Le groupe Zara habille la planète, mais à quel prix?

EspagneInditex, propriétaire de la marque de textile, augmente ses bénéfices, mais n’améliore pas les conditions de travail de ses ouvriers

La marque espagnole exploite 6683 magasins, situés dans 88 pays, dont 25 en Suisse. En 2015, elle prévoit d’en ouvrir 420 de plus.

La marque espagnole exploite 6683 magasins, situés dans 88 pays, dont 25 en Suisse. En 2015, elle prévoit d’en ouvrir 420 de plus. Image: EPA

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A droite, des échantillons de tissus accrochés en guirlandes, à gauche des alignements de cintres, au fond, les tables où on étale les rouleaux d’étoffe pour y épingler les pièces de patronage. Il règne un silence studieux dans les vastes locaux aux murs blancs où œuvrent les quelque 250 stylistes de l’équipe de design de Zara.

C’est ici, à Arteixo, un village situé à la pointe de la Galice (côte ouest de l’Espagne), qu’opère Inditex, propriétaire de Zara et de sept autres enseignes de prêt-à-porter. Ce géant mondial du textile a rendu son fondateur Amancio Ortega richissime. Avec une fortune de 65 milliards de dollars (selon Forbes), il serait le quatrième homme le plus riche de la planète.

Le vaste Empire Inditex
Au total, 6683 magasins, situés dans 88 pays, dont 25 en Suisse. Selon les résultats de 2014 du groupe, présentés hier, il affiche des bénéfices de 2,5 milliards d’euros, en hausse de 5,2%, et une progression des ventes de 8%, à 18,11 milliards. Fort de cette dynamique, il prévoit d’ouvrir 420 magasins de plus en 2015 et d’étendre son réseau de commerce online.

La recette de ce succès? Le flair des stylistes et le renouvellement permanent des collections grâce à une logistique puissante, assure Pablo Isla, le PDG du groupe, qui s’enorgueillit de la mécanique bien huilée permettant de dessiner un vêtement, de le faire fabriquer et de le mettre en rayon, en trois semaines montre en main.

Mais un tel système repose, surtout, sur un réseau de quelque 3500 usines de confection à travers le monde. C’est là le vrai prix de la «fast fashion», selon les ONG qui dénoncent la façon dont les grandes entreprises du textile cassent les prix en dérivant leur production vers des pays où la main-d’œuvre est bon marché.

Une production éthique
Face au feu des critiques, Inditex a passé un accord en 2007 avec les syndicats s’engageant à exiger de ses fournisseurs la garantie du respect des droits sociaux des travailleurs et à mener des inspections régulières sur place. «Cet accord marque un sans précédent dans l’industrie textile», souligne Isidor Boix, l’un des dirigeants du syndicat espagnol Commissions ouvrières, qui a mesuré les changements lors de ses fréquentes visites dans les usines concernées. Selon le collectif Ethique sur l’étiquette, Inditex fait partie des rares compagnies du secteur à être «sur le bon chemin».

«Mais le problème est que pour faire face aux délais très courts, les fournisseurs ont l’habitude de sous-traiter à des ateliers qui, eux, échappent à tout contrôle», affirme Eva Kreisler, responsable en Espagne de la campagne Clean Clothes, qui réclame à Inditex de s’engager pour imposer un «salaire vital». Le groupe a fait un pas en ce sens en septembre. Il s’est allié avec d’autres marques du secteur, au Cambodge, pour payer plus cher la production dans le pays, à condition que cette hausse soit répercutée sur le salaire des ouvriers. (TDG)

Créé: 18.03.2015, 21h38

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