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L’oligarque « genevois » qui défie Poutine

Le milliardaire ukrainien Igor Kolomoisky règne sur un véritable empire. Au bénéfice d’un forfait fiscal négocié avec les autorités genevoises, il fait front face aux prorusses depuis son fief situé à la frontière de Donetsk.

Pendant qu’une guerre civile fait rage à l’est de l’Ukraine, un oligarque a décidé de résister depuis son fief de Dniepropetrovsk, région voisine de celle de Donetsk. Nommé le 3 mars gouverneur de cet « oblast » qui est l’un des poumons économiques du pays, Igor Kolomoisky, 51 ans, défie Poutine et les pro-russes. Au bénéfice d’un forfait fiscal depuis octobre 2010, ce milliardaire aux méthodes musclées qui est à la tête d’un véritable empire (banque, transport aérien, sidérurgie, médias, pétrole, agro-alimentaire etc…) se retranche parfois à Genève. Mais, continuellement escorté par des gardes du corps armés jusqu’aux dents, il consacre désormais l’essentiel de son temps à motiver ses troupes et à soutenir financièrement les actions de l’armée ukrainienne. Il se déplace sans cesse, entre Dniepropetrovsk et Kiev, dans des jets privés même s’il possède 75% du capital de la compagnie nationale ukrainienne. Il a défrayé la chronique en offrant une récompense de 1500 dollars pour une kalachnikov et 10'000 dollars pour la capture d’un agent russe. Aujourd’hui, il fait monter les enchères ! (lire son interview demain dans la Tribune de Genève, dans laquelle il révèle le montant de l’argent récolté en trois mois pour soutenir l’armée régulière).

Pourquoi réside-t-il à Genève ? « Notamment pour raisons familiales, raconte-t-il depuis son bureau de gouverneur. Cela remonte à 1999, après la naissance de notre fils. Nous étions en Crimée, mais le climat ne lui convenait pas. Un de mes amis m’a alors proposé de venir au bord du lac Léman. » Igor Kolomoisky s’est d’abord installé près de Thonon, en 2000. « Un an plus tard, j’ai persuadé ma sœur, qui habitait en Israël, de nous rejoindre à Genève. Ma fille avait alors 16 ans. Elle n’aimait plus vivre en Ukraine et était surtout fatiguée d’être sans cesse accompagnée de gardes du corps pour se déplacer ». La famille se plaît dans la région. Après avoir acheté la maison de Haute-Savoie, les Kolomoisky louent un appartement au Quai Wilson. L’oligarque devient résident genevois. « Je bénéficie d’un forfait fiscal depuis octobre 2010 », ajoute-t-il.

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