Une start-up vaudoise crée un robot pour régler le sort des algues

LémanA Bavois, Enerego a conçu un nouvel outil prometteur et apte à remplacer les vieilles faucardeuses qui élaguent les plantes herbacées du lac.

Muni d’une caméra, le robot aspirateur d’Energo est lié par l'intermédiaire d'un tuyau à une broyeuse téléguidable depuis la rive ou un bateau.

Muni d’une caméra, le robot aspirateur d’Energo est lié par l'intermédiaire d'un tuyau à une broyeuse téléguidable depuis la rive ou un bateau.

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Valoriser les algues encombrantes à moindre coût. Voici ce que propose la start-up de Bavois, Enerego, grâce à une machine inédite pourvue d’un robot sous-marin, d’un aspirateur et d’une presse. Cet instrument destiné à ôter puis à recycler les herbacées lacustres a de quoi titiller les autorités genevoises et vaudoises. Ces dernières, que la start-up entend séduire, n’ont en effet jamais trouvé la solution idéale au problème lancinant des algues du Léman.

La solution nord-vaudoise – en voie d’être brevetée – est plus souple que les techniques actuelles. Son robot aspirateur, muni d’une caméra, est lié par l'intermédiaire d'un tuyau à une broyeuse téléguidable depuis la rive ou un bateau. Le serrage par une vis sans fin élimine la quasi-totalité de l’eau des algues, ce qui les rend aussi peu volumineuses que légères. Les plantes sortent compressées et peuvent être réutilisées comme pellets (un combustible de chauffage), fertilisants, aliments pour bétail ou isolants. «Réexploiter ainsi les algues est plus écologique, selon André Corthay, directeur d’Enerego, mais surtout plus économique.» Leur revente devrait effectivement parvenir à amortir le coût de leur extraction.

Les solutions existantes

Dans le canton de Vaud, les plantes aquatiques fauchées sont jusqu’à présent acheminées, en camion, vers des déchetteries. Idem à Genève, même si un filet sous-marin a été installé en 2012 dans le lac pour les laisser se décomposer dans leur milieu naturel. En 2013 (les données plus récentes ne sont pas disponibles), la plupart des macrophytes – un terme générique désignant toute plante aquatique visible à l’œil nu – partaient encore à l’usine des Cheneviers pour être incinérées. Non essorées, les algues transportées par les camions sont lourdes et volumineuses, ce qui est d’autant moins efficace.

Les deux cantons recourent à des faucardeuses pour arracher ces plantes qui gênent bateaux et baigneurs. L’Etat de Genève possède deux de ces engins, alors que, côté vaudois, le traitement des algues est géré au niveau communal. Si les grandes administrations, comme celle de Lausanne, possèdent leur propre matériel, les plus petites les louent. Dans la région de Saint-Prex et de Morges, elles sollicitent par exemple les services de la société ERM.

Faucardeuses obsolètes

Ces moissonneuses-batteuses flottantes ne sont guère idéales: elles demandent un entretien important et ne sont utilisées que quelques mois par année, de la fin de juin au début de septembre, selon la température de l’eau et la présence des macrophytes. Deux mois durant lesquels il faut se battre pour en trouver une de disponible.

Leur exploitation est onéreuse et leur coût à l’achat peut grimper jusqu’à 1 million de francs. Enerego peut construire sa machine à moitié prix et ses services, moins gourmands en ressources, sont plus abordables. «A Genève, les deux faucardeuses commencent à être âgées. Nous réfléchissons donc à une transition, entre rachat ou nouvelle solution», explique Patrik Fouvy, directeur des espaces naturels au Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture. Au nord du Léman, les faucardeuses tendent également à vieillir ou sont en nombre trop restreint.

«Avec notre système, on peut enlever autant, voire plus d’algues qu’auparavant», assure André Corthay. La start-up, qui a notamment bénéficié d’un soutien de la promotion économique vaudoise, cherche encore des fonds pour finaliser son projet – le robot n’étant pas encore opérationnel.

La jeune pousse affirme néanmoins avoir des mandats pour le lac de Neuchâtel ainsi que des contacts en France, à Madagascar et au Brésil. Dans les contrées lointaines, on fait appel à elle notamment pour lutter contre la sargasse, une algue qui pue et qui fait fuir les touristes.

Créé: 10.01.2016, 19h17

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