Swiss perd 30 millions par année à Cointrin

La filiale de la compagnie allemande Lufthansa ne s’y retrouve pas à Genève. Elle envisage donc de partir.

Image: Keystone

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La compagnie aérienne Swiss perdrait environ trente millions de francs chaque année à Cointrin, révélait hier Le Matin Dimanche. La filiale du transporteur allemand Lufthansa envisagerait du coup de cesser ses activités sur le tarmac genevois.

Pour rappel, le transporteur, relativement peu présent à Cointrin jusqu’en 2012, a décidé d’ouvrir une base opérationnelle à Genève cette année-là (et d’y stationner des avions) dans le but de s’attaquer au marché des vols court-courriers à bas coût, accaparé par son concurrent britannique EasyJet.

Swiss joue sa carte à fond: la filiale annonce alors recruter 90 pilotes et quelque 160 personnels de cabines dans ce cadre. Une importante campagne de publicités - vantant des vols en Europe à des tarifs particulièrement avantageux avait également été lancée en Suisse romande par la filiale de Lufthansa, une promotion qui a dans un premier temps engendré quelques résultats. En 2014, le nombre de passagers augmente de 11%, un taux largement supérieur à celui de nombreuses autres compagnies.

Les étapes suivantes sont plus compliquées. Swiss, qui perdait quarante millions de francs par année au bout du lac en 2012, réduit certes les pertes. Mais pas au-delà de trente millions. Et EasyJet continuer de caracoler en tête dans le canton (avec 43,2% des parts de marché à Cointrin l’an dernier, contre 39,7% en 2012). Pis que ça: la part des mouvements (atterrissages et décollages) de Swiss à Cointrin a diminué l’année dernière (passant de 15,2% en 2014 à 15,0%)

Largement insuffisant aux yeux de sa maison mère, qui espérait atteindre les chiffres noirs en 2017. Selon Le Matin Dimanche, si le tir ne devait pas être corrigé rapidement, le groupe Lufthansa envisage de ne pas poursuivre l’aventure à Genève et de remplacer Swiss par Eurowings. Cette autre filiale de Lufthansa est, elle, spécialisée dans les vols low-cost.

De nombreux observateurs estiment en effet que Swiss n’est pas encore suffisamment armé pour se démarquer sur ce marché particulièrement concurrentiel et si difficile. Ses employés, selon le syndicat SSP, ne bénéficient pas forcément de conditions de travail meilleures que la concurrence.

Swiss – souvent qualifié à tort de compagnie nationale parce qu’elle est issue des décombres de Swissair – reste le deuxième client aérien de Genève Aéroport. La filiale à croix blanche dessert une quarantaine de destinations depuis le canton, en Suisse et à l’international.

Créé: 28.08.2016, 18h36

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