Un pôle de cybersécurité discret mais entreprenant

Région lémaniqueDe plus en plus d’entreprises, entre Genève et Yverdon, se spécialisent dans les fintechs et la sécurité des applis web et mobiles.

De nombreuses jeunes entreprises romandes se spécialisent aujourd’hui dans la sécurisation des achats ou des paiements en ligne par smartphones.

De nombreuses jeunes entreprises romandes se spécialisent aujourd’hui dans la sécurisation des achats ou des paiements en ligne par smartphones. Image: Keystone/Keystone

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Les mots hacking, phishing ou malware font désormais partie du langage des utilisateurs des réseaux, qui se sont multipliés, qu’il s’agisse des réseaux mobile, internet, wi-fi ou bluetooth. Cette prolifération a naturellement créé un besoin grandissant de professionnels qualifiés dans la protection des données et la sécurité, dit cybersécurité. Dans le bassin lémanique, cette activité économique est encore relativement discrète mais nombre d’entreprises sont en train d’émerger dans ce domaine. On peut percevoir un pôle naissant plus spécialisé dans les technologies financières à Genève, où se trouvent la majorité de la clientèle bancaire, et un pôle de cybersécurité pour les services (applications) ludiques ou commerciales du côté d’Yverdon, de son école HEIG-VD et de son parc technologique, Y-Parc.

Ce dernier accueillait la semaine dernière près de 150 spécialistes de dans le cadre de la CyberSec Conférence, une manifestation d’ailleurs née à Genève en 2010 sous le nom de Geneva Application Security Forum. Outre des formations pointues délivrées par des experts, la manifestation a mis en lumière l’immense champ d’investigation qui s’ouvre dans les questions de sécurité, à l’heure où les achats via internet et les smartphones explosent: du simple paiement d’un billet de bus ou d’une prestation de jeu, jusqu’au transfert d’un montant entre deux instituts bancaires.

Ecole unique

«Nous sommes actuellement la seule école en Suisse à dispenser un bachelor en sécurité dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) et à former des ingénieurs spécialisés, relève Sylvain Pasini, professeur de la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion (HEIG-VD) à Yverdon coorganisateur de la CyberSec Conférence. Dans le cadre de mandats, nous pouvons aussi mettre des compétences à dispositions et répondre à des besoins spécifiques des entreprises». Les premiers étudiants sont sortis il y a deux ans, certains pour créer leur propre start-up (spin-off) sur la base de leurs recherches sur des produits ou pour rejoindre des sociétés spécialisées.

NetGuardians, éditeur de logiciels de maîtrise des risques opérationnels dans l’industrie bancaire, en est un exemple frappant. Née en 2007, elle était la première société issue de l’incubateur d’innovation de la HEIG-VD. Elle est aujourd’hui une des entreprise phare d’YParc dans ce secteur.

«Le parc technologique tient à la proximité de la formation et aux compétences dans ces métiers», relève le directeur d’Y-Parc, Sandy Wetzel. C’est ainsi qu’un entrepreneur français, actif dans les technologies financières (fintech) s’est installé dans le nord-vaudois, afin de dénicher des ingénieurs de pointe. Sa société CashSentinel permet d’effectuer un paiement instantané d’un montant entre 5000 et 100000 francs par SMS ou appli mobile. Pour l’heure, la solution est utilisée pour le site AutoScout24 dans le commerce de véhicules d’occasion.

Les start-up qui naissent du côté de l’EPFL sont probablement plus ciblée dans les domaines de la cryptographie et l’accélération des algorythme, spécialités de l’école. Outre le business de Kudelski, qui se rattache à ce pôle de cybersécurité, une autre activité monte en puissance dans le bassin lémanique: la gestion des méga banques de données et du cloud.

Accélérateur de fintechs

Genève compte de son côté faire grandir son pôle des technologies financières et bancaires. Née de l’association de la société de logiciels bancaires Temenos et Polytech Ventures, basée à l’EPFL, un premier incubateur fintech, visant à soutenir les start-ups actives dans les solutions bancaires, vient de voir le jour sous le nom de Fusion. Il répond à la forte croissance de la demande dans ce type de services alors que les jeunes entreprises du secteur accélèrent leur développement. A l’exemple de Wisekey, société genevoise spécialisée dans la sécurité digitale et le stockage des données: active dans les logiciels de cryptage informatique, elle a investi plus de 80 millions de francs dont trois dans un centre de données à Genève.

Ce business touche désormais un environnement qui s’élargit chaque jour à M. tout le monde. Ainsi Wisekey a annoncé ce printemps un partenariat avec Bulgari afin de limiter les risques de cyber-attaques contre sa nouvelle montre intelligente, qui reste mécanique, dénommée Diagono E Magnesium. Elle est équipée de la puce NFC permettant le transfert de données à courte distance. Wisekey fournit une solution cryptographique pour «verrouiller» les données personnelles du possesseur du précieux garde-temps.

Créé: 08.11.2015, 21h52

Des sociétés phares sont nées à Y-Parc

Fondée en 2007 à Y-Parc, NetGuardians compte désormais plus d’une vingtaine d’employés, essentiellement des ingénieurs de développement et de service client. Il y a une année, elle a levé 5 millions de francs pour étendre la commercialisation de sa solution, vendue à des instituts financiers locaux, comme la banque Piguet Galland, mais aussi désormais dans des pays émergents. En septembre, NetGuardians annonçait un contrat avec la Banque commerciale d’Ethiopie pour un service de gestion des risques opérationnels et de surveillance des fraudes bancaires.

NetGuardians définit sa technologie en indiquant qu’elle est «basée sur des méthodes d’analyse comportementale intelligente». Elle permet ainsi «d’identifier les activités anormales, de lutter efficacement contre les fuites d’informations et de prévenir le risque de fraude interne».

Il y a cinq ans, deux ingénieurs de la HEIG-VD lançaient Sysmosoft, société active dans la sécurité des télécommunications mobiles, qui compte déjà plus d’une douzaine d’employés. Elle a développé un système qui isole l’environnement professionnel sur un terminal mobile privé.

Une autre start-up est en voie de naître à Y-Parc: strong.codes qui développe un système protégeant la propriété intellectuelle des développeurs d’applications logicielles contre le piratage et l’espionnage industriels.
J-M.C.

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