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Les fintechs ont trouvé leur eldorado à Berlin

La capitale allemande attire les start-up de la finance de l’Europe entière.

Reuters

Si les bonzes de la Stasi voyaient ça! Le bâtiment qui abritait autrefois les services d’écoutes téléphoniques de la population est-allemande est aujourd’hui envahi par les start-up de la finance. «Le bunker antiatomique est toujours là, au sous-sol», s’amuse Helena Treeck, chargée de relations publiques de la banque en ligne N26.

Installée dans la Kloster­strasse, au centre historique de Berlin, cette start-up de la finance (fintech) créée à Vienne en 2013 propose une application de banking pour smartphones sur le modèle de Spotify ou d’Uber, c’est-à-dire pas compliqué, avec plein d’options et surtout sans frontières.

N26 est l’une des fintechs les plus dynamiques du marché. «Nous avons doublé le nombre de nos employés en l’espace d’un an», se félicite le cofondateur, Maximilian Tayenthal, âgé de 36 ans.

Les bureaux sont aménagés en «open space» (sans cloison) et chacun parle l’anglais pour se faire comprendre. «Sur nos 200 employés, seulement 10 sont nés à Berlin», précise le cofondateur. La majorité du personnel est arrivée dans la capitale au cours des cinq dernières années. La moyenne d’âge est inférieure à 30 ans.

En quelques années, Berlin est devenue, après Londres, la Mecque de la fintech en Europe. Avec 175 entreprises dans ce secteur de niche, la capitale allemande compte plus de start-up de la finance que les villes de Munich, Francfort et Hambourg réunies. Depuis 2012, près de 800 millions de francs ont été injectés dans ces fintechs berlinoises.

«La ville offre un vivier de main-d’œuvre exceptionnel. Vous trouvez ici tous les spécialistes dont vous avez besoin dans le domaine des technologies modernes, du design ou du marketing. A Vienne, vous trouverez seulement un ou deux programmateurs pour notre application. Ici, il y en a des centaines», explique Maximilian Tayenthal. Pas besoin d’aller à Francfort ou Londres pour débaucher des banquiers. «Nous n’avons besoin que d’une quinzaine de spécialistes de la finance. Nous sommes une banque sans banquier!» ajoute-t-il.

Par ailleurs, la main-d’œuvre est moins chère. «Les salaires sont 30% inférieurs à ceux de Londres. Mais vous avez en contrepartie une qualité de vie exceptionnelle avec des prix beaucoup plus bas», insiste Maximilian Tayenthal.

Par rapport aux Etats-Unis, le marché allemand de la fintech est encore modeste, mais il menace les plus grands instituts financiers. Selon une étude gouvernementale, le seul marché allemand pèsera 150 milliards de francs d’ici à 2035, contre 2 milliards aujourd’hui. Près de 90% des banques se disent prêtes à coopérer avec ces start-up pour anticiper le tournant. «La numérisation n’est plus une option mais une obligation», insiste Jens Spahn, le secrétaire d’Etat au Ministère fédéral des finances.

Si la Grande-Bretagne reste largement en tête du secteur, le Brexit pourrait également engen

drer un début d’exode de Londres vers Berlin. «Nous recevons actuellement beaucoup de candidatures venant de la City», assure Maximilian Tayenthal, avant d’ajouter: «Si nous avions choisi Londres comme base il y a trois ans, cela aurait été une catastrophe»…

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