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Les taxis manifestent contre Uber et l’Etat

Environ 150 chauffeurs se sont réunis devant les bureaux de Pierre Maudet pour dénoncer sa politique à leur égard.

Selon le collectif des taxis genevois, depuis l'arrivée d'Uber à Genève en septembre 2014, les chauffeurs de taxi ont vu leur chiffre d'affaires diminuer de moitié.
Selon le collectif des taxis genevois, depuis l'arrivée d'Uber à Genève en septembre 2014, les chauffeurs de taxi ont vu leur chiffre d'affaires diminuer de moitié.
Laurent Guiraud

Manifestation des taxis! Environ 150 chauffeurs ont défilé mardi de la Place Neuve à celle de la Taconnerie, où sont situés les bureaux du Département de la sécurité et de l’économie du ministre Pierre Maudet. «Maudet complice, Maudet complice», a scandé la foule. Le cortège, discipliné, s’est déplacé en dérangeant un minimum d’automobilistes.

La colère est pourtant bien présente. «Voilà deux ans et demi que l’Etat s’assoit sur la loi en laissant Uber, dont les activités à Genève ont pourtant été jugées illégales par le Tribunal fédéral, exercer ses activités dans le canton», a lancé Jacques Roulet, avocat des taxis, après la manifestation. «Avec la nouvelle loi, l’Etat annonce qu’il ne sévira pas à l’égard d’Uber pendant six mois. C’est trop.»

L'impact financier d'Uber pour les taxis

La Loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur (LTVTC) entre en vigueur le 1er juillet. Selon les taxis, l’Etat n’entend pas la faire appliquer aux chauffeurs utilisant l’application Uber dès le début.

«Les dispositions transitoires prévues par la loi vont s’appliquer à l’ensemble des acteurs concernés par la LTVTC, à savoir les chauffeurs et les entreprises», souligne pourtant Patrick Baud-Lavigne, bras droit de Pierre Maudet, contacté par téléphone.

La situation est grave, selon les taxis. Depuis septembre 2014, date de l’entrée d’Uber à Genève, les rentrées moyennes des chauffeurs de taxi ont chuté de moitié, selon Mohammed Gharbi, porte-parole du Collectif des taxis genevois. Plusieurs d’entre eux chercheraient des sources de revenus alternatives.

Procédures en justice

D’après les taxis, plus de mille chauffeurs Uber sont immatriculés en terres vaudoises, contre moins de 300 un an plus tôt. La loi interdirait pourtant tout transport de personnes au sein du canton si le véhicule n’est pas immatriculé sur le même territoire. Plusieurs procédures intentées par l’Etat et contre Uber sont d’ailleurs en cours. Une dizaine de chauffeurs utilisant l’application américaine ont été amendés parce que leur plaque était vaudoise. Tous ont fait recours. Selon la jurisprudence, qui se fait attendre, l’Etat continuera ou non à sanctionner.

Jacques Roulet dit être d’accord «avec 80% de la LTVTC». Il fait néanmoins recours à son encontre auprès de la Chambre constitutionnelle car, à ses yeux, des inégalités persistent au détriment des chauffeurs de taxis, en ce qui concerne la formation, les examens d’entrée dans la profession et une taxe. De son côté, Uber s’est dit «serein quant à la mise en œuvre de la LTVTC».

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