Une firme texane déménage son siège à Genève

PharmaNovartis se sépare d’Alcon, et ce spécialiste des soins oculaires emploiera jusqu’à 700 personnes en Suisse.

Alcon va se concentrer sur les dispositifs chirurgicaux et les soins oculaires, Novartis gardant l’intégralité des produits pharmaceutiques de sa future ex-filiale.

Alcon va se concentrer sur les dispositifs chirurgicaux et les soins oculaires, Novartis gardant l’intégralité des produits pharmaceutiques de sa future ex-filiale. Image: Keystone

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Nouvelle spectaculaire, annoncée par Novartis le 28 juin et confirmée mardi. Une nouvelle en plus réjouissante pour toute la Suisse. Lorsque le géant pharmaceutique bâlois aura lâché sa participation majoritaire dans le capital d’Alcon, la firme encore texane établira son siège mondial à Genève.

Ce déménagement au bout du Léman s’effectuera dès l’an prochain. La direction s’installera dans un nouveau complexe de bureaux, situé à proximité immédiate de l’aéroport. Le siège de la société pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique se trouve, il est vrai, déjà logé dans la Cité de Calvin depuis onze ans. "C'est le fruit d'efforts soutenus des services de promotion économique de l'époque, aujourd'hui regroupés au sein de la direction générale de l'innovation, du développement économique et des affaires extérieures", indique le conseiller d'Etat Pierre Maudet.

Alcon gardera aussi un deuxième domicile fiscal à Fribourg. L’entreprise y exerce, il est vrai aussi, d’importantes activités, comme dans les cantons de Zoug et de Schaffhouse. Au terme de ce processus, Alcon devrait employer jusqu’à 700 personnes en Suisse, où elle exerce des activités depuis plus de quarante ans.

Et le président du directoire de la future ex-division ophtalmologique de Novartis, David Endicott, se félicite de toutes ces perspectives: «Nous nous réjouissons en effet que Genève devienne le siège global de l’entreprise. Notre siège au bout du Léman permettra d’augmenter encore le rayonnement de l’entreprise. La Suisse est en outre réputée pour son climat économique porteur et sa politique favorisant les innovations.»

La séparation d’Alcon et de Novartis s’effectue en termes cordiaux. Celle-ci doit donner aux deux firmes la possibilité de «se concentrer pleinement sur leurs activités de croissance respectives». Un souci apparaissant comme une nécessité depuis un certain temps.

Confrontée à une panne de croissance et des résultats jugés décevants, la division ophtalmologique se trouvait en difficulté depuis longtemps déjà. Novartis avait lancé en 2016 un vaste plan de remaniement d’Alcon, remplaçant son directeur général Jeff George par Mike Ball, tout en rapatriant au sein de son propre portefeuille les médicaments ophtalmologiques de sa filiale.

Et, fidèle à cette logique, le poids lourd bâlois gardera l’an prochain l’intégralité des produits pharmaceutiques d’Alcon. Cette maison se concentrera, elle, sur les dispositifs chirurgicaux et les soins oculaires.

La conclusion du spin-off nécessite encore l’aval des autorités de surveillance, du conseil d’administration de Novartis et des actionnaires. Une consultation du personnel est en plus en cours. Si tout se passe comme prévu, la séparation devrait néanmoins être consommée d’ici à la fin juin 2019.

D’autant plus qu’Alcon a bouclé l’exercice écoulé avec des résultats mitigés: un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars pour un excédent d’exploitation, hors facteurs exceptionnels, de 857 millions. Soit une marge de quelque 14%. Les investissements consentis pour l’optimisation des performances de la division avaient néanmoins creusé le déficit opérationnel comptable à 190 millions de dollars, succédant à une perte de 132 millions déjà en 2016.

Rappelons que les produits d’Alcon sont utilisés par plus de 260 millions de patients dans le monde, par exemple pour le traitement du glaucome. Une telle part de marché avait dû encourager un certain Daniel Vasella, ex-CEO de Novartis, à prendre le contrôle d’Alcon. Nestlé avait fait le même choix de 1977 à 2002.

Dans les deux cas, la séparation se conclura par une IPO (entrée en Bourse). Et même une double cette fois-ci! À Zurich et à New York. Philippe Rodrik

(TDG)

Créé: 11.09.2018, 22h07

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