’étend à Lausanne (2006) et Meyrin (2010). À ce moment-là, cette croissance sous une même raison sociale valdo-genevoise laisse de marbre les médecins-dentistes: pour beaucoup, il ne s’agit là qu’une tentative de réplique, dans leur branche, du modèle anglo-saxon.

Rachats à marche forcée

Le fonds d’investissement genevois SEC Partners ne le voit pas ainsi. Il prend le contrôle d’Adent en 2010, investit et porte la chaîne à neuf cliniques, y compris en Valais. Puis vient 2014, année où SEC Partners, bénéficiaire, sort de l’aventure et vend Adent au groupe britannique Hesira, spécialisé dans les cliniques dentaires et filiale du fonds d’investissement américain Oaktree Capital Management (100 milliards de dollars d’actifs sous gestion). Dans un marché du blanchiment des dents ou des prothèses, Adent – qui ne publie ni chiffre d’affaires ni bénéfice – passe la Sarine, rachète en 2017 encore trois cliniques et, de neuf en 2014, passe à vingt-deux établissements, faisant du groupe vaudois le seul à posséder des succursales en Suisse romande et en Suisse alémanique.

Alors – et comme tout fonds de private equity –, Hesira «est arrivé à la fin de son cycle de vie», nous explique Julian van Wiggen. Et vient donc de vendre à «un investisseur qui détient une grande expérience dans le domaine de la santé et qui croit fermement en l’avenir des groupes dentaires en Europe», à savoir Nordic Capital, qui fut un temps propriétaire des laboratoires Unilabs, basés à Genève. Si vous n’avez pas tout suivi dans le détail – et même après la votation, perdue, du week-end dernier sur le remboursement des soins dentaires dans le canton de Vaud –, ce n’est pas grave. Autant, effectivement, ces soins non remboursées pèsent lourd sur nombre de ménages, autant son marché aux marges juteuses, estimé à 80 milliards d’euros en Europe, aiguise tous les appétits.

Pour preuve, comme le déclare le responsable du développement d’Adent, «notre objectif est de devenir le numéro un en Suisse, en poursuivant notre stratégie d’acquisition». Car voilà. Les groupes dentaires ne détiennent actuellement que 6 à 10% de parts de marché en Europe, permettant ainsi une véritable consolidation dans chaque pays. Loin d’être saturée, la Suisse, où de nouveaux centres dentaires s’ouvrent pourtant quasi tous les six mois, «reste dynamique de par le fait que sa population augmente et qu’elle est vieillissante», confirme Katarina Janerud.

La concurrence fonctionne

Peut-on dès lors espérer que les coûts d’un implant ou d’un traitement de racines baissent, grâce à cette concurrence nouvelle et aux économies d’échelle réalisées? Pas directement, Adent proposant déjà des tarifs plus bas que la plupart des dentistes indépendants, tout en offrant sous le même toit l’ensemble de la gamme de soins dentaires et des horaires élargis. Mais surtout, affirme Julian van Wiggen, «c’est un secteur où la concurrence fonctionne particulièrement bien, où les coûts ont bien moins augmenté depuis 2010 que ceux de la santé et sont mêmes inférieurs à la hausse du PIB». (TDG)

Créé: 11.03.2018, 20h05

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