L’Etat ordonne à Uber de cesser ses activités à Genève

TransportLe groupe américain fera recours contre cette décision. Il lance une pétition auprès des Genevois pour être soutenu.

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Les tensions s’exacerbent entre Genève et Uber. Dans une missive adressée à la société américaine en mars, et dont la Tribune de Genève a pris connaissance, le Service du commerce du canton (Scom) ordonne à la société, qui gère une application de mise en relation entre particuliers et chauffeurs professionnels, de stopper ses activités à Genève. Elle viole, selon lui, la loi cantonale sur les taxis.

Interrogé lundi, Uber réplique qu’il fera recours auprès du Tribunal administratif genevois contre cette décision. La société annonce par ailleurs le lancement d’une pétition pour soutenir sa cause. Le groupe invite chaque Genevois qui est pour «le progrès et la mobilité» à venir la signer.

Genève «cas unique»

Comme les compagnies de taxis, l’Etat a à plusieurs reprises clamé qu’il considérait les activités d’Uber comme illégales. Mais il ne lui avait jusqu’à présent pas intimé l’ordre d’interrompre ses services. La pression s’est récemment accrue, alors que les taxis, menés par la société Taxiphone Centrale SA, avaient fixé au Canton un ultimatum au 15 avril pour agir. Taxiphone représente 85% du marché à Genève — une position qu’Uber considère comme monopolistique — et juge les autorités trop laxistes vis-à-vis d’Uber.

«Je n’ai jamais vu un cas pareil en Europe. Notre service UberX (ndlr: qui ne fait appel qu’à des chauffeurs professionnels) — celui qu’on propose à Genève — n’a quasiment jamais été contesté dans le monde», indique Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur d’Uber pour l’Europe de l’Ouest joint ce lundi à Paris.

En revanche, un autre service appelé UberPop, lancé notamment à Lausanne en janvier et qui met en relation des passagers et des conducteurs — mais cette fois amateurs — est plus controversé. Si certains y voient un exemple d’économie de partage typique du XXIe siècle, d’autres y dénoncent un système de taxis sauvages et une entrave à la concurrence. Dans la capitale vaudoise, où les lois sont plus souples, UberPop ne crée pourtant pas autant de remous que le service professionnel UberX dans la Cité de Calvin.

«Que le Scom ait envoyé un ordre d’arrêt à Uber est une bonne chose mais c’est insuffisant», selon Me Guillaume Etier, un avocat de l’étude BRS, qui défend Taxiphone. «Il a d’autres outils à sa disposition; il pourrait investir les locaux d’Uber et fermer leurs ordinateurs. C’est cela qu’on exige de l’Etat avant le 15 avril», ajoute-t-il en faisant référence à l’ultimatum des taxis. Passé cette date, dit-il, des mesures judiciaires sont envisagées.

Pourtant Uber estime, contrairement à l’Etat et à ses concurrents, qu’il respecte la loi sur les taxis. Ces divergences ont été portées devant la Justice et, contre les taxis, Uber a gagné une première manche. En mars dernier, la Cour de justice de Genève a débouté les taxis de plusieurs plaintes pour concurrence déloyale déposées contre Uber. Les plaignants ont fait recours auprès du Tribunal fédéral. En décembre, huit chauffeurs privés travaillant avec Uber ont de leur côté porté plainte — souvent contre inconnus — pour insulte, menace voire déprédation de leur véhicule. Des chauffeurs de taxis auraient été les auteurs de ces méfaits. L’affaire est en cours.

Ilot de trafic et de cherté

En attendant, Genève a été sacrée ville helvétique la plus touchée par les embouteillages, la 13e en Europe et la 25e au monde par un l’indice TomTom 2014. Les taxis d’aéroport du canton sont par ailleurs les plus chers au monde, selon une étude de la société N° 1 Currency. Uber propose de remédier à Ces problèmes en offrant des services moins chers — ce que contestent ses concurrents. Selon plusieurs études américaines, les services de cette société tendraient à réduire le trafic en zone urbaine car ses tarifs et sa disponibilité importante poussent les détenteurs de voitures à y renoncer.

Fondée à San Francisco en 2009, Uber s’est lancé en Suisse en juin 2013, à Zurich, avant de s’étendre notamment à Genève en septembre dernier et à Lausanne. Les activités de la société se développent «à toute allure», selon la société qui ne publie cependant aucun chiffre. Certaines villes, comme New York, pourtant réputées pour ses «cabs» jaunes, recensent davantage de véhicules collaborant avec Uber que de taxis. (TDG)

Créé: 13.04.2015, 18h19

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