Emoi à Cointrin face au possible départ de Swiss

Aviation L’ex-compagnie nationale confirme que son propriétaire allemand étudie de faire partir ses vols low cost de Genève.

La compagnie Swiss ne représente déjà plus que 15% de l’activité de l’aéroport de Genève.

La compagnie Swiss ne représente déjà plus que 15% de l’activité de l’aéroport de Genève. Image: Laurent Guiraud

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L’image est dramatique. Mais seule la finance serait à l’origine de la décision. Les avions Swiss pourraient à terme disparaître de l’aéroport de Genève, remplacés par les appareils de la filiale à bas prix de Lufthansa, révélait hier

Le Matin Dimanche. Ce dernier se fait l’écho d’une réunion d’information des employés romands de Swiss, qui s’est tenue à la fin de juin, et au cours de laquelle ils ont appris qu’Eurowings «a été mandatée pour développer un scénario commercial pour Genève».

Le journal dominical croit savoir qu’un délai pour une décision a été fixé à l’été prochain, signifiant alors la possible disparition des appareils à la croix blanche du bout du Léman. «Une honte pour une compagnie qui porte les couleurs de la Suisse», menace déjà le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet dans le journal dominical.

«Rentabilité pas atteinte»

Mais qu’en dit exactement l’ex- compagnie nationale, rentrée dans le giron de son homologue allemande (aujourd’hui cotée en Bourse) il y a dix ans? «Swiss va évidemment rester à Genève», commence par rétorquer une porte-parole de la compagnie, interrogée dimanche. En clair, aujourd’hui, on reste. Mais dans deux ou trois ans? «Il est trop tôt pour dire à quoi ressemblera l’avenir», admet la représentante de Swiss. Selon cette dernière, «différents scénarios sont en cours d’évaluation» en ce qui concerne la place de Genève au sein du réseau du groupe Lufthansa et la présence de sa filiale low cost. «Aucune décision n’a encore été prise et ne le sera pas avant deux ou trois ans, au plus tôt», précise la porte-parole. Laquelle ajoute que, en fonction de la décision prise, «une nouvelle situation pourrait émerger».

Swiss confirme par ailleurs que la plate-forme genevoise (pour laquelle travaillent 240 personnes et où sont rattachés huit appareils) «n’a clairement pas atteint les objectifs qui lui ont été fixés en termes de rentabilité». Pour faire face aux problèmes financiers liés aux vols partant de Cointrin, le groupe favorise l’utilisation de petits biréacteurs Bombardier. Le réseau de villes desservies au départ du Léman va également être «allégé», ajoute la porte-parole de la compagnie.

Un aéroport sous le choc

Quel que soit son avancement, cette évaluation d’un remplacement de Swiss par une filiale low cost est clairement une mauvaise nouvelle pour un aéroport que les autorités locales rêvent de reconnecter au monde, afin de ne pas le limiter aux appareils EasyJet et aux jets d’affaires. Le Canton se bat ainsi pour réinstaurer une ligne directe vers Téhéran. Lors de la dernière rencontre de ses autorités avec la direction de Swiss au printemps, seuls des projets de croissance auraient été présentés. Pas un divorce.

«Prenant acte» de ces incertitudes soudaines, le porte-parole de Genève Aéroport évoque une «question tout autant politique». Et assure que Cointrin «se donnera les moyens de continuer d’assurer que toutes les villes desservies continueront de l’être», en cas de décision défavorable de Swiss.

Une promesse qui reflète à quel point les liens avec l’ancienne compagnie nationale sont déjà distendus. Celle qui n’est plus que la division alpine d’un groupe basé à Cologne ne représente que 15% de l’activité de l’aéroport de Genève. Depuis des années, à Cointrin, le transporteur «local» c’est EasyJet, avec plus de 42% de l’activité.

(TDG)

Créé: 21.08.2016, 21h06

Cointrin-Swiss: le «plan Calvin» a vécu

Les nostalgiques de Swissair se rappelleront que la compagnie nationale avait décidé, en 1996, de supprimer les vols intercontinentaux au départ de Genève. Et que, paradoxalement, sous le giron de Lufthansa, Swiss a affiché une stratégie offensive de reconquête d’un public romand ces dernières années. En tout cas officiellement.

Le mois de mai 2014 célèbre haut et fort ce redéploiement. C’était il y a deux ans. On parle alors d’un «projet Calvin» en interne. Genève devient le laboratoire d’une stratégie destinée à envoyer EasyJet dans les cordes. Entre 60 et 80 nouveaux pilotes sont promis
à la plate-forme genevoise.

Six mois plus tard, Lorenzo Stoll, directeur pour la Suisse romande, promet à son tour des long-courriers vers l’Asie. Il met une condition, passée inaperçue: que les liaisons régionales redeviennent rentables. On connaît la suite.

Pourtant, en mars 2016, de nouvelles dessertes (la Calabre) sont encore annoncées. Et davantage de vols estivaux vers Ajaccio, Calvi ou Biarritz sont programmés. Des espoirs de reconquête que la mer semble effacer
sur le sable en cette fin d’été. P.-A.SA.





















































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