Ferring investit 30 millions à Saint-Prex

Pharma Le groupe en mains du Suédois Frederik Paulson veut renforcer son ancrage sur Vaud à l’aide d’un nouveau centre biotech.

Quelque deux millions de boîtes de médicaments sortent du site de Saint-Prex, selon le vice-président Manufacturing de Ferring Pharmaceuticals, Hervé Udriot.

Quelque deux millions de boîtes de médicaments sortent du site de Saint-Prex, selon le vice-président Manufacturing de Ferring Pharmaceuticals, Hervé Udriot. Image: VANESSA CARDOSO

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Derrière une vitre, un bras robotisé attrape, l’une après l’autre, des petites capsules en verre défilant par douzaines sur un tapis roulant. Placées dans des cases individuelles, ces dernières sont ensuite propulsées dans leur emballage. «Il s’agit de la dernière étape avant que ces traitements soient expédiés et commercialisés aux quatre coins du monde», explique le vice-président Manufacturing de Ferring Pharmaceuticals, Hervé Udriot. Chaque mois, quelque deux millions de boîtes de médicaments sortent des locaux du groupe installé depuis douze ans à Saint-Prex.

En plus d’accueillir ce centre de conditionnement – le plus important au monde pour Ferring –, la petite commune vaudoise héberge le siège mondial de l’entreprise appartenant au milliardaire suédois Frederik Paulsen (7,4 milliards de fortune selon Forbes). À cela s’ajoutent un centre de recherche et développement (R&D) ainsi qu’une usine produisant deux médicaments phares du groupe: le Pentasa (inflammation de l’estomac) et le Minirin (urologie).

Fort ancrage en Suisse

D’ici à 2020, un troisième traitement – contre l’infertilité cette fois – sera pris en charge à Saint-Prex: le Rekovelle. Mardi, Ferring présentait en effet son plan d’investissement de 30 millions de francs pour créer un nouveau centre de biotechnologie dédié non seulement à poursuivre le développement de ce médicament, mais aussi à se charger d’une partie de sa production en complément aux doses déjà fabriquées en Israël.

D’année en année, Ferring confirme son attachement à la Suisse et surtout à Saint-Prex. En deux ans, le nombre de salariés de l’entreprise est ainsi passé de 640 à 700 personnes dans le canton de Vaud. Et avec ce nouveau centre, il devrait dépasser le seuil des 750 employés courant 2019. «Nous sommes très satisfaits de notre présence dans le canton de Vaud et comptons bien y rester», confirme Michel Pettigrew, président du comité de direction du groupe.

D’ici à 2020, Ferring prévoit d’ailleurs toujours d’y employer quelque 1000 personnes. «Étant donné que nous venons d’acquérir un immeuble devant notre siège, nous avons de la place pour accueillir plus de monde», assure Michel Pettigrew, peu inquiet de la dégradation des conditions-cadres survenue au cours de ces dernières années. Que ce soit la problématique fiscale, monétaire avec le franc fort ou migratoire, «Ferring se serait peu à peu adapté à ces nouveaux paradigmes», estime son CEO. Quoi qu’il en soit, cette présence de plus en plus forte à Saint-Prex apparaît d’autant plus réjouissante que le potentiel de croissance pour le groupe se situe bien loin des frontières suisses.

Présente dans 56 pays, où elle emploie quelque 6500 salariés, la société confirme concentrer actuellement ses efforts stratégiques sur deux pays: les États-Unis et la Chine. Pour le premier – actuellement le principal marché du groupe –, les investissements ont d’ailleurs été particulièrement conséquents ces dernières années. Rien qu’en 2015 Ferring dépensait 130 millions de dollars pour reconstruire entièrement son usine basée au New Jersey.

Accueillant le siège américain et comprenant un centre de R&D, ce centre est d’ailleurs très similaire au site de Saint-Prex. «Regrouper la vente, la recherche et la production sous un même toit permet de simplifier les échanges entre ces différents départements et d’aboutir à la mise en place de synergies efficaces», explique le président du comité de direction.

Quant à la Chine, le pays représente le marché au plus grand potentiel de croissance pour l’entreprise qui terminait l’exercice 2017 avec 2,3 milliards de revenus. «D’ici à 2020, nous sommes convaincus que cette nation détrônera la France et le Japon et deviendra notre deuxième plus gros marché», prédit Michel Pettigrew. (TDG)

Créé: 13.02.2018, 19h19

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