Evincé, le directeur de la Fondetec riposte

Financement des PMEUne semaine après sa mise pied, Jérôme Favoulet évoque des «procédés inquiétants» et la «négation du droit d’être entendu».

Jérôme Favoulet affirme être victime de «manœuvres» destinées à «avoir sa tête».

Jérôme Favoulet affirme être victime de «manœuvres» destinées à «avoir sa tête». Image: DR

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Quarante-huit heures après l'annonce de son éviction de la tête de la Fondetec, à la suite des conclusions d'un audit public réalisé au printemps, Jérôme Favoulet réplique et affirme être victime de «manœuvres» destinées à «avoir sa tête».

Lundi, la présidente de cette fondation soutenant les entreprises créatrices d’emplois de la ville, avait justifié cette mise à pied par les tensions régnant au sein de l'organisme. «Nous avons découvert tout un volet touchant à un climat de travail très compliqué», accusait alors Anne-Marie Gisler. Cette dernière s'empressait en revanche d'écarter tous soupçons de malversations – une précision importante, cet organisme s'étant vu allouer 25 millions de francs sur dix ans par la Ville afin d'octroyer des crédits aux PME de ses quartiers.

«Des responsables plus fragiles aurait pu, en pareilles circonstances, commettre l’irréparable»

L’audit conduit par le Contrôle financier de la Ville et les méthodes utilisées ont créé, au sein de la Fondetec, «un climat de défiance et de suspicion entre les collaborateurs, la direction et le conseil de fondation, ce qui a abouti à une ambiance hautement délétère», affirme aujourd'hui Jérôme Favoulet. Après avoir hésité à s'exprimer, ce dernier se dit «obligé de sortir de son devoir de réserve» afin de se défendre. Celui qui avait été nommé en 2007 à la tête d'un organisme déjà secoué par des conflits internes – qui avaient déjà conduit au départ de son prédécesseur – a le sentiment qu'il a été «broyé par la machine». Jérôme Favoulet et se dit convaincu que des responsables plus fragiles aurait pu, en pareilles circonstances, «voir leur intégrité psychique mise à mal, voire commettre l’irréparable».

Le responsable de la Fondetec évoque des «procédés inquiétants visant à obtenir des confidences» de son équipe de sept collaborateurs. Ces méthodes «ont isolé et mis une pression insoutenable sur la direction». Depuis le mois de juillet, la reprise de la conduite de l'organisme par son conseil de fondation aurait fini par lui ôter toute autonomie, achevant de le décrédibiliser. Affirmant n'avoir été entendu en juin que sur des «faits s'apparentant à des prétextes», il déplore que l'accès au reste de l'audit lui ait été refusé, «dans la négation totale du droit d’être entendu et des dispositions légales sur la protection des données».

Ce licenciement fait, à ses yeux, fait fi des résultats affichés depuis 2007: l'obtention de deux recapitalisations par le Conseil municipal genevois - dont la dernière de 25 millions, il y a un an. Selon les chiffres en sa possession, si le budget de la Fondetec a augmenté de 60% entre 2007 et 2017, «les salaires versés par les entreprises soutenues ont été multipliés par cinq» et «le retour fiscal estimé correspond en 2016 à 2,5 fois» le budget de cette institution. (TDG)

Créé: 07.12.2017, 17h29

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