Passer au contenu principal

La Suisse en ligne de mire de la fusion Dow-DuPont

Feu vert pour le rachat du groupe chimique installé à Genève. Le siège européen de Dow est basé, lui, à Zurich. Doublon?

L’inventeur du nylon dispose à Genève d’un centre de recherche sur les polymères employant 170 personnes.
L’inventeur du nylon dispose à Genève d’un centre de recherche sur les polymères employant 170 personnes.
AP

A Genève, cela ressemble à un syndrome Merck Serono, du nom de cette société de biotechnologie dont le siège avait été fermé par l’allemand Merck, quelques années après son rachat. Plus de 1200 salariés avaient été touchés en 2012, un précédent qui nourrit aujourd’hui toutes les suspicions dès qu’une fusion implique un grand employeur du canton.

Cette fois, il s’agit de DuPont de Nemours, qui a reçu lundi le feu vert des autorités européennes pour mêler ses activités à celle de son compatriote Dow Chemical. Problème, les deux géants américains de la chimie ont chacun installé leur siège européen en Suisse.

«Trop tôt pour négocier»

Annoncé en décembre 2015, ce rapprochement rebattra totalement les cartes au sein des deux groupes. Dans un premier temps, une partie des activités de DuPont dans les pesticides sera laissée au bord de la route. Ensuite, le nouveau Dow-DuPont sera scindé en trois entités indépendantes: l’une centrée sur les engrais et pesticides, l’autre sur les matériaux, la dernière sur la chimie. Parmi les cartes éparpillées figureront les bureaux de DuPont à Genève et ceux de Dow à Zurich.

«Nous sommes en plein dedans», lâche une employée de l’inventeur du nylon, avant de renvoyer au siège américain. Dans le Delaware, l’attaché de presse copie-colle à la chaîne un communiqué laconique, repris à l’identique par son homologue chez Dow, dans le Michigan. «Il est prématuré de nous exprimer sur toute décision concernant nos implantations et leur personnel», expliquent ces derniers. «Nous continuons de travailler de façon constructive avec les régulateurs», poursuivent les deux groupes, qui attendent encore le sacrement des Etats-Unis et de la Chine.

Au sein de l’administration genevoise, le calme domine. «Nous suivons le dossier très attentivement; il est trop tôt pour évoquer une conséquence du rapprochement», répond lundi le Département de l’économie et de la sécurité, dont le responsable, Pierre Maudet, aurait déjà rencontré plusieurs fois des responsables de DuPont. Il serait également «beaucoup trop tôt» pour sortir les arguments de négociation – comme les avantages fiscaux octroyés aux sociétés faisant de la recherche.

Cent emplois biffés

Outre son siège européen installé dès 1959, l’inventeur du nylon dispose à Genève d’un centre de recherche sur les polymères employant 170 personnes. Multinationale phare du canton il y a vingt ans, le groupe employait alors 800 collaborateurs au bout du lac – plus du double de Procter & Gamble, le fabricant de Pampers. Il y a un an, ses effectifs étaient de 494 personnes à Genève. Au siège du groupe, on articule désormais le chiffre d’un peu moins de 400 employés. Soit une centaine de moins en un an. Le plan interne d’économies décidé juste avant le rachat par Dow a donc déjà sévèrement touché Genève.

Selon nos informations, aucun autre licenciement collectif n’a récemment été annoncé au Canton. L’engrenage de la fusion ne se serait donc pas enclenché. Pas encore. Ce sont en effet 3 milliards de dollars par an – et non plus 700 millions, selon le plan «maison» de DuPont pour 2016 – que les deux multinationales trancheront à terme au niveau mondial.

Arrivé en Suisse en 1974, Dow y emploie de son côté plus de 700 personnes. A Horgen, son siège de la banlieue zurichoise, comme dans son usine de Buchs ou dans des labos schwytzois ou lucernois planchant sur des isolants pour frigos ou des colles pour automobiles.

«Paradoxalement, le fait que les trois parties du nouveau groupe soient appelées à vivre une vie distincte pourrait laisser un rôle entier au centre de recherche de Genève», imagine un ancien cadre de DuPont joint par téléphone. Et puis, Dow ne figurait-il pas parmi les «dix employeurs» primés en Suisse par le programme «Great place to work» en 2015? Pas sûr que cela suffise à rassurer les employés de DuPont redoutant de se voir invités à déménager à Zurich.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.