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Helvetia Environnement et SRS forment le numéro un des déchets en Suisse

Le rachat de SRS par le genevois Helvetia Environnement réunit 500 emplois dans un groupe de 140 millions de recettes annuelles.

Des employés des deux sociétés entourent Pascal Laperrousaz (à g.) et Bertrand Guyard.
Des employés des deux sociétés entourent Pascal Laperrousaz (à g.) et Bertrand Guyard.
Laurent Guiraud

Gisement, valorisation, optimisation du flux. Attention, les éboueurs changent de vocabulaire. Les poubelles sont devenues des matières premières et les entreprises chargées de leur gestion adoptent une stratégie digne des compagnies minières. Helvetia Environnement vient ainsi de rendre public jeudi matin le rachat de son homologue Swiss Recycling Services (SRS). Signé le 8 décembre dernier, le rapprochement donne naissance au numéro un suisse de la gestion des déchets. Réunies, ces deux PME de taille similaire forment un groupe d’un demi-millier de collaborateurs exploitant une flotte de 350 camions et qui pèse 140 millions de chiffre d’affaires annuel.

«Le mouvement de concentration du secteur a eu lieu partout en Europe – partout, sauf en Suisse», relève Vincent Chapel, président et coactionnaire de Helvetia Environnement. «Longtemps atomisée entre des petites sociétés actives dans chaque commune, la collecte des déchets se heurte à la transformation d’un métier qui s’est considérablement industrialisé et qui se focalise sur la revalorisation», décrit le responsable de la société romande.

UBS et Reichmuth appuient

Ce rachat de SRS – une ancienne filiale du géant français Veolia – est réglé «cash» pour un montant non dévoilé. L’opération est financée majoritairement grâce aux fonds propres fournis par les actionnaires d’Helvetia Environnement ainsi que par des prêts apportés par Credit Suisse, BNP Paribas, la BCV et la BCGE.

Associés au capital de la société de collecte d’ordures fondée par la famille Chavaz depuis son arrivée à la barre en 2009, Vincent Chapel et son bras droit Jean-Pierre Tetaz ont attiré ces dix-huit derniers mois deux financiers au capital: UBS CEIS – un fonds d’investissement dédié aux infrastructures «vertes» en Suisse – ainsi qu’une entité similaire de la banque lucernoise Reichmuth.

Axe Genève-Bâle-Zurich

Ce rapprochement «ne menace pas l’emploi», assure Vincent Chapel. L’argument: les deux groupes sont complémentaires. Rassemblant 240 employés entre les cantons de Genève, Vaud et Fribourg, Helvetia Environnement figure notamment derrière Transvoirie, la plus importante flotte de camions-poubelles de Suisse romande. Le groupe est également propriétaire de Sogetri et de Leman Bio Energie. Rachetée en 2014, cette usine vaudoise – dans laquelle ont été investis 6,5 millions de francs – distille du biodiesel à partir des huiles usagées de la restauration. «Six de nos camions tournent au biodiesel. A terme, on veut atteindre une autonomie totale en carburant», promet le responsable de la société.

Basée à Fribourg, SRS est active dans les cantons de Bâle, Soleure, Zurich et du Tessin, ainsi qu’à Fribourg, sur la Riviera vaudoise et dans une partie du Valais. Fruit du regroupement de sept sociétés, SRS est historiquement orientée sur la collecte des déchets des grandes entreprises et des chaînes de supermarchés. La PME travaille pour 290 communes et 10 000 entreprises.

742 kg par habitant

Avec ce rapprochement, «les flux de déchets de SRS vont pouvoir aller dans nos centres de tri en fonction du lieu, ce qui n’arrivait pas auparavant vu que nous étions concurrents», décrit le patron du nouveau groupe. Son objectif reste de canaliser suffisamment de déchets sur des centres de recyclage modernes.

L’enjeu est d’importance: la Suisse est le deuxième plus gros producteur de déchets au monde, avec 742 kg par habitant par an, juste derrière les Scandinaves. A titre de comparaison, la Banque mondiale estime qu’en 2012 la production de déchets sur l’ensemble de la planète atteignait en moyenne l’équivalent de 430 kg par personne.

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