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Transport aérienAir France prévoit d'assurer 48% de ses vols vendredi

Pressés par le gouvernement, direction d'Air France et syndicats négociaient jeudi pour tenter de trouver une porte de sortie à la grève, la plus longue jamais organisée par les pilotes de la compagnie.

Dans les aéroports, la moitié des avions Air France restent cloués au sol.
Dans les aéroports, la moitié des avions Air France restent cloués au sol.
AFP

Mercredi soir, la direction a annoncé l'abandon du projet de low cost Transavia Europe, à l'origine de la grève, tout en entamant des négociations avec les syndicats de pilotes représentatifs (SNPL et Spaf).

48% des vols assurés

Air France prévoit d'assurer vendredi 48% de ses vols. Le chiffre est identique au trafic prévu jeudi, selon les chiffres actualisés qu'Air France a communiqués à la mi-journée. Vendredi, le taux de pilotes grévistes est estimé à 58% par la direction. D'après elle, ils étaient 62% ce jeudi.

Les négociations, qui ont duré jusqu'à 4h ce jeudi 25 septembre, devaient reprendre en début d'après-midi, selon le SNPL, premier syndicat de pilotes (71%), qui a fait une «contre-proposition» après l'annonce de retrait de Transavia Europe.

Cette contre-proposition est «actuellement étudiée par la direction», a indiqué Guillaume Schmid, porte-parole du SNPL. «Dans l'attente, le mouvement se poursuit pour le moment», a-t-il ajouté, sans se prononcer sur le fond des négociations.

«Chaque partie est dans une volonté d'aboutir au plus vite», a reconnu M. Schmid.

Du côté du gouvernement, les appels à cesser le mouvement continuent. Jeudi, c'était au tour du porte-parole du gouvernment Stéphane Le Foll: «Les pilotes ont une responsabilité: il faut que cette grève s'arrête». L'Etat détient près de 16% du capital de la compagnie aérienne.

Moitié des avions cloués au sol

D'ores et déjà, il s'agit du plus long conflit de pilotes d'Air France, le précédent record, de 10 jours, ayant eu lieu en 1998.

Dans les aéroports, la moitié des avions Air France restent cloués au sol.

«La situation est inchangée» par rapport à la veille dans les aéroports parisiens, selon une source aéroportuaire contactée jeudi matin. Environ «40% des vols» Air France devraient être annulés dans la journée à Roissy, a-t-elle précisé.

A Toulouse, 75% des vols ont été annulés dans la matinée, comme à Marseille. A Lyon, 30% ont été annulés et à Strasbourg 15%.

Au niveau national, près de la moitié des vols (47%) devraient être assurés par la compagnie, qui chiffre le coût de la grève entre 15 et 20 millions d'euros par jour.

Le taux de pilotes grévistes est estimé à 62% pour jeudi, contre 52% mercredi.

Les syndicats à l'origine de la grève voient dans Transavia Europe un cheval de Troie pour une «délocalisation» rampante des emplois français.

«Dumping social»

Lundi, le PDG du groupe Air France-KLM, Alexandre de Juniac, avait proposé une suspension du projet.

Hasard de calendrier, un Comité central d'entreprise d'Air France programmé de longue dat, doit se concentrer jeudi sur «Perform 2020», axé entre autres sur le développement du low-cost. La direction doit y présenter les détails de ce plan, annoncé cet été.

Le groupe aérien franco-néerlandais AF-KLM, numéro 2 européen dernière l'allemand Lufthansa, entend se positionner sur le marché des vols à bas coût et capter les «opportunités de croissance» qu'il pourrait lui offrir. Dans son viseur : Ryanair et easyJet, les poids-lourds du low cost en Europe.

Les inquiétudes des syndicats se cristallisent autour du développement d'une compagnie pan-européenne à bas coût qui imposerait à ses pilotes des contrats de statut local, soulevant un risque de «dumping social» et de «délocalisation» des emplois français, selon eux.

En août, la direction avait pourtant assuré à ses salariés que la réorganisation à venir du réseau court et moyen-courrier d'Air France n'entraînerait «aucun transfert» de personnel, de contrats de travail ou d'appareils. Des promesses qui n'ont visiblement pas convaincu les pilotes.

Mercredi, le premier ministre, Manuel Valls, avait réclamé un règlement rapide du mouvement social chez Air France, appelant les deux camps à éviter la «surenchère».

La compagnie recommande à ses clients ayant réservé un vol d'ici au 30 septembre de reporter leur voyage ou de changer leur billet sans frais. Le SNPL a étendu son préavis de grève jusqu'à cette date.

(AFP)

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