Tesla s’installe à Berlin et brise les ambitions suisses

AutomobileAprès des années d’attente, le CEO Elon Musk a finalement choisi d’ouvrir son usine européenne près de la capitale allemande.

À Shanghai, en quelques mois, l’usine est sortie de terre et a déjà démarré la production de véhicules à titre d’essai. D’ici à la fin de l’année, la cadence devrait s’accélérer puisque Elon Musk espère y fabriquer 1000 voitures par semaine.

À Shanghai, en quelques mois, l’usine est sortie de terre et a déjà démarré la production de véhicules à titre d’essai. D’ici à la fin de l’année, la cadence devrait s’accélérer puisque Elon Musk espère y fabriquer 1000 voitures par semaine. Image: AFP

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Mardi en fin de journée, Elon Musk a mis fin à un suspense de longue date. L’emblématique patron de la marque Tesla a dévoilé où il comptait construire sa première «gigafactory» européenne (la quatrième sur un plan mondial).

Si l’Allemagne semblait la destination la plus probable, l’entrepreneur américain avait un temps suggéré que son usine pourrait être située près de la France. La ville germanique de Prüm, à une centaine de kilomètres de la frontière, a longtemps fait œuvre de favorite puisque Tesla y a un pied depuis 2016 suite à son rachat du fabricant de robots ouvriers Grohmann Engineering.

Mais finalement, c’est Berlin qui rafle la mise et va profiter de l’essor de la marque américaine. «L’excellence de l’ingénierie allemande est l’une des raisons expliquant l’implantation de notre usine dans ce pays», a expliqué le milliardaire. En plus de fabriquer batteries, moteurs et véhicules, le site y accueillera aussi «un centre d’ingénierie et de design», a encore indiqué Musk. En tout, ces activités devraient contribuer à créer quelque 7000 postes.

Déception en Valais

L’Allemagne n’étant de loin pas le seul pays sur les rangs, l’annonce de mardi a fait de nombreux déçus à commencer par la France, pays qui faisait partie des concurrents les plus sérieux. À de multiples reprises, l’Hexagone s’était en effet positionné pour héberger l’usine européenne de la marque américaine.

En Suisse, plus spécifiquement en Valais, la déception est aussi palpable. À la fin de juillet 2019, l’association Avenir Industrie Valais proposait d’entamer des démarches pour attirer Tesla dans le canton. «Le manque d’ambition et de réactivité de nos structures étatiques a pesé dans le traitement de ce dossier. L’excellent potentiel économique d’une telle venue n’a pas été suffisamment considéré et rien n’a été mis en œuvre pour séduire la marque américaine», regrette son président, Éric Balet. Ce dernier n’en reste pas moins convaincu qu’en termes de coûts de production notamment, le Valais aurait été largement concurrentiel.

Choix stratégique judicieux

D’un point de vue stratégique, le choix fait par la marque américaine d’opérer directement dans le jardin de la puissante industrie automobile allemande n’est de loin pas anodin. «Tesla s’installe dans ce pays pour montrer que non seulement il ne craint pas les marques germaniques, mais qu’en plus il compte bien profiter de l’excellente qualité de la main-d’œuvre et jouir d’un «made in Germany» très important aux yeux des consommateurs européens», explique Maad Osta, ingénieur en énergies renouvelables chez AtonRâ Partners. À noter encore qu’au vu des tensions commerciales actuelles entre les continents, la présence physique du constructeur américain sur le Vieux-Continent devrait également en diminuer l’impact.

Bien que Tesla soit une véritable menace à court terme, les marques allemandes pourraient toutefois aussi finir par bénéficier de son arrivée sur leur territoire. Cité sur BFM TV, Ferdinand Dudenhoeffer, professeur au centre de recherche automobile de l’Université de Duisburg Essen, considère que cette arrivée les forcera à accélérer leur passage vers le tout électrique. «La concurrence a toujours permis de faire plus vite et mieux. Donc c’est aussi une bonne nouvelle pour Volkswagen, Daimler et BMW. La décision d’Elon Musk va accélérer l’électromobilité en Allemagne plus rapidement qu’avec 100 sommets organisés par la chancellerie», estime-t-il.

Usine de Shanghai prête

Prête à mettre un plus grand coup dans la fourmilière automobile allemande dans les deux années à venir (l’usine allemande de Tesla devrait être opérationnelle en 2021), Tesla est actuellement en train de bousculer le secteur automobile chinois.

Depuis la fin d’octobre, les choses se concrétisent pour sa «gigafactory» construite à Shanghai. En quelques mois, l’usine est sortie de terre et a déjà démarré la production de véhicules à titre d’essai. D’ici à la fin de l’année, la cadence devrait s’accélérer puisque Elon Musk espère y fabriquer 1000 voitures par semaine.

Les ambitions du milliardaire américain pourraient toutefois souffrir de l’effondrement du secteur automobile chinois, marché où la concurrence locale dans l’automobile électrique est déjà très forte. Même si Elon Musk semble avoir regagné la confiance des marchés – l’action tourne à nouveau autour des 350 dollars – l’entrepreneur américain n’est pas encore sorti de l’auberge. Dans les mois à venir, il va devoir encore doubler d’effort pour faire de Tesla la révolution automobile du XXIe siècle.

Créé: 13.11.2019, 19h38

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