Une pile à hydrogène genevoise séduit la Chine

TechnologieAaqius, spécialisé dans les énergies vertes, s’est associé à Pékin avec un géant asiatique des stations-service.

Ces deux scooters roulent grâce à la canette Stor-H. Ils font partie d'une flotte de véhicules qui testent le système d'Aaqius en France.

Ces deux scooters roulent grâce à la canette Stor-H. Ils font partie d'une flotte de véhicules qui testent le système d'Aaqius en France. Image: DR

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Des canettes à hydrogène pour alimenter des moteurs électriques. Aussi faciles à transporter qu’une bouteille de Coca, elles fournissent une autonomie jusqu’à 200 km. Elles diminuent les coûts de transport de 20 à 30% par rapport à un véhicule similaire à essence ou à batterie électrique. Elles ont le souci de l’environnement: on peut les recharger dix ans durant, leur construction et leur utilisation n’émettent pas de gaz à effet de serre, leur recyclage ne pose aucun problème.

Leur inventeur, la genevoise Aaqius & Aaqius SA, en est convaincu: Stor-H, le nom de la canette, et l’énergie à hydrogène vont bouleverser les standards globaux de la mobilité. La société vient de convaincre Censtar, le leader chinois des stations-service (il en possède 130 000 en Chine). Le géant a signé mardi à Pékin un partenariat avec la PME de la rue de la Coulouvrenière dans le cadre du sommet de la route de la soie qui s’est tenu cette semaine dans la mégapole. Le montant du contrat n’a pas été indiqué.

Dix mille véhicules

En 2018, dix mille deux-roues et triporteurs de Nankin seront munis de récepteurs – des trous dans lesquels on insérera les cartouches Stor-H disponibles dans les stations-service de la cité. Cent mille canettes seront commercialisées pour cette phase pilote. Censtar envisage ensuite de répéter l’exercice dans les trente plus grandes villes de l’Empire du Milieu.

«Et là, on change d’échelle», relève Stéphane Aver, directeur d’Aaqius, joint au téléphone. «Stor-H, c’est le Nespresso de l’énergie, sauf qu’on recharge nos capsules; pour cela, il faut un écosystème, de la construction à la distribution», dit-il. Dans la province de Jiangsu (dont la capitale est Nankin), l’entreprise collabore avec plusieurs constructeurs, des piles à combustible aux contrôles électriques. Aaqius, qui s’est fait remarquer à la Conférence de Paris de 2015 sur le climat (COP21), étend ses tentacules. Plusieurs régions françaises procèdent à des tests, des essais seront menés sur des véhicules de manutention à l’aéroport de Dubaï. Stor-H Technologies SA, une filiale du groupe créée en mars à Genève, vient d’ouvrir un bureau au Maroc.

Sans soutien à Genève

A Genève par contre, rien. Ni l’Etat ni l’Office de promotion des industries (OPI) n’accompagnent la PME. Aucun représentant suisse non plus pour la signature de l’accord avec Censtar. Les autorités chinoises, et même l’ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, étaient de la partie. «Nous sommes Suisses, je suis Bernois, j’aurais aimé avoir du soutien suisse», indique Stéphane Aver.

Est-ce parce que l’hydrogène a mauvaise presse? «Il faut tordre le cou aux idées comme quoi l’hydrogène est cher, dangereux et réservé aux lanceurs de fusée», selon Stéphane Aver. Electrolyse, recours à des centrales vertes et stockage sans pression (le groupe détient 155 brevets en la matière) ne fourniraient que des avantages. «Contrairement aux batteries carburant au lithium et au cobalt, il n’y a aucun risque politique lié à la matière première, l’hydrogène est accessible.» C’est même l’élément le plus abondant dans l’univers.

Aaqius fait face à une concurrence grandissante, Toyota et Hyundai misent sur des technologies similaires. L’EPFL a lancé une station à hydrogène expérimentale à Martigny. Le groupe fribourgeois Swiss Hydrogen a fait couler beaucoup d’encre en équipant un bateau solaire à hydrogène.

Les partenariats pour grandir

Aaqius occupe une vingtaine d’employés, dont la moitié au centre-ville, et ses ventes n’excèdent pas les dix millions de francs. La PME compte sur les partenariats pour grandir. Ses dirigeants espèrent que leurs canettes seront un jour disponibles dans tous les commerces et s’inséreront dans n’importe quel moteur, des camions aux ustensiles de cuisine.

Le groupe réunit chercheurs, investisseurs et industriels, un cocktail qui doit assurer la maturité technologique des projets et les conditions du succès commercial, selon l’attaché presse d’Aaqius. «2017 doit être l’année des grands partenariats; 2018 celle de l’explosion», dit-il. L’accord de Pékin semble lui donner raison. (TDG)

Créé: 17.05.2017, 17h18

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