L’espace de travail réinventé à Vernier

Bureaux partagés Nomadspace, qui a coûté 1,8 million de francs, se veut un lieu de «coworking» inédit. Il vient d’ouvrir ses portes

Des canapés aux dossiers montants font partie du mobilier définissant le nouvel espace de travail Nomadspace à Vernier.

Des canapés aux dossiers montants font partie du mobilier définissant le nouvel espace de travail Nomadspace à Vernier. Image: Laurent Guiraud

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C’est dans un bâtiment en «V», à Vernier, juste au-dessus de la Migros ARCenter, que s’est installé en juillet un nouvel espace de travail innovant. À sa pointe se trouve une salle qui se présente comme une cafétéria 2.0 pour les professionnels, le cœur de ce Nomadspace de 2650 m2. Une salle principale au style épuré, lumineux et calme fait 600 m2. Il est possible de s’isoler en tirant des rideaux de couleurs chaudes ou en s’installant dans des canapés au dossier montant. On peut également collaborer autour d’un café, des tables sont là pour ça. Cet espace a un aspect ludique qui n’est pas sans rappeler le siège californien de Google.

«Fonctionnel, cosy, agile»

Pour Jacques Rouèche, son créateur, l’«esthétique est importante». Le stress semble absent de ces locaux qu’il qualifie de «fonctionnels, cosys, dynamiques et agiles». Nomadspace se veut un lieu pour travailler dans les meilleures conditions. Outre la grande salle se trouvent 26 bureaux — de 15 à 150 m2 — et 9 salles de conférences. Ces pièces simples, avec grandes fenêtres et portes vitrées blanchies et insonorisées, sont personnalisables à souhait. On peut par exemple y amener ses propres meubles et demander à changer la couleur des murs.

Son créateur — qui fait le parallèle avec le réseau social LinkedIn — voit l’endroit comme un lieu «où les travailleurs s’organisent comme ils le souhaitent». Le but? Inciter à la collaboration. A l’image d’un «Starbucks ou des espaces de coworking, lieux convoités par les travailleurs nomades», souligne Jacques Rouèche.

Des propos qui font écho à de récentes recherches sur l’importance des lieux de sociabilité pour l’innovation et le dynamisme entrepreneurial. Son concepteur a choisi une commune en périphérie genevoise «pour éviter le stress de l’hypercentre et la saturation des transports publics et du réseau routier».

D’autres lieux similaires ont récemment vu le jour — à Annemasse, Saint-Julien ou Chêne-Bougeries — pour ces mêmes raisons. On en dénombre aujourd’hui une dizaine dans la région genevoise.

Créer une marque

Le quarantenaire, diplômé de HEC Lausanne, qui a fait carrière dans plusieurs multinationales, a décidé de lancer ce projet qui a coûté 1,8 million de francs avec l’ambition de le répliquer. «Dès l’an prochain je souhaite m’étendre sur la Rive gauche et dans une autre grande ville suisse puis, à une cadence de deux à trois sites par an, l’objectif est de s’installer dans toute la Suisse et à l’étranger», confie Jacques Rouèche. L’entrepreneur entend faire de Nomadspace «une marque en ouvrant des franchises».

Retour à Vernier. Différentes formules de tarification sont prévues. Soit à l’heure — au prix unitaire de 9 francs après acquisition d’une carte de membre annuelle à 90 francs. Les forfaits commencent à 250 francs par mois pour un espace partagé et à 950 pour un espace privé et l’utilisation de salles de conférences. Selon son initiateur, Nomadspace convient aux entreprises qui «cherchent à revoir la gestion de leur espace de travail pour plus d’efficacité».

«Il faut réfléchir en termes de coût par poste de travail», souligne Jacques Rouèche. Avec plus de 16 000 francs, la Suisse a les postes de travail les plus coûteux au monde après la Norvège, selon une étude de Colliers International.

Créé: 23.08.2015, 21h18

Du «coliving» au «hotdesking»

L’expérience de Nomadspace à Vernier reflète les multiples tentatives en cours pour tenter de réinventer le lieu de travail, notamment dans le secteur tertiaire. Ce sera d’ailleurs l’un des sujets phares du 9e salon des Ressources humaines qui ouvre ses portes le 30 septembre à Palexpo.

«L’organisation du travail doit devenir plus flexible pour s’adapter à un monde qui change de plus en plus vite, par exemple sur les horaires et le lieu de travail», témoigne Giulia Zanzi, vice-curatrice du Global Shapers hub à Genève. Ce centre regroupe des jeunes volontaires de 20 à 30 ans remarqués par le World Economic Forum.

«Le temps et l’espace de travail sont voués à se déstructurer», renchérit le créateur de Nomadspace, Jacques Rouèche. Selon lui, les postes dédiés sont promis à diminuer, au profit du «hotdesking», un système où les employés utilisent un même bureau à des moments différents.

Le concept de «coliving» émerge aussi, notamment au sein de la société de Chêne-Bougeries Seedspace. Il désigne un hébergement – lit compris – sur son lieu de travail.

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