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Un jeune quadra américain reprend la tête de Novartis

Joe Jimenez cède son poste à Vasant Narasimhan après huit ans comme directeur général.

L’actuel chef de la pharma du groupe, Vasant Narasimhan, prendra la tête de Novartis.
L’actuel chef de la pharma du groupe, Vasant Narasimhan, prendra la tête de Novartis.
PATRICK STRAUB, Keystone

Une nouvelle ère s’annonce pour Novartis. Au terme d’un mandat de huit ans à la tête du géant bâlois de la pharma, Joseph Jimenez quitte ses fonctions à la fin du mois de janvier, a-t-il communiqué lundi par surprise. Pour succéder à l’Américain, le conseil d’administration a pioché dans la maison en nommant l’actuel chef de la pharma du groupe, Vasant Narasimhan, lui aussi citoyen des Etats-Unis. «Joe» cède sa place à «Vas» – leurs surnoms à l’interne – à la fin du mois de janvier. Un passage de témoin générationnel: le démissionnaire a 58 ans et son successeur 41 ans.

«D’un point de vue professionnel et privé, c’est le bon moment de transmettre les rênes de la société», a déclaré Joe Jimenez dans un communiqué. Il aspire à rentrer aux Etats-Unis avec sa famille après dix années en Suisse et se dit fier de son bilan. «J’ai toujours affirmé qu’un directeur général ne devait pas rester à son poste plus de huit ans, a-t-il complété lors d’une conférence téléphonique. On entre dans une entreprise, on regarde ce qu’on veut changer, on le change et puis c’est le moment de passer le relais.»

Resserrement des activités

Ancien nageur de compétition formé aux Etats-Unis dans le domaine des affaires, le Californien a d’abord fait carrière dans la grande distribution. Cadre haut placé au sein du géant alimentaire américain Heinz, il rejoint Novartis en 2007 comme chef de la division Consumer Health, qui regroupe alors les médicaments sans ordonnance, l’ophtalmologie et les produits pour animaux. En 2010, celui qui n’est pas un scientifique et qui a peu d’expérience dans les médicaments devient directeur général.

Sous sa houlette, Novartis amorce un virage stratégique. Si son prédécesseur Daniel Vasella était attaché à couvrir tous les secteurs du marché, Joe Jimenez réduit le portefeuille d’activités, focalisé désormais sur les secteurs plus profitables de la pharma, des génériques et de l’oncologie. Il consolide notamment ce dernier domaine par une acquisition qui redessine les contours de la multinationale: l’achat des médicaments contre le cancer du Britannique GlaxoSmithKline.

En Suisse romande, son règne est marqué par l’annonce de la fermeture du site de Prangins (VD), actif dans les médicaments sans ordonnance. La vive résistance régionale et politique lui fera faire marche arrière et sauvera 320 postes. Le groupe a depuis vendu l’affaire à GlaxoSmithKline.

Vas Narasimhan entend maintenir le cap stratégique de son prédécesseur, a dit le président du conseil d’administration, Jörg Reinhardt. «Nous prévoyons une transition en douceur.»

Retour d’un médecin

La nomination de l’Américain marque le retour d’un scientifique à la tête de Novartis. Formé comme médecin à Harvard, il a aussi été consultant chez McKinsey. Il est actuellement directeur mondial du développement des médicaments et médecin-chef d’une entreprise qu’il a rejoint en 2005 et dont il est membre du comité de direction. Marié et père de deux enfants, il vit à Bâle.

«Vas Narasimhan est bien apprécié du marché, les investisseurs aiment son style de management. Il y a bien des voix qui critiquent son jeune âge, mais à mon avis ce n’est pas un handicap», commente Lorenzo Biasio, analyste chez Credit Suisse. Lequel souligne que le nouveau patron peut se targuer du succès notable de plusieurs médicaments, notamment Entresto, contre l’insuffisance cardiaque.

Dans sa nouvelle fonction, Vas Narasimhan veut privilégier l’innovation. Au Blick, il a aussi déclaré qu’il était confiant sur le futur du groupe à Bâle, tant que les conditions-cadres restaient bonnes. Comme défis, il aura notamment la tâche de stimuler des résultats financiers plombés par sa division ophtalmologique Alcon. Novartis réfléchit à se dessaisir de cette dernière, acquise pour 52 milliards de dollars. A voir si Joe Jimenez tranchera avant son départ ou s’il laissera ce soin à son successeur.

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