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Les petits producteurs de café sont fragilisés

En 2015 était instituée la Journée internationale du café, qui a lieu le 1er octobre. Son but est de mobiliser les acteurs du secteur face à la chute des prix payés aux producteurs.

À l'image de ce paysan colombien, 25 millions de petits producteurs sont frappés de plein fouet par la chute du prix du café.
À l'image de ce paysan colombien, 25 millions de petits producteurs sont frappés de plein fouet par la chute du prix du café.
AFP

Depuis deux ans, le prix de la livre de café vert est passé de 2 à 1 dollar à la Bourse de New York. Une chute qui prend à la gorge 25 millions de petits producteurs, soit globalement 100 millions de personnes, car à ce taux-là, les frais de production ne sont plus couverts. Or 80% du café est cultivé par des familles paysannes fortement exposées à la volatilité du cours du café.

Surproduction

La baisse actuelle est due à la concentration du marché ainsi qu’à des activités spéculatives menées par de grands acteurs tels que des hedge funds. Mais il faut surtout y voir la conséquence de la loi de l’offre et de la demande, pointe Simon Aebi, de Max Havelaar Suisse: «Le Brésil mais aussi le Vietnam, qui sont les deux plus gros producteurs de café, sont en surproduction, ce qui fait baisser le prix du café. Les grandes plantations, fortement mécanisées, s’en tirent, mais les petits producteurs ne peuvent plus s’aligner.»

Brésil et Vietnam en tête

Dans le détail, entre octobre 2018 et juillet 2019, le Brésil a expédié 31,83 millions de sacs de café vert, soit 38,4% de plus qu'à la même période de l'année précédente, ce qui représente environ 31,9% de toutes les expéditions de café vert. Les exportations de café vert du Vietnam ont, quant à elles, atteint 22 millions de sacs au cours des dix premiers mois de l'année caféière 2018-2019, ce qui représente 22% du total et en fait le deuxième exportateur mondial de café vert.

En juillet 2019, les exportations totales se sont élevées à 11,34 millions de sacs, soit 9,5% de plus qu'en juillet 2018, tandis que les expéditions des dix premiers mois de l'année caféière 2018-2019 ont atteint 109,41 millions de sacs, soit 10,2% de plus que l'année précédente, note l’Organisation internationale du café (OIC) dans son rapport du mois d’août dernier.

Revenus des marques en hausse

La fragilité de la filière contraste avec le regain d’intérêt du café auprès des consommateurs et l’explosion de sa valorisation au plan mondial. Cela induit une augmentation des revenus des industriels et des marques, alors que ceux des producteurs stagnent, voire diminuent. À titre d’exemple, les producteurs péruviens et éthiopiens ont touché en 2017 un revenu 20% plus faible que douze ans auparavant et restent très en dessous du seuil de pauvreté.

La livre équitable à 1,40 dollar minimum

En proposant un prix plancher de 1,40 dollar par livre de café, le commerce équitable permet à un nombre croissant de familles de maintenir la tête hors de l’eau. «Près de 800 000 familles se sont déjà réunies au sein de plus de 450 organisations Fairtrade afin d’assurer un revenu plus stable pour leurs familles», note la Fondation Max Havelaar (Suisse).

Combiner Fairtrade et bio

Le label Fairtrade génère des résultats plus positifs encore lorsqu’il est combiné avec une agriculture biologique, selon une étude du bureau d’analyse BASIC parue en 2018. Un producteur bio touche en effet une prime supplémentaire de 30 cents par livre de café vert dans le système Fairtrade. Il s’agit cependant d’augmenter les ventes, car les petites familles paysannes n’exportent en moyenne que 40% de leur production à ces conditions, le solde étant écoulé au prix du marché.

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