Les fabricants de respirateurs à la recherche d’un second souffle

Coronavirus«Il sera seulement possible de couvrir une partie des besoins», explique le spécialiste allemand Dräger.

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Stefan Dräger sait déjà qu’il ne pourra pas faire face à la demande. «Il sera seulement possible de couvrir une partie des besoins [en respirateurs artificiels]. Mais nous faisons tout notre possible, je vous le promets», insiste le patron de cette entreprise familiale de Lübeck qui fabrique des équipements hospitaliers.

Il précise qu’il n’y aura pas d’exclusivité pour l’Allemagne. «Toutes les commandes qui ont déjà été passées seront assurées. Nous avons fait partir mercredi dernier une livraison de 100 appareils vers l’Italie», explique Stefan Dräger.

Mais ce dernier ne devrait pas signer de nouveaux contrats avec des pays étrangers. Le gouvernement d’Angela Merkel vient de lui passer une commande de 10000 appareils d’ici à la fin de l’année. Le ministre de la Santé a commandé par ailleurs 6500 appareils à l’autre fabricant allemand, Löwenstein Medical. L’objectif est d’augmenter de 30% le nombre de lits en soins intensifs en Allemagne (28000 actuellement). Le carnet de commandes des fabricants allemands est donc plein!

Le fabricant suisse Hamilton Medical (filiale d’une entreprise américaine) estime que pour répondre à la demande actuelle, il serait nécessaire de produire en un mois le même nombre d’unités fabriquées en une année. Les respirateurs sont des appareils très complexes, ce qui rend une production de masse difficile. «Nous ne fabriquons pas des voitures», confie un technicien de chez Dräger.

Il faut assembler manuellement les composants électroniques, les câbles et les tuyaux. Par ailleurs, les appareils doivent être installés et testés sur place dans les hôpitaux par des médecins qui sont déjà très occupés par la crise sanitaire. Pour des questions d’approvisionnement, une accélération de la production est difficile, estime Dräger. Plus de la moitié des pièces détachées viennent de sous-traitants dans le monde. Dräger ne produit que le «cerveau», le logiciel pour faire marcher l’appareil.

On s’attend donc à une grave pénurie. Ce sera «très, très difficile» de satisfaire tout le monde, a confirmé Markus Stirner-Schilling, le directeur du fabricant suédois Getinge. Une situation qui va mettre le personnel hospitalier face à un cruel dilemme: sélectionner arbitrairement les personnes qui bénéficieront de ces appareils, comme c’est le cas en Italie. Un choix entre la vie et la mort. La pénurie devrait toucher notamment la majorité des hôpitaux américains sous-équipés. Pour faire face, Donald Trump a demandé aux constructeurs automobiles de se reconvertir dans l’équipement médical. Une solution à laquelle ne croit nullement Dräger: «La technologie des appareils respiratoires actuels (électronique, logiciel et pneumatique) est fondamentalement différente de celle des constructeurs automobiles», assure Michaela Wetter, la porte-parole de Dräger.

Le premier ministre anglais, Boris Johnson, a également fait appel aux industriels de l’automobile. «Cette solution peut s’adapter à la fabrication de masques de protection. Mais les respirateurs artificiels sont des appareils trop complexes», estime un expert de l’Université des sciences appliquées de Furtwangen, qui a souhaité rester anonyme.

Créé: 22.03.2020, 20h07

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