La «fédération» de sous-traitants horlogers Acrotec vise une entrée en Bourse

Industrie de haute-précisionNé de la reprise de treize PME en vingt ans, le groupe de 700 personnes prévoit une cotation «dans deux ans au minimum»

Entreprise Acrotec à Develier (Jura)le président Francois Billig, le 3 juin 2016

Entreprise Acrotec à Develier (Jura)le président Francois Billig, le 3 juin 2016 Image: Danièle Ludwig

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Constitué de treize sociétés de pièces de précision fédérées depuis deux décennies, le groupe Acrotec veut amplifier ses rachats d'entreprises, afin d'accroître son activité de 50% et de préparer la cotation de ses actions sur la Bourse de Zurich. Cette ouverture du capital à de petits investisseurs devrait avoir lieu «d'ici deux ans au minimum», confirme son fondateur François Billig lors de son passage au salon EPHJ-EMPT-SMT, qui réunit cette semaine le monde de la sous-traitance horlogère à Genève.

Cet appel aux marchés financiers sera envisagé «lorsque notre activité annuelle aura passé le cap des 300 millions de francs», décrit le chef d'entreprise. Acrotec table cette année sur un chiffre d'affaires proche des 200 millions. Les investisseurs munichois de Castik Capital sont depuis deux ans propriétaires à 80% de la société, des parts qui avaient été rachetées auprès de la société d'investissement parisienne Quilvest.

«La Bourse, lorsque le cap des 300 millions de francs annuels sera passé»

«Le marché que je leur avais proposé en 2016 - financer notre expansion et entrer en Bourse - m'est apparu comme la seule option pour que ce groupe continue de se développer, tout en maintenant son siège dans le Jura quand j'aurais passé la main», explique celui qui fête ses soixante ans cette année. Ce dernier évoque une «obligation morale» envers ses employés, les anciens propriétaires des PME qu'il a rachetées - et dont beaucoup restent co-actionnaires - mais également envers les sociétés clientes qu'il fournit en pièces.

Rachat dans le médical

Après avoir réuni de petits sous-traitants durant plus de quinze ans, cette «fédération» de PME, qui emploie plus de 700 personnes au total, se tient prête à réaliser un rachat plus important. Afin de constituer une «plateforme» à partir de laquelle elle pourra se déployer dans les pièces destinées au secteur médical. Cette activité ne représente pour l'instant que 5% des ventes, plus de la moitié de l'activité restant dépendante de l'horlogerie. «On ne veut pas s'enfermer dans une monoculture horlogère, même nos clients nous encouragent à nous diversifier», explique le patron. Histoire de ne pas voir disparaître un fournisseur clef si d'aventure un choc comparable à celui de 2009 venait à se répéter.

«On ne veut pas s'enfermer dans une monoculture horlogère»

«Il est plus facile d'intégrer une grosse PME qu'une myriade de petites sociétés mais aux débuts d'Acrotec nous ne disposions pas d'un tel partenaire financier», se souvient le patron originaire d'Alsace. Une conquête qui pourrait passer par le Bade-Wurtemberg, François Billig lorgnant du côté de la région de Pforzheim. Le groupe ne dispose pourtant l'instant que d'une seule filiale hors de Suisse, une société savoyarde de décolletage - l'usinage de pièces métalliques - située dans la vallée de l'Arve.

Regroupement à Ecublens

Cette volonté de conquête du secteur médical est illustrée par le récent regroupement,au sein de Pierhor-Gasser à Ecublens, de deux fournisseurs de pierres synthétiques - un élément important des antichocs horlogers fournis par le groupe - rachetés l'an dernier en situation de grande difficulté.

Aujourd'hui la maîtrise de l'usinage laser des pierres de ce site d'une soixantaine de personnes a permis d’entrer en négociation pour un contrat avec un fabricant américain d'appareils médicaux, «une activité récurrente d'un million de francs par an», selon François Billig.

Agrandissement au Sentier…

Au Sentier, le groupe achèvera fin septembre l'expansion du site de KIF Parechoc - une société rachetée en 2006 - pour y installer trente-cinq nouvelles machines sur 1800 m2. «Difficile de s'étendre en zone naturelle protégée, on a finalement racheté une ancienne menuiserie», relate François Billig.

Cette expansion au bord du lac de Joux, l'un des berceaux de l'horlogerie, devrait être accompagnée de 10 à 20 recrutements au sein de ce qui est déjà l'une des plus grosses entités du groupe, avec 140 collaborateurs.

… et nouvelle usine à Meyrin

Le petit conglomérat jurassien vient également de mettre un pied dans le pôle horloger genevois en ouvrant une usine de traitement des surfaces métalliques par bains chimiques à Meyrin au début de l'année, faute d'avoir pu racheter une PME correspondant à ses attentes. «Nous avons investi plus de 2,5 millions sur le site - en machines mais également dans le traitement des rejets, crucial dans cette activité», explique François Billig.

L'atelier, qui compte une dizaine d'employés, dépend de Saulcy Traitement de Surface (STS), une société de galvanoplastie rachetée en 2014. L'idée est de pouvoir fournir des pièces métalliques plaquées aux fabricants de montres, ce qui permet de réduire les coûts et de raccourcir les délais.

Fermement ancré au Jura

Retour à Develier, non loin de Delémont, origine d'un groupe devenu en vingt ans l'un des plus importants fournisseurs indépendants de l'industrie horlogère. Acrotec y commence la construction de son nouveau siège social juste à côté de Vardeco, le premier atelier de décolletage racheté par cet ancien associé de KPMG en 1998.

«Nos soutiens n'auraient pas été contre une installation à Zoug»

Les effectifs de ce site, d'où sortent aujourd'hui deux milliards (!) de pièces en laiton par an - avant tout des connecteurs pour l'électronique - sont passés de 55 à 130 personnes en moins de dix ans. «Bien sûr, nos soutiens n'auraient pas été contre une installation dans un havre fiscal comme Zoug», souffle l'entrepreneur originaire d'Alsace. (TDG)

Créé: 13.06.2018, 17h26

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