Passer au contenu principal

De plus en plus contesté, Mark Zuckerberg doit-il démissionner?

Facebook confirme qu’il a partagé ses données avec des groupes chinois. Son PDG fait peut-être face au scandale de trop

Mark Zuckerberg, l’incontournable patron de Facebook.
Mark Zuckerberg, l’incontournable patron de Facebook.
Reuters

Depuis le début de la semaine, le patron du plus puissant réseau social au monde est une nouvelle fois plongé dans la tourmente. Quelques semaines seulement après le scandale Cambridge Analytica – ce cabinet d’analyses qui a eu accès aux données de 50 millions d’utilisateurs – Mark Zuckerberg doit désormais faire face aux dernières révélations apparues dans le New York Times. Facebook a en effet confirmé qu’il partage depuis 2007 des données avec de nombreuses entreprises, dont quatre sont d’origine chinoise, à l’instar du géant Huawei.

L’inquiétude du Congrès

Le problème est que ce dernier, tout comme les trois autres sociétés concernées (Lenovo, OPPO et TCL), est actuellement sous surveillance des services américains car il est considéré comme une potentielle menace pour la sécurité nationale. Mardi soir, dans la foulée de ces nouvelles révélations, le Congrès appelait d’ailleurs le groupe américain à s’expliquer.

«Les informations selon lesquelles Facebook a fourni un accès privilégié à l’API (ndlr: application programming interface ou interface de programmation applicative) de Facebook aux fabricants d’appareils chinois comme Huawei et TCL soulèvent des inquiétudes légitimes. J’aimerais donc en savoir plus sur la manière dont Facebook s’est assuré que des informations concernant ses utilisateurs n’ont pas été envoyées aux serveurs chinois», demandait pour sa part Mark Warner, sénateur et vice-président de la Commission du renseignement à la Chambre haute.

Pour tenter d’arrondir les angles, le groupe américain s’est rapidement justifié. Il a ainsi expliqué que de tels accès visaient uniquement à rendre les appareils mobiles chinois compatibles techniquement avec son réseau social. «Des accords» soigneusement gérés, selon Facebook. «Compte tenu de l’intérêt de la part du Congrès, nous voulions préciser clairement que toutes les informations permettant de rendre Facebook compatible avec les téléphones Huawei étaient stockées dans l’appareil et non les serveurs de Huawei», a assuré à l’AFP Francisco Varela, chargé des partenariats mobiles chez Facebook. Ce dernier confirmait toutefois mardi que ces alliances seront dénoncées rapidement, voire cette semaine dans le cas de Huawei.

Partir ou rester?

Cette réactivité n’a pas empêché les marchés de se demander une nouvelle fois si Mark Zuckerberg était toujours la bonne personne pour diriger Facebook. Ou du moins s’il devait conserver la double casquette de CEO et président du conseil d’administration. Depuis plusieurs semaines, le tout-puissant patron fait face à un front commun d’investisseurs et d’actionnaires activistes appelant à son départ. Réélu la semaine dernière à son poste de PDG, il a notamment dû gérer de rares tensions lors de l’assemblée générale du groupe. L’idée d’une démission de Mark Zuckerberg ne fait toutefois de loin pas l’unanimité.

Selon Jérôme Schupp, analyste actions chez Prime Partners, «un retrait de sa part serait actuellement très mal perçu par les marchés». L’aura du patron de Facebook reste en effet trop forte, quasi indissociable de son entreprise, comme celles d’autres patrons emblématiques de la Silicon Valley (Steve Jobs et Apple, Jeff Bezos avec Amazon ou encore Elon Musk pour Tesla).

«Mark Zuckerberg doit toutefois prendre cette nouvelle affaire comme un sérieux avertissement, explique Jérôme Schupp, comme un signal de la nécessité de compléter son équipe de direction par de nouvelles compétences.» L’analyste estime surtout que le patron devra apprendre à mieux mettre ces dernières en avant pour parvenir à briser l’identification de Facebook à sa seule personne.

Ce serait une nécessité si l’empereur des réseaux sociaux envisageait de confier à d’autres les rênes de son empire. Cependant, ces dernières semaines, malgré les pressions à son encontre, Mark Zuckerberg n’a cessé de répéter que cette option n’était absolument pas d’actualité.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.