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Scandale 1MDB: un expert genevois se défend

Le président de l’Observatoire du crime organisé, soupçonné de servir le pouvoir malaisien, clame son innocence

Nicolas Giannakopoulos, Président de l’Observatoire du crime organisé
Nicolas Giannakopoulos, Président de l’Observatoire du crime organisé
DR

L’histoire est digne d’un roman d’espionnage. Elle se déroule sur toile de fond d’un des plus grands scandales financiers de la décennie, l’affaire 1MDB, un cas de corruption qui a vu 3,5 milliards de dollars destinés à financer des projets de développement en Malaisie partir en fumée. Il implique la justice suisse – une partie des sommes volées a été retrouvée dans des banques helvétiques – des lobbies et de nombreux enquêteurs.

Un nouveau nom est apparu cette semaine dans ce cadre, celui de Nicolas Giannakopoulos. Le président de l’Observatoire du crime organisé (OCO), à Genève, est soupçonné par l’activiste britannique Clare Rewcastle Brown, d’être une taupe au service du pouvoir en place à Kuala Lumpur dans le cadre de cette affaire tentaculaire.

Dans un billet publié mardi sur le site de l’ONG SarawakReport l’activiste se demande pourquoi le chercheur genevois – qui est qualifié de «détective privé» – a financé en grande partie un séminaire, intitulé «Corruption et gouvernance en Malaisie», qui s’est déroulé dans le canton en octobre. Ce séminaire a réuni des membres de l’opposition malaisienne, des enquêteurs au fait du scandale 1MDB et d’autres personnes pour «échanger» en toute confidentialité leurs connaissances du dossier (plusieurs parlementaires ont été invités mais aucun n’est venu).

Il s’est tenu au sein de l’Observatoire universitaire de la sécurité (OUS) – un institut qui dépend de l’Université de Genève –dont Nicolas Giannakopoulos est le directeur adjoint. Clare Rewcastle Brown se demande d’où vient l’argent et insinue que le chercheur travaille pour le gouvernement malaisien et aurait tenté de lui fournir des détails sur l’enquête 1MDB. Le Temps a relayé ces interrogations avant de révéler jeudi que Nicolas Giannakopoulos avait été suspendu de ses fonctions à l’UNIGE.

Contacté, le chercheur se dit surpris. Il confirme avoir payé 16 200 francs de sa poche pour que le séminaire se déroule comme prévu mais réfute les «accusations délirantes» de Clare Rewcastle Brown. «Tout était prévu, le programme était publié, l’OCO avait mis 8000 euros, mais il manquait de l’argent pour que le séminaire puisse avoir lieu. Soit on l’annulait, soit je payais moi-même. J’ai choisi cette option», indique Nicolas Giannakopoulos. Lequel précise que ce n’est pas la première fois qu’il paie lui-même pour des événements du même ordre.

En 2001, il a déboursé 21 000 francs pour qu’un premier rapport sur les réseaux islamistes en Suisse puisse paraître. Il a aussi mis 9500 francs sur la table pour que la Caravane antimafia, une initiative pour lutter contre le crime organisé, puisse exister. «Je fais ça parce que j’estime que ça vaut le coup», indique Nicolas Giannakopoulos, qui affirme avoir financé en bonne partie de sa propre poche l’OCO.

Le chercheur dit supposer que les attaques Clare Rewcastle Brown, réputée proche de l’opposition malaisienne, puissent être liées au rapatriement de fonds confisqués dans le cadre de 1MDB. Il n’exclut pas non plus des motifs plus personnels et dit ne pas vouloir en rester là sur le plan juridique.

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