Depuis Genève, ObsEva lutte contre l’infertilité

PharmaDéjà cotée au Nasdaq depuis 2017, cette société d’une quarantaine de salariés entrera à la Bourse suisse le 13 juillet.

Gynécologue obstétricien d’origine belge, Ernest Loumaye est à la tête d’ObsEva, une société biopharmaceutique qu’il a cofondée à la fin de l’année 2012 et qui fera son entrée à la Bourse suisse vendredi prochain.

Gynécologue obstétricien d’origine belge, Ernest Loumaye est à la tête d’ObsEva, une société biopharmaceutique qu’il a cofondée à la fin de l’année 2012 et qui fera son entrée à la Bourse suisse vendredi prochain. Image: DR

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La procréation médicalement assistée est une thématique en vogue à une époque où l’infertilité concerne une part toujours plus importante de la population. Dans les pays dits développés, plus aucune étude ne remet aujourd’hui en cause le fait qu’elle est une pratique de plus en plus courue, à l’exemple de la fécondation in vitro (FIV). En conséquence, le nombre des naissances gémellaires explose depuis le début du XXIe siècle.

«Pour augmenter les chances de grossesse, la pratique a longtemps été d’implanter deux, voire même plusieurs embryons et d’aboutir ainsi à de telles naissances multiples», rappelle Ernest Loumaye. Gynécologue obstétricien d’origine belge, ce dernier est à la tête d’ObsEva, une société biopharmaceutique qu’il a cofondée à la fin de l’année 2012 et qui fera son entrée à la Bourse suisse vendredi prochain (en complément à sa cotation au Nasdaq, depuis janvier 2017).

Opter pour un seul embryon

Cette entreprise employant une quarantaine de salariés (35 à Genève et 5 à Boston) a la particularité de ne pas faire de recherche fondamentale et de développer cliniquement des molécules mises au placard par les grands groupes pharma. Contre une part minoritaire en actions et le paiement de royalties par la suite, la société genevoise travaille ainsi au développement clinique de plusieurs traitements dont le Nolasiban, une molécule issue des laboratoires de Serono.

Tout en améliorant le taux de grossesse suite à une FIV, ce médicament favoriserait surtout le transfert d’un seul embryon et donc limiterait le risque d’avoir des jumeaux. À première vue banale, cette possibilité est en réalité fondamentale. «Les grossesses gémellaires augmentent en effet fortement le risque d’avoir un enfant prématuré et donc le risque de mortalité, puisque les accouchements avant terme sont aujourd’hui la première cause de mortalité pour les enfants âgés de 1 à 5 ans», explique le patron d’ObsEva.

À noter que l’enjeu autour d’un tel traitement n’est pas uniquement de santé publique, mais se situe également sur un plan économique puisque les accouchements prématurés coûtent extrêmement cher. Et cela tant aux familles qu’aux assureurs. «En 2007, une étude en estimait déjà les surcoûts à 26 milliards de dollars, un chiffre certainement plus élevé aujourd’hui vu le nombre croissant de naissances gémellaires», estime Ernest Loumaye. L’essai clinique du Nolasiban étant entré en phase 3, l’entreprise espère pouvoir le commercialiser dès la fin de 2020 en Europe.

Deux autres molécules

Pesant actuellement quelque 650 millions de francs à la Bourse américaine, ObsEva ne compte pas se limiter au développement du seul Nolasiban. Bien au contraire, elle a pour stratégie de devenir un acteur de référence dans le «domaine de la santé reproductive des femmes et de leur grossesse». Elle s’est ainsi attaquée au développement de deux autres molécules toujours en lien à cette question de la fertilité et ayant été abandonnées par d’autres.

La première, baptisée OBE022 et aussi issue de la recherche de Serono, concerne les femmes ayant prématurément des contractions. «Ce médicament permettra aux patientes de les diminuer et donc de retarder au maximum l’accouchement», explique Ernest Loumaye. Les premiers résultats de l’essai clinique en cours, - en phase 2 depuis l’hiver dernier -, seront présentés d’ici à la fin de l’année.

Reste encore le Linzagolix, un nouveau médicament permettant de soigner l’endométriose ainsi que certains saignements menstruels abondants, liés à des fibromes utérins. Tirée cette fois des placards du groupe japonais Kissei, cette molécule possède un fort potentiel étant donné qu’en moyenne une femme sur dix souffre de cette maladie. Pour le médecin et entrepreneur belge, son développement est également symbolique puisqu’en 2007 il fondait Preglem, une première société spécialisée dans la lutte contre les fibromes. Un vrai succès, puisque, après avoir levé 75 millions, il revendait l’entreprise pour 445 millions de francs trois ans plus tard au groupe hongrois Gedeon Richter.

Bien capitalisée avec une trésorerie de 160 millions, dont une centaine levés lors de son IPO au Nasdaq, l’entreprise genevoise apparaît plutôt bien armée pour la suite. «Dans les deux ans à venir nous allons renforcer notre pôle commercial pour être prêts à commercialiser le Nolasiban», résume son patron en estimant qu’une fois cette étape franchie ObsEva n’aura plus à rougir face aux géants de la branche. (TDG)

Créé: 06.07.2018, 20h01

Premier bébé éprouvette

Le 25 juillet prochain, Louise Brown fêtera son 40e anniversaire. Depuis le premier jour de sa naissance, cette femme, originaire de Grande-Bretagne, fait l’objet d’un intérêt médiatique et scientifique particulier. La raison d’une telle attention: elle est le premier bébé éprouvette de l’histoire humaine. Depuis, comme l’a communiqué la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie lors d‘un congrès ayant eu lieu au début du mois de juillet, quelque 8 millions d’enfants ont vu le jour à l’aide des techniques de procréation médicalement assistée (PMA). O.W.

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