L’envol des salaires brise les stéréotypes sur l’Est

ConjonctureEn Roumanie et en Hongrie, les rémunérations ont explosé de 15% en un an. La faute au vieillissement et à l’émigration des travailleurs détachés.

En Roumanie, comme dans d'autres pays d'Europe de l'est, les rémunérations ont progressé de 15%.

En Roumanie, comme dans d'autres pays d'Europe de l'est, les rémunérations ont progressé de 15%. Image: Keystone

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L’Europe de l’Est casse son image d’atelier bon marché du Vieux-Continent. Une augmentation galopante des salaires se dessine en Europe de l’Est, où, en l’espace de douze mois, les rémunérations ont progressé de 15% en Roumanie et en Hongrie. En Bulgarie, le niveau moyen des salaires est également supérieur de 10% à celui affiché au cours du printemps 2016.

Cette amélioration des traitements confirme l’envolée spectaculaire de l’activité dans une Europe orientale profondément marquée par le marasme économique ayant suivi la crise financière mondiale de 2008.

Chômage au plancher

Dans la plupart des grands pays de la zone, les salaires ne cessent de s’améliorer depuis près de trois ans. Même dans les pays ayant moins souffert de la grande crise de 2008 – comme la Pologne, la Slovaquie ou la République Tchèque – l’augmentation salariale, plus modérée atteint un rythme annuel entre 5 et 7%.

Cette situation reflète le faible chômage dont bénéficient ces pays. Ainsi, en République Tchèque, la proportion de sans-emploi ne dépasse pas 4%, selon le décompte officiel, du jamais vu depuis 1998. A titre de comparaison, l’Allemagne, son grand voisin direct, affichait un taux de 5,7% fin mai.

La conquête de l’Ouest

«Avec une croissance économique parmi les plus élevée de l’Union européenne et des industries dynamiques, la demande de main-d’œuvre est en hausse», explique dans une récente note Anna Dorbec économiste spécialisée sur l’Europe centrale et l’ex-URSS au sein de la banque BNP Paribas. Le manque récurrent de personnel s'explique notamment par la démographie très négative dont souffrent ces pays de l’ex-bloc communiste ces vingt dernières années, en particulier la Pologne, la Bulgarie ou la Roumanie.

A ce vieillissement de la population s'ajoute un autre phénomène, éclairant la difficulté qu’ont ces pays à recruter. Le départ pour l’Europe de l’Ouest, pour quelques mois ou quelques années, de nombreux actifs ayant un statut de travailleur détaché – notamment dans des activités moins qualifiées – ne fait que «renforcer les tensions à court terme sur le marché de l’emploi à l’Est», alerte Anna Dorbec. Ce qui laisse penser que la progression des salaires à l’Est n’est pas près de ralentir.

(TDG)

Créé: 14.07.2017, 14h29

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