Des firmes suisses profiteront des promesses de Trump

FiscalitéLe 45e président des Etats-Unis préconise une baisse de la taxation des bénéfices des entreprises. Une approbation du législateur servirait les intérêts d’entreprises helvétiques.

Le président américain Donald Trump préconise une baisse de la taxation des bénéfices des sociétés de 35% à 20%. Des firmes suisses pourraient profiter de cette perspective.

Le président américain Donald Trump préconise une baisse de la taxation des bénéfices des sociétés de 35% à 20%. Des firmes suisses pourraient profiter de cette perspective. Image: Keystone

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La patrie d’Abraham Lincoln reste depuis des décennies l'un des Etats industrialisés taxant le plus lourdement les entreprises. L’an dernier, au cours de sa campagne, Donald Trump a promis de remédier à cette situation peu réjouissante. Afin de joindre le geste à la parole, le 45e président des Etats-Unis a annoncé un objectif concret sous la forme d’«une réforme fiscale révolutionnaire». A savoir une baisse de la taxation des bénéfices des sociétés: de 35%, actuellement, à 20%. Probablement dès juillet prochain. Des firmes suisses profiteront bien sûr de telles perspectives.

Torsten Sauter, directeur de la Recherche suisse au sein de la société financière parisienne Kepler Chevreux, mentionne diverses incertitudes continuant de prévaloir outre-Atlantique. Tout en indiquant huit sociétés suisses, particulièrement bien placées à ses yeux pour profiter de la réforme fiscale attendue: Autoneum Holding AG, Dormakaba Holding AG, Feintool International Holding AG, Chocoladefabriken Lindt & Sprüngli AG, OC Oerlikon Corporation AG, Sika AG, Sulzer AG et Zurich Insurance Group AG.

A propos de trois de ces sociétés, les experts de Kepler Chevreux ont évalué la portée de l’allégement des charges fiscales imposées aux entreprises. Il pourrait s’avérer particulièrement fort pour Zurich Insurance Group avec une hausse du bénéfice net par action supérieure à 10%. La hausse du bénéfice net par action du spécialiste zougois en matériaux de construction, Sika, atteindrait 2% l’an prochain et 3% en 2019. Et de 2% au cours des deux exercices pour l’action de Dormakaba, société zurichoise fabriquant des équipements sécurisés.

En dépit de sa prudence en termes de prévisions pour d’autres sociétés suisses, Kepler Chevreux ne doute pas de la qualité des perspectives que leur promet la réforme fiscale attendue aux Etats-Unis. En novembre 2016, soit quelques jours à peine après la confirmation de l’élection de Donald Trump, Kepler Chevreux présentait déjà le chocolatier Lindt & Sprüngli et Sulzer, grand nom de l’histoire de l’industrie suisse des machines, comme des bénéficiaires potentiels de la promesse du candidat new-yorkais.

Faiblesses de Logitech

Les futurs allégements fiscaux nécessitent cependant quelques précautions, visant à apparaître sous ses plus beaux atours aux yeux des agents du fisc de chaque Etat et de l’administration fédérale: avoir une exposition maximale aux réalités de l’économie états-unienne, avoir des affaires profitables chez l’Oncle Sam, reconnaître une balance commerciale négative ou neutre (autrement dit assurer des exportations des Etats-Unis supérieures aux importations induites dans ce pays), générer une haute plus-value sur les terres de Donald Trump et n’avouer que des importations limitées en provenance de Chine et du Mexique. «Donald Trump veut rendre sa grandeur à l’Amérique, pas à la Suisse», rappelle Torsten Sauter.

Tenant compte de ces éléments, les spécialistes de Kepler Chevreux insistent sur la situation plutôt inconfortable d’un des leaders mondiaux des périphériques informatiques, la firme vaudoise Logitech International SA, dont le centre opérationnel se trouve en Californie: «Le profil de Logitech semble en effet peu approprié pour profiter de la réforme fiscale prévue. Ses faiblesses sont liées à des importations en provenance de Chine et aux faibles impôts que la société paie aux Etats-Unis.»

Donald Trump tente la nuance

Il est vrai que, dans le registre de la taxation des entreprises, Donald Trump semble se diriger vers un succès. Celui-ci peut toutefois subir encore quelques amendements significatifs. En septembre, le président des Etats-Unis visait une baisse du taux d’imposition jusqu’à 15%. La majeure partie de ses camarades républicains eux-mêmes s’y sont toutefois opposés, avant d’arriver au compromis des 20%. Dans ce contexte, Donald Trump mène un combat plutôt nuancé. Il tend ainsi une perche relativement aimable à ses adversaires démocrates: «Historiquement les réformes fiscales n’ont pas été des questions partisanes. Il n’y a donc aucune raison qu’elles le soient aujourd’hui. Que les démocrates et les républicains du Congrès se rassemblent!»

Puis Donald Trump revient à un ton plus usuel pour lui, en rappelant la possibilité d’une croissance américaine supérieure à 3% avec une imposition des entreprises allégée: «C’est un changement révolutionnaire. Et les plus grands gagnants en seront les travailleurs de la classe moyenne, lorsque les emplois reviendront en masse dans notre pays.» (TDG)

Créé: 25.10.2017, 11h40

«Donald Trump veut rendre sa grandeur à l’Amérique, pas à la Suisse»



Torsten Sauter, directeur de la Recherche suisse au sein de la société financière parisienne Kepler Chevreux.

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