Eugene, l’œuf qui affole la Toile, a fait fortune

InstagramLe pari de Chris Godfrey, un jeune londonien, a créé un buzz inédit, et fait sa fortune. Il en use pour dénoncer l’argent facile et aider les jeunes.

La vidéo postée dimanche lors du Super Bowl, dernier chapitre des «aventures» de l’œuf Eugene, a été vue plus de 13 millions de fois. Ce compte a battu tous les records d’Instagram avec 52 millions de like au total.

La vidéo postée dimanche lors du Super Bowl, dernier chapitre des «aventures» de l’œuf Eugene, a été vue plus de 13 millions de fois. Ce compte a battu tous les records d’Instagram avec 52 millions de like au total.

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Cet automne, Kylie Jenner, 20 ans, du clan Kardashian, faisait la une de «Forbes» pour avoir constitué une fortune de 900 millions de dollars en quelques mois. Un peu grâce à ses produits cosmétiques, beaucoup pour avoir joué de sa célébrité sur les réseaux sociaux. Au point de détrôner sa sœur Kim Kardashian, 350 millions de dollars «seulement»…

C’est à ce moment qu’entre en scène l’œuf qui affole la planète depuis quelques semaines. Chris Godfrey, un jeune publicitaire de 29 ans, établi à Londres, tente un pari avec deux amis: battre ces affolants records de clics et de likes en publiant le 4 janvier sur Instagram (https://www.instagram.com/world_record_egg/) l’image d’un simple œuf brun, «totalement neutre d’un point de vue politique, religieux ou sexuel», explique-t-il au «New York Times».

Cinquante-deux millions de like

Le gag marche si bien qu’en quelques jours il atteint plusieurs millions de clics. Au point que son créateur est dépassé par sa propre démonstration. Avec 52 millions de likes sur Instagram, l’œuf, baptisé Eugene, laisse loin derrière lui le record précédent, détenu par Kylie Jenner et son bébé (19 millions de vues). Une croissance entièrement organique, soutenue par aucun influenceur à la solde du petit groupe de publicitaires, jure Chris Godfrey.

Le phénomène intrigue les analystes les plus sérieux. Ce sont les (très) jeunes qui sont à la base de la popularité d’Eugene, conclut l’agence Goodbye Silverstein & Partners. Des pics d’interactions (mentions j’aime, commentaires, etc.) ont été régulièrement observés vers 15 ou 16 h, à l’heure où l’école se termine dans beaucoup de pays. Mais la vague emporte tout sur son passage et finit par submerger le Super Bowl lui-même, la finale de football américain, événement sportif le plus suivi aux États-Unis, qui s’est déroulé dimanche dernier. En misant sur des publications échelonnées, comme une petite BD, Chris Godfrey affole les réseaux sociaux. L’œuf, est d’abord apparu «nature», puis avec de légères craquelures, puis une couture de corde blanche évoquant un… ballon de foot américain.

Dix millions de dollars

Le message n’échappe pas aux plateformes de diffusion de vidéos, qui se livrent alors à une véritable surenchère pour obtenir le droit de diffuser en direct l’ultime «post» d’Eugène «The Egg». Hulu.com décroche le contrat et verse une somme conséquente à Chris Godfrey. Dix millions de dollars est l’estimation qui revient le plus souvent, mais le principal intéressé assure que c’est un peu en dessous. Tombé dans le piège qu’il souhaitait dénoncer, à savoir la possibilité d’être célèbre et de gagner énormément d’argent avec rien ou presque, le jeune homme a habilement exploité la notoriété d’Eugene. La vidéo diffusée juste après le Super Bowl voit l’œuf fracassé mettre en garde contre les pressions induites par les réseaux sociaux. Les gains sont intégralement reversés à l’association Mental Health America, et un lien, alimenté par la webosphère, liste les institutions et adresses d’une vingtaine de pays où les jeunes peuvent demander de l’aide. Dont Pro Juventute pour la Suisse.

Pro Juventute mentionné

«Nous ignorions être sur cette liste, mais cela prolonge à point la campagne «Pression et stress» que nous avons lancée en 2018», réagit Monique Ryf, responsable de Pro Juventute pour la Suisse romande. Le numéro 147 (24 h/24 h), qui sert de baromètre à la fondation, recense en effet des demandes croissantes liées aux pressions engendrées par les réseaux sociaux comme Instagram et Snapchat. «Cela peut générer un stress négatif et il est en effet important de rappeler qu’il existe des interlocuteurs pour en parler.»

Créé: 06.02.2019, 18h45

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