Le savoyard Baud prêt à fermer son site genevois

LicenciementTous les ouvriers sont licenciés. Le transfert de l’activité aux Verrières (NE) est envisagé

Lionel Baud, sur le site de Vougy (Haute-Savoie) où 15 millions vont être investis sur deux ans.

Lionel Baud, sur le site de Vougy (Haute-Savoie) où 15 millions vont être investis sur deux ans. Image: Lucien Fortunati

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L’une des plus grandes sociétés d’usinage de pièces métalliques de la vallée de l’Arve – le décolletage, spécialité locale au même titre que le reblochon – envisage de fermer son site de Meyrin. Tous les opérateurs travaillant encore dans l’atelier de Baud Genève Satigny SA, au nombre de six, ont reçu leur lettre de licenciement, a pu constater la Tribune de Genève.

Interrogée à ce sujet, la direction du groupe savoyard confirme être «bien en train de réfléchir au transfert des machines sur notre autre site helvétique, celui des Verrières, dans le canton de Neuchâtel». Selon Lionel Baud, directeur général de cette grosse PME de 420 employés, la décision sera prise «à la fin de novembre». Selon une source interne, il est pourtant prévu que le déménagement démarre dès la semaine prochaine.

Licenciement collectif

Mandaté par le personnel pour défendre ses intérêts, le syndicat Unia conteste la façon dont est organisé ce licenciement collectif. Il reproche notamment à la direction de n’avoir consulté ni les travailleurs ni les partenaires sociaux – et de ne pas les avoir réunis pour les informer de la finalité de ses plans avant de licencier.

Ce projet de fermeture du site genevois intervient alors que Baud Industries a dévoilé il y a huit jours un vaste programme de modernisation de son usine de Vougy, en Haute-Savoie – où près de 15 millions d’euros vont être investis ces deux prochaines années. Interrogé à cette occasion sur l’état de ses filiales helvétiques, Lionel Baud avait simplement indiqué qu’elles n’étaient pas affectées par l’appréciation du franc. La raison? «Leurs donneurs d’ordres sont Suisses, venant en particulier de l’horlogerie», précisait celui qui préside également l’association faîtière du décolletage français, le SNDEC.

Promesses déçues

Baud Industries avait pris pied à Meyrin en 2011 en rachetant l’ancienne Freri Industries, entreprise alors sous le giron des financiers genevois de Quest Partners. Elle comptait une vingtaine d’employés et Lionel Baud disait alors vouloir «renforcer l’équipe et investir dans de nouvelles machines numériques». L’année suivante, il esquissait même dans la presse des effectifs totaux en Suisse de 250 collaborateurs à l’horizon 2015. Ils sont aujourd’hui une vingtaine aux Verrières. Et il n’y en aura bientôt plus à Genève.

«Lorsque nous avons repris ce site, son principal client était [le fabricant de machines-outils] Agie Charmilles; or ce dernier a transféré ses activités et nous avons arrêté de travailler avec lui», explique Lionel Baud, joint jeudi par courriel. Depuis, l’atelier meyrinois usinait notamment des pièces – boîtiers, carrures, fonds – pour des maisons horlogères. Pour ces dernières «l’important est de fabriquer en Suisse, quelle que soit la ville, c’est la raison pour laquelle nous réfléchissons à regrouper nos activités sur le site des Verrières», explique le patron de Baud Industries.

Sur le site de Meyrin, l’amertume règne. «On nous a parlé de reclassement mais, sérieusement, je ne me vois pas retourner dans la vallée de l’Arve pour travailler à 1600 euros par mois», lâche froidement un ouvrier dont l’activité devrait déménager dans le Jura neuchâtelois.

Créé: 30.10.2015, 21h00

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