Avec ou sans sursis, Huawei prépare l’après-Android

Le délai octroyé par Washington échoit ce lundi. Le géant chinois risque de devoir vivre sans Google.

Image: AFP

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Ce lundi pourrait être historique pour le géant chinois des smartphones, alors que le sursis octroyé nonante jours plus tôt par l’administration Trump arrive à son terme. À partir du 19 août, Huawei doit perdre son autorisation d’acheter des équipements et des composants auprès de ses fournisseurs américains.

Un virage de dernière minute de Washington – via un tweet intempestif de Donald Trump – n’est cependant pas à exclure. En fin de semaine, l’agence Reuters croyait savoir que l’administration américaine était prête à donner un nouveau répit de trois mois au groupe placé sur liste noire, en lui permettant de continuer de faire appel à des fournisseurs américains.

Huawei continue cependant de marcher sur un fil. Sans nouveau délai, ce sont en premier lieu ses relations commerciales avec Google qui risquent en effet de s’interrompre. Ce qui, à terme, pourrait mettre fin à l’ère de téléphone Huawei tournant grâce au système d’exploitation Android.

L’entreprise chinoise rassure

Consciente des inquiétudes croissantes des consommateurs sur l’avenir de leur smartphone, l’entreprise tente de rassurer sa clientèle suisse en communiquant que rien ne va changer passé le cap du 19 août.

«Tous les smartphones, tablettes et PC déjà vendus et ceux disponibles sur le marché continueront de recevoir les mises à jour de sécurité, les mises à jour Android et l’assistance Microsoft […] Quoi qu’il arrive, nous allons continuer à collaborer étroitement avec notre réseau de partenaires pour apporter les meilleures technologies à nos clients», explique l’entreprise.

Ce «quoi qu’il arrive» démontre toutefois que la situation est bien moins évidente que ce que le géant chinois laisse entendre. «Nous attendons le 19 août pour faire une déclaration concrète», élude une porte-parole.

Présentation de HarmonyOS

La récente présentation de son propre système d’exploitation, HarmonyOS, prouve toutefois à quel point le groupe est sous pression. Cela faisait en effet des mois que les marchés attendaient des informations. Le groupe indique vouloir réussir à commercialiser un premier modèle tournant sous HarmonyOS d’ici à la fin de l’année. Huawei parle d’investissements à hauteur du milliard de dollars pour développer des applications propres, dont 80% destinées à un public international.

Le défi reste énorme. Jusqu’ici, tous ceux qui ont tenté d’échapper au duopole Android (Google) ou iOS (Apple) – de gros poissons comme Microsoft ou BlackBerry – ont fini par échouer.

En Suisse, malgré l’incertitude qui entoure l’avenir de la marque chinoise et le fait que d’autres pays ont déjà renoncé à travailler avec elle, les trois principaux opérateurs téléphoniques confirment poursuivre la commercialisation d’appareils Huawei tout en admettant surveiller la situation de près.

«Aucune action concrète n’est nécessaire pour Swisscom et nos clients. Pour ce qui est de la date du 19 août et au-delà, nous ne sommes actuellement pas en mesure de répondre aux questions qui concernent les nouveaux appareils», répond Alicia Richon, porte-parole du premier opérateur suisse. Sa consœur chez Salt, Viola Lebel, admet que son groupe prendra «d’éventuelles mesures en temps voulu, si la situation venait à changer».

Créé: 18.08.2019, 20h34

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