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Réserve fédérale américaineLa Fed abaisse à nouveau ses taux

La Réserve fédérale américaine anticipe sur l'avenir face aux incertitudes commerciales et baisse d'un quart de point ses taux d'intérêt.

Réserve fédérale américaine.
Réserve fédérale américaine.

La Banque centrale américaine (Fed) a annoncé mercredi une modeste baisse des taux d'intérêt, la deuxième en deux mois, prenant à nouveau une assurance sur l'avenir face aux incertitudes pesant sur le commerce et l'économie mondiale.

Les taux d'intérêt au jour le jour sont fixés dans la fourchette de 1,75% à 2%, après une baisse d'un quart de point de pourcentage (0,25%). La Fed a dressé un portrait mitigé de l'économie américaine, citant toujours le dynamisme du marché de l'emploi et la croissance modérée qui se poursuit.

Si elle a souligné le «fort rythme» de progression des dépenses des consommateurs, elle prend acte de la baisse des investissements des entreprises. Jerome Powell, son président, a en outre relevé «deux sources d'incertitude: le ralentissement de la croissance à l'étranger et l'évolution de la politique commerciale».

La Fed n'est de plus «pas équipée» pour contrecarrer les conséquences de l'imposition des tarifs douaniers réciproques entre la Chine et les Etats-Unis, a-t-il ajouté devant la presse.

Critiques de Trump

Le président Donald Trump, qui milite pour des taux à zéro voire négatifs pour l'aider à faire baisser le dollar et relancer les exportations, a immédiatement critiqué la décision du patron de la Fed. «Jay (Jerome) Powell et la Réserve fédérale ont échoué une nouvelle fois», a-t-il tancé sur Twitter. «Aucun 'cran', aucun bon sens, aucune vision! Un communicant déplorable !», a-t-il ajouté.

La légère remontée de l'inflation observée en août n'a pour l'instant pas fait changer la Fed d'opinion sur la trajectoire des prix qui reste «sous les 2%». Mais celle-ci reste confiante sur la remontée vers cette cible, a ajouté Jerome Powell.

Divisions

Le Comité monétaire est apparu très divisé sur la décision, trois membres ayant voté contre, sept pour. C'est la plus forte opposition rencontrée par le président Jerome Powell depuis son arrivée à la tête de la Fed début 2018. Comme en juillet, deux membres se sont opposés jugeant inutile de stimuler plus l'économie. A l'inverse, un troisième souhaitait une baisse plus forte.

Mercredi, la Fed a également relevé légèrement sa prévision de croissance américaine à 2,2% cette année ( 0,1 point). Pour 2020, elle table sur 2% et une inflation à 1,9%.

S'agissant des décisions à venir, la moyenne des projections des membres de la Fed indique un statu quo pour la fin de l'année et 2020. Pour autant, elles ne présagent pas des décisions puisque les participants aux projections ne sont pas tous membres votants.

Peu enclin à s'engager sur l'avenir, Jerome Powell a répété que la voie de la politique n'était «pas tracée d'avance» et que la Fed serait plus que jamais «dépendante des données économiques».

Non aux taux négatifs

Interrogé sur le recours à des taux négatifs en cas de ralentissement, comme le font l'Europe et le Japon, il s'est montré peu enthousiaste. «Je ne pense pas que nous envisagerions d'utiliser des taux négatifs. Je ne pense pas que ceux-ci seront en tête de notre liste», a-t-il déclaré tout en soulignant que la Fed se préparait à «être agressive s'il s'avère que c'est nécessaire».

Au rang des facteurs qui se sont dégradés depuis la réunion de juillet, la Fed cite l'affaiblissement des investissements des entreprises et des exportations en raison des inquiétudes liées aux tensions commerciales.

A propos des marchés monétaires, sur lesquels la Fed est intervenue ces deux derniers jours pour pallier un manque de liquidités pour les banques et les entreprises, Jerome Powell a assuré que ces turbulences n'avaient «pas d'incidence sur l'économie ni sur la politique monétaire».

«Nous avons pris les mesures appropriées», a-t-il estimé, soulignant que des mesures similaires seraient prises en cas de «nouvel épisode de tensions». Le président de la Fed a injecté mardi et mercredi des dizaines de milliards de dollars sur les marchés monétaires pour faire face à cette panne de liquidités.

(AFP)

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