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IBM mise sur le cloud pour retrouver sa place au soleil

Le géant de l’informatique s’est emparé, lundi, de l’éditeur Red Hat pour la somme colossale de 34 milliards de francs.

La puissante entreprise informatique a racheté l'éditeur de logiciels open source Red Hat, connu du grand public grâce à son système d'exploitation libre Linux.
La puissante entreprise informatique a racheté l'éditeur de logiciels open source Red Hat, connu du grand public grâce à son système d'exploitation libre Linux.
DR IBM

Au cours de la dernière décennie, alors que les acronymes FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Google), NATU (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) ou GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) n’ont cessé de gagner en popularité, aucun n’a jamais impliqué de «I». Car IBM, malgré ses 79 milliards de revenus et 5,8 milliards de bénéfices en 2017, peine à vendre du rêve.

L’année dernière, le groupe perdait même les faveurs de son plus fidèle (et important) soutien: celles du milliardaire américain Warren Buffett. Actionnaire historique, «l’oracle d’Omaha» cédait au printemps 2017 un tiers de ses titres. «IBM est certes une grande et puissante entreprise, mais elle fait aussi face à de grands et puissants concurrents», avait-il alors expliqué pour justifier son désinvestissement.

Cette disparition des radars s’explique en grande partie par le recentrage des activités de l’entreprise américaine entamé depuis le début du XXIe siècle. IBM, dont l’histoire remonte à près de cent ans, s’est en effet lancé dans une mue complète avec l’objectif principal de renoncer à la majeure partie de ses activités classiques basées sur le hardware (vente de matériel) pour se tourner vers les services (software). Et dans cette quête de nouveaux relais de croissance, une activité a pris l’ascendant sur les autres: le cloud (stockage de données à distance).

Lundi, en annonçant le rachat de l’éditeur de logiciels open source Red Hat, IBM a confirmé sa stratégie. Il est d’ailleurs prêt à y mettre tous les moyens nécessaires, puisqu’il prévoit de débourser 34 milliards de francs pour s’offrir Red Hat. Selon CNBC, il s’agit là de la troisième plus importante acquisition dans le secteur technologique américain.

Si le nom Red Hat est peu connu du grand public, Linux, son système d’exploitation libre lancé en 1994, apparaît déjà plus populaire. Depuis quelques années, ce groupe, qui emploie 12 000 personnes, a surtout réussi sa propre mue dans le cloud.

À en croire Ginni Rometty, la patronne d’IBM, cette reprise «va changer la donne pour son entreprise», étant donné qu’elle permettra d’offrir à ses clients des «solutions de cloud hybride». En clair, le géant américain pourra permettre aux entreprises intéressées de gérer le stockage et le transfert des données de logiciels libre d’accès vers des centres spécialisés. Or, si cette activité reste limitée au sein des sociétés, elle est en pleine croissance.

En se frayant une voie sur ce marché au fort potentiel, la patronne d’IBM espère balayer les critiques qui estimaient que la transition du géant informatique vers le cloud était beaucoup trop lente. «Cette réorganisation prend trop de temps dans un environnement où vous faites face à Amazon, à Alphabet (Google) ou en encore à Microsoft», s’inquiétait Jim Cramer, l’analyste vedette de CNBC, en juillet 2017.

Sans remettre en cause la stratégie adoptée par IBM, le prix déboursé pour Red Hat a toutefois fait réagir négativement certains analystes. Proposer 34 milliards pour une société dont les revenus n’ont pas dépassé les 3 milliards est en effet apparu très cher payé. Du coup, Standard & Poor’s a, dans la foulée de l’annonce, abaissé d’un cran la note d’IBM à A. «En combien d’années cette somme sera-t-elle rentabilisée? Voilà la grande question inscrite au milieu des nuages», réagissait Philippe Béchade sur le site spécialisé La Bourse au Quotidien.

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